Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 03:41

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

 

Quelque autre que moi eût été bouleversé par un discours aussi, disons... aussi impressionnant. Je ne cillai point, au grand dam de la maîtresse des lieux qui feignait d'ignorer le détachement que j'affectais. J'aurais bien fait ma sucrée en lui rétorquant que j'étais sensible aux efforts qu'elle déployait pour m'en imposer, mais je ne voulus lui donner aucun motif qui l'eût exaspérée. Avec elle, on ne savait jamais vraiment sur quel pied danser°.

Je choisis très mal ce moment pour lui annoncer sans préambule que j'avais une envie irrésistible d'aller faire un tour dans un lieu mieux fréquenté. Et je tournai les talons sans prêter attention à ses récriminations injustifiées. Elle devint blême, à coup sûr. Ce que je ne pris pas le temps de m'assurer. Un jour de plus auprès d'elle et cette histoire aurait fini en eau de boudin° ou en poursuite infernale2.

 

Je sortis sans plus attendre et voulus informer ma suidée préférée de mon départ. Je la hélai, en vain. Me vint l'idée de jeter un coup d'oeil dans la bauge qu'elle affectionnait. Baucent tout2 hérissé de ses jarres rêches me fit un accueil tonitruant.       

« T'inquiète ! soupira Sissi, il casse la noisette°, mais je vais te le rendre doux comme un agneau°. »

 

Ce disant, elle lui asséna un bon coup du plat de la patte en l'intimant de se tenir, devant la demoiselle que j'étais.

Le couard s'était mis à filer un mauvais coton°. Deux jours seulement qu'il avait rejoint sa moitié et le torchon brûlait°.

................................................................................ 

1-La Poursuite infernale, My darling Clementine, film de John Ford, 1947.

 

2-tout hérissé, H aspiré pas de liaison, disjonction.

La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction

 

NOTES

Quelque autre que moi eût été bouleversé

> Un autre que moi...

♦  quelque autre, pas d'élision après quelque, sauf dans quelqu'un, quelqu'une.

> Quoique, puisque, lorsque, quelque, et presque s'élident-ils ? 

eût été, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé (2e forme) du verbe être, style soutenu.

= aurait été bouleversé (1re forme)

 

au grand dam de la maîtresse des lieux qui feignait d'ignorer le détachement que j'affectais

au grand dam, au grand regret, au grand dommage (dam vient du mot damner)

qui feignait, du verbe feindre, qui faisait semblant.

 

on ne savait jamais vraiment sur quel pied danser°

Ne pas savoir sur quel pied danser

Ne pas savoir quel comportement adopter avec quelqu'un pour bien faire.

 

j'aurais bien fait ma sucrée en lui rétorquant

Faire sa sucrée, faire sa mijaurée.

 

Je ne voulus lui donner aucun motif qui l'eût exaspérée.

♦ qui l'eût exaspérée, qui l'aurait exaspérée, conditionnel passé du verbe exaspérer.

ou

♦ subjonctif plus-que-parfait dans une relative exprimant une conséquence.

♦ Le participe passé employé avec AVOIR exaspérée s'accorde avec L' (LA élidé qui remplace Marie), complément d'objet direct placé avant.

 

Cette histoire aurait fini en eau de boudin°

Cette histoire aurait mal tourné, elle aurait fini en queue de poisson.°

 

Je voulus informer ma suidée de mon départ

Le sanglier appartient à la famille des suidés.

La bauge, la souille, résidence des sangliers.

Les jarres (un jarre) poil rigide de certains animaux (les soies)  

Quand il se sent en danger, le sanglier claque des dents violemment, on dit qu'il casse la noisette°.

> QUIZ 6 Les habitations des animaux

 

Baucent me fit un accueil tonituant

Accueil, UE et non EU pour éviter le son [s]

 

T'inquiète ! familier pour Ne t'inquiète pas.

 

Ce disant, en disant cela. Ce faisant, en faisant cela.

 

en l'intimant de se tenir, devant la demoiselle que j'étais.

Se tenir, se tenir bien.

 

Le couard s'était mis à filer un mauvais coton°  

Couard, peureux, la couardise.  

Filer un mauvais coton°. Être très malade ou mener une vie désordonnée.

 

Deux jours seulement qu'il avait rejoint sa moitié et le torchon brûlait°.

Lorsqu'il y a des querelles dans un ménage, on dit que le torchon brûle°.

 

<< 48 Délires qui n'attirent aucune bénédiction -"Lasciate ogne speranza, voi ch'intrate." 

>> 50 Délires occasionnés par la perspective d'un départ douloureux."Il est fort dangereux de s'accoutumer à une bonne compagnie ; la séparation en est étrange."

 

LES DÉLIRES Tous les épisodes

ACCUEIL & SOMMAIRE

Tous les articles du blog

Partager cet article

Published by mamiehiou.over-blog.com - dans LES DELIRES
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : LE BLOG DE MAMIEHIOU - La langue française telle qu'on l'aime  De la grammaire, des exercices divers, des dictées commentées, des histoires, des textes d'auteurs, des infos pratiques...
  • : Pour tous ceux qui aiment la langue française. Son histoire, sa grammaire et son orthographe. Des dictées commentées, des exercices ébouriffants, un florilège de textes d'auteurs, etc.
  • Contact

Mon Profil

  • mamiehiou.over-blog.com
  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.

Mon blog

Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

Rechercher Un Mot Du Blog