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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 08:07

 UNE PETITE HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE

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Le XVIe siècle est un siècle d'une grande fécondité dans le domaine de la langue. Nous avons pu le voir avec notamment Rabelais (au chapitre 9) et Ronsard (au chapitre 10) ; tous deux font partie de ceux qui ont inventé le plus grand nombre de mots.

 

Montaigne* (1533-1592)

Michel Eyquem de Montaigne aime le mot juste et fuit « les longueries ». Il dit lui-même que « son esprit crochette et furette tout le magasin des mots et des figures pour se représenter. » Sa pensée (n'oublions pas qu'il était gascon), s'exprime dans les mots concrets de la langue populaire ; il use de digressions, saute d'une idée à l'autre à coups de récits, de poésie, de démonstrations, se laissant guider par sa sagesse, sa tolérance et son humanisme jamais dépourvu d'émotions.

 

« Que les paroles ne soient plus de vents mais de chair et d’os »

 

Montaigne, dans son œuvre majeure « les Essais », aborde, pêle-mêle, tous les sujets possibles, qu'ils soient importants ou futiles : de simples questions domestiques côtoient ses réflexions métaphysiques.

Il se nourrit des oeuvres de l'Antiquité, mais, dit-il : « Je feuillette les livres, je ne les étudie pas : ce qui m'en demeure, c'est chose que je ne reconnais plus être autrui. »

Il tente de répondre à la question : « Qu'est-ce que l'Homme ? » Pour ce faire, il doit répondre à celle-ci : « Qui suis-je, moi, Michel Eyquem de Montaigne ? »

Vous l'auriez vu, lisant et écrivant dans sa « librairie » où il avait fait peindre, sur les poutres, les sentences des Anciens**.

 

En conclusion au XVIe siècle :

Après avoir assisté à un foisonnement d'innovations linguistiques, où s'exprime une grande liberté, on va peu à peu mettre en place quelque rigueur en prônant une plus grande simplicité dans le style, ce qui donnera lieu bientôt à l'élaboration de la grammaire.

 

En 1827, dans « La Préface de Cromwell », Victor Hugo écrit :

« [...] La langue française n’est point fixée et ne se fixera point. Une langue ne se fixe pas.

L’esprit humain est toujours en marche, ou, si l’on veut, en mouvement, et les langues avec lui. Les choses sont ainsi. Quand le corps change, comment l’habit ne changerait-il pas ? Le français du dix-neuvième siècle ne peut pas plus être le français du dix-huitième, que celui-ci n’est le français du dix-septième, que le français du dix-septième n’est celui du seizième. La langue de Montaigne n’est plus celle de Rabelais, la langue de Pascal n’est plus celle de Montaigne, la langue de Montesquieu n’est plus celle de Pascal. Chacune de ces quatre langues, prise en soi, est admirable, parce qu’elle est originale. Toute époque a ses idées propres, il faut qu’elle ait aussi les mots propres à ses idées.

Les langues sont comme la mer, elles oscillent sans cesse. À certains temps, elles quittent un rivage du monde de la pensée et envahissent un autre. Tout ce que leur flot déserte ainsi sèche et s’efface du sol. C’est de cette même façon que des idées s’éteignent, que des mots s’en vont.

Il en est des idiomes humains comme de tout. Chaque siècle y apporte et en emporte quelque chose. Qu’y faire ? Cela est fatal. C’est donc en vain que l’on voudrait pétrifier la mobile physionomie de notre idiome sous une forme donnée. C’est en vain que nos Josué littéraires crient à la langue de s’arrêter ; les langues ni le soleil ne s’arrêtent plus. Le jour où elles se fixent, c’est qu’elles meurent [...] »

 

NOTES

*Montaigne devrait se prononcer Montagne, puisqu'on ne prononce pas le i en langue d'oc.

**Retrouver cinquante-sept des sentences des Anciens, peintes sur les travées de sa librairie. (traduites du grec ou du latin), dans les notes des Délires n° 105

Délires sur une réponse qui se fait attendre + Les sentences chères à Montaigne

 

Publications en 1861 et 1894, et en appendice dans La Pléiade, Gallimard 1963.

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commentaires

Christiane Capron-Mika 03/10/2011 23:11



Bonsoir Huguette


Félicitations,ce blog est varié,original et attractif.Merci de partager ton savoir-vivre,ton savoir-faire.Ton petit-fils est adorable;il ne peut qu'avoir l'intelligence de sa grand-mère
et de Maud;chez vs la vivacité d'esprit est atavique.Ce fut un réel plaisir de te rencontrer.Moins habile que toi,j'ai fait un blog à Robert;lelien s'effectue via facebook ou google:"sculpture
sur bois capron-chaussoy".mes amitiés à Jacques,je vous embrasse.



mamiehiou.over-blog.com 05/10/2011 18:17



Bonjour Christiane,


Ton mot m'a fait plaisir, tu peux l'imaginer, et je t'en remercie. Peut-être te viendra-t-il l'envie d'avoir ton propre blog. mais je te mets en garde : quand on s'adonne à une telle
activité, et si tant est qu'on se passionne pour elle, on est vite phagocyté.


Bien à toi, mamiehiou.



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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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