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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 17:28

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Les habits neufs de l'empereur 

d'après Hans Christian Andersen (1805-1875)

Traduit par David Soldi

 

Voir le texte sur Wikisource La Bibliothèque libre  

> Les Habits neufs du Grand-Duc

 

J'ai adapté le texte pour des enfants de 4 ou 5 ans et plus.

Mamiehiou

 

LES HABITS NEUFS DE L'EMPEREUR

Il y avait autrefois un grand-duc qui aimait tant les habits neufs, qu’il dépensait tout son argent à sa toilette. Lorsqu’il passait ses soldats en revue, lorsqu’il allait au spectacle ou à la promenade, il n’avait d’autre but que de montrer ses habits neufs. À chaque heure de la journée, il changeait de vêtements.

La capitale était une ville bien gaie, grâce à la quantité d’étrangers qui passaient ; mais un jour il y vint aussi deux fripons, deux mauvais garçons qui dirent qu'ils étaient des tisserands capables de fabriquer la plus magnifique étoffe du monde. Non seulement les couleurs et le dessin étaient extraordinairement beaux, mais les vêtements confectionnés avec cette étoffe possédaient une qualité merveilleuse : ils devenaient invisibles pour les gens stupides, et ceux qui faisaient très mal leur travail.

« Il me faut absolument ces habits, dit l'empereur. Quand je les porterai, je saurai tout de suite qui est intelligent et qui est idiot. »

Puis il donna aux deux fripons une forte somme d'argent pour qu'ils commencent à tisser l'étoffe merveilleuse.

C'est ce qu'ils firent. Et ils commencèrent à faire semblant de tisser avec des bobines vides. Ils demandaient parfois de la soie précieuse et de l'or qu'ils mettaient aussitôt dans un sac pour les voler.

Tous les habitants de la ville étaient impatients de voir cette étoffe extraordinaire.

Comme l'empereur avait hâte de savoir comme était l'étoffe, il décida d'envoyer son vieux ministre qui lui dirait fidèlement ce qu'il en pensait.

Quand l'honnête vieux ministre arriva dans la salle où travaillaient les deux fripons, il ne vit pas l'étoffe. Le métier à tisser était vide.

« Mon Dieu, dit-il, il faut que je sois bien stupide pour ne pas voir l'étoffe merveilleuse. Je ne pourrai jamais avouer qu'elle est invisible pour moi. Que penseraient les gens ? »

— Eh bien ! qu’en dites-vous ? dit l’un des tisserands.

— C’est charmant, c’est tout à fait charmant ! répondit le ministre en mettant ses lunettes. Ce dessin et ces couleurs.... oui, je dirai à l'empereur qu'elle est très belle.

Et les faux tisserands lui donnèrent des explications sur l'étoffe.

Le vieux ministre alla dire à l'empereur que l'étoffe était admirable.

Toute la ville parla de cette étoffe extraordinaire.

L'empereur était impatient de pouvoir l'admirer et alla la voir, mais le métier était vide et il ne vit rien du tout.

« Qu’est-ce donc ? pensa l'empereur, je ne vois rien. C’est terrible. Est-ce que je ne serais qu’un imbécile, un niais ? Est-ce que je serais incapable de gouverner ? Jamais rien ne pouvait m’arriver de plus malheureux. »

Puis tout à coup il s’écria : « C’est magnifique !  » Et tous les gens de la Cour qui étaient venus avec lui s'écrièrent aussi : « C'est magnifique ! »

Les deux fripons reçurent des décorations pour leur travail.

Alors ils passèrent la nuit à faire semblant de coudre l'habit de l'empereur à la clarté de seize bougies.

Et le matin, l'habit était prêt.

L'empereur, suivi de ses aides de camp, alla l’examiner, et les filous, levant un bras en l’air comme s’ils tenaient quelque chose, dirent :

« Voici le pantalon, voici l’habit, voici le manteau. C’est léger comme de la toile d’araignée. »

L'empereur se déshabilla devant une grande glace pour revêtir son nouvel habit.

« Grand Dieu ! Comme cela vous va bien ! quelle coupe élégante ! s’écrièrent tous les courtisans. Quel dessin ! quelles couleurs ! quel précieux costume ! »

Les chambellans, qui devaient porter la queue de l'habit, firent semblant de ramasser quelque chose par terre ; puis ils élevèrent les mains comme s'ils la portaient.

Et tous s'en allèrent pour la procession devant la foule assemblée.

On entendait des cris d'admiration :

 « Quel superbe costume ! Comme la queue en est gracieuse ! Comme la coupe en est parfaite ! » Personne ne disait qu'on ne voyait rien.

« Mais il me semble qu’il n’a pas du tout d’habit, observa un petit enfant. L'empereur est tout nu !  »

Et bientôt on chuchota dans la foule en répétant les paroles de l’enfant.

« Il y a un petit enfant qui dit que l'empereur n’a pas d’habit du tout !

— Il n’a pas du tout d’habit ! » s’écria enfin tout le peuple.

L'empereur en fut très malheureux, car il lui semblait qu’ils avaient raison. Pourtant il décida de continuer.

« Quoi qu’il en soit, il faut que je reste jusqu’à la fin ! »

Puis, il se redressa plus fièrement encore, et les chambellans continuèrent à porter avec respect la queue qui n’existait pas.

 

Quand vous aurez fini de lire le conte à votre enfant, vous pourrez lui poser des questions.

Laisser l'enfant dire ce qu'il pense sans vouloir absolument le corriger.

 

Exemples :

As-tu aimé ce conte ?

Tu peux me dire ce qui t'a plu dans ce conte ?

Que peux-tu dire sur l'empereur ?

Était-il très intelligent ?

Pourquoi a-t-il accepté d'avoir l'habit merveilleux, à ton avis ?

Qu'est-ce que c'est que des fripons ?

Pourquoi font-ils croire à l'empereur qu'ils savent faire une étoffe invisible aux niais, aux idiots ?

Pourquoi la foule dit-elle que l'habit est magnifique ?

Que peux-tu dire sur l'attitude de l'empereur à la fin de l'histoire ? Comment se comporte-t-il ?

Pourquoi ne va-t-il pas se cacher de honte de se savoir tout nu d'après toi ?

 

 AUTOUR DE L'ENFANT

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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