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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 19:17

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En linguistique, "l'agglutination consiste en ce que deux ou plusieurs termes originairement distincts, mais qui se rencontraient fréquemment en syntagme au sein de la phrase, se soudent en une unité absolue ou difficilement analysable."

Ferdinand de Saussure, linguiste suisse - 1857-1913

 

Des conjonctions, des adverbes, des prépositions, des noms, des pronoms, des verbes, se sont agglutinés.

Exemples :

lorsque (lors + que), puisque (puis + que), quoique, parce que

parmi, malgré, hormis, aussitôt, bientôt, sitôt, plutôt

deçà, delà, dessus, dessous, dedans, dehors

pourtant, déjà, autrefois, parfois, toutefois

toujours, jamais (anc. français jà  = déjà + mais = plus)

aussi, autant

jadis (ancien français jà a dis = il y a déjà des jours )

 naguère (ancien français n’a guère)

cependant (pendant ce)

dorénavant (d’or en avant)

désormais (dès or mais)

aujourd'hui (au jour d’hui, hui signifiant aujourd'hui)

Etc.

Certaines personnes disent fautivement : au jour d'aujourd'hui ce qui comporte trois fois le mot jour ! À éviter.

 

Mots agglutinés

en (pronom) + verbe

enlever, entraîner, emporter, emmener, s’enfuir, s’envoler, s'ensuivre...

 

entre (préposition)

entrouvrir, s’entraider, entrapercevoir ou entr'apercevoir (le Trésor), un entre-aperçu,

entracte, entrecôte, entrecuisse, entrejambe ou entre-jambes, entrepont, entre-temps ou entretemps, entrevoie ou entre-voie...

 

arrière (adverbe)

arrière-boutique, arrière-pensée, arrière-grand-père, arrière-arrière-petit-fils.

 

avant (préposition)

avant-hier, avant-scène, avant-veille, avant-dernier, avant-guerre.

 

contre (préposition)

contre-allée, contrordre, contre-courant, contrecoup contre-amiral et contre-ut, contrepoison, contrevent.

 

en pronom + verbe

enlever, entraîner, emporter, emmener, s’enfuir, s’envoler, s'ensuivre...

 

entre (préposition)

Entre suivi de a, i, o ou u s'agglutine avec le mot qui suit.

entrouvrir, s’entraider, entrapercevoir ou entr'apercevoir (le Trésor), un entre-aperçu, entracte, entrecôte, entrecuisse, entrejambe ou entre-jambes, entrepont, entre-temps ou entretemps, entrevoie ou entre-voie...

 

grand (adjectif)

Dans sa 8e édition (1932-1935), l'Académie a remplacé l’apostrophe par un trait d’union dans les composés du type grand’mère >> grand-mère

 

sans (préposition)

sans-gêne, sans -papiers.

 

sous (préposition)

sous-bail, sous-lieutenant, sous-vêtement, sous-équipement, sous-main, sous-développé...

 

sur (préposition)

survêtement, surproduction, suraigu, surfin, surdéveloppé, sur-le-champ...

 

non (adverbe)

nonobstant, nonchalant,

le nonchaloir (nonchalance, paresse, inaction)

suivi du trait d'union :

Le non-être, le non-moi, le non-sens, le point de non-retour, la non-violence, la non-mitoyenneté, la non-apparition, le non-amour, la non-reconnaissance, la non-fiction, le non-droit, la non-pratique

 

presque (adverbe)

On a une disjonction après presque sauf dans presqu’île.

La presque unanimité, la presque certitude

 

quasi (adverbe)

Il est suivi d'un trait d'union.

la quasi-totalité, la quasi-ignorance, la quasi-certitude

 

e- (électronique)

e-mail, e-commerce, e-médecine, e-pharmacie, e-administration

 

nom + nom

timbre-poste, malle-poste, wagon-lit, pause café, télé couleur

bébé-éprouvette contrôle-radar, centre-ville, Nord-Vietnam, bureaucratie

automobile, auto-école, autoroute, radio-reporter, ciné-roman, photocopie, télédistribution, cybercafé, cyberculture, cybernétique

infogérance, inforoute, informatique, internaute, internet

sourd-muet, bracelet-montre, montre-bracelet, porte-fenêtre, bar-tabac, wagon-restaurant, canne-parapluie, Alsace-Lorraine, chou-fleur, oiseau-mouche

avec -o- : boulodrome, cocaïnomane, gazomètre, francophone soûlographie

 

verbe + verbe

tournevirer, virevolter, chausse-trape, virevolte, cache-cache, passe-passe, pousse-pousse, prêchi-prêcha (ou chaussetrappe, passepasse, poussepousse, prêchiprêcha)

 

adjectif (ou nom) + adjectif

(avec -o-) franco-russe, germano-soviétique, sino-japonais, austro-hongrois politico-culturel

 

verbe + nom

Au pluriel, s ou x à la fin des noms formés d’un verbe + un nom

un couvre-lit, des couvre-lits, un porte-drapeau, des porte-drapeaux, un casse-noisette, des casse-noisettes, un essuie-main, des essuie-mains, un porte-avion, des porte-avions, un perce-neige, des perce-neiges, un appui-tête, des appuis-tête ou un appuie-tête, des appuie-tête, un garde-meuble ou un garde -meubles, des garde-meubles (lieu), garde-manger/invariable, un aide-maçon, des aides-maçons, aide-mémoire/invariable, faire-part/invariable

Le pluriel de soutien-gorge est indécis, on écrit le plus souvent des soutiens-gorge.

 

Remarques

L’Académie (1935) supprime le trait d'union : portefaix, portefeuille, portemanteau...

 

En 1990, le Conseil supérieur de la langue française recommande porteclé, portecrayon, portemine, portemonnaie, portevoix, tirebouchon, couvrepied et les mots composés avec tout, faitout mangetout, passepartout, pluriel des crochepieds, des brisetouts, etc.

L’Académie 2000 recommande le pluriel des gagne-petits.

 

préposition + nom

s au pluriel

un à-pic, des à-pics, un à-coup, des à-coups

 

verbe + complément prépositionnel

en général invariable

des boute-en-train, des pince-sans-rire, des tire-au-flanc, des touche-à-tout, un vol-au-vent au pluriel : des vol-au-vent ou vols-au-vent...

 

verbe + nom complément

le pousse-café, un tire-botte, un porte-drapeau...

 

participe présent + nom

les ayants cause, les ayants droit...

 

Agglutination avec

hélio-, pyro-, auto-, ciné-, photo-, radio-, télé-, cyclo-, aéro-, anti-, archi-, crypto-, ex-, extra-, hyper-, hypo-, micro-, mini-, néo-, poly-, mono-, post-, pré-, pseudo-, semi-, simili-, super-, supra-, ultra-, méga-, vice-, para-, inter-, pro-, bi-, tri-, quadra-, quadri,- multi-, omni-, péri-, juxt-, etc.

Certains éléments sont proches des préfixes.

 

Les listes de mots cités ne sont pas exhaustives

 

Le contraire de l'agglutination : la déglutination (mauvaise coupure) : m'amie, ma mie - la griotte, l'agriotte - la merise (l'amerise, l'amère cerise)

oooooooooooooooooooooooooooooo

Je jette un coup d'oeil dans le Littré  

On lit dans sa deuxième édition (1872-1877)

ENTR'ABATTRE (S') ENTR'ABORDER (S') ENTR'ACCOLER (S') ENTR'ACCORDER (S') ENTR'ACCROCHER (S') ENTR'ACCUSER (S') ENTR'ACTE ENTR'ADMIRER (S') ENTR'ADMONESTER (S') ENTR'AFFRONTER (S') ENTR'AIDER (S') ENTR'AIGUISER (S') ENTR'APERCEVOIR ENTR'APPELER (S') ENTR'APPRENDRE (S') ENTR'APPROCHER (S') ENTR'ARQUEBUSER (S') ENTR'ASSASSINER (S') ENTR'ASSIGNER (S') ENTR'ASSOMMER (S') ENTR'ATTAQUER (S') ENTR'AVERTIR (S') ENTR'AVOUER (S') ENTR'AVOUER (S') ENTRE-BÂILLER ENTRE-BAISER (S') ENTRE-BATTRE (S') ENTRE-BIENFAIRE (S') ENTRE-BLESSER (S') ENTRE-BRISER (S') ENTRE-CARESSER (S') ENTRE-CASSER (S') ENTRE-CÉDER (S') ENTRE-CHARGER (S') ENTRE-CHERCHER (S') ENTRE-CHÉRIR (S') ENTRE-CHOQUEMENT ENTRE-CHOQUER (S') ENTR'ÉCLAIRCIR (S') ENTRE-CLORE ENTRE-COMBATTRE (S') ENTRE-COMMUNIQUER (S') ENTRE-CONFESSER (S') etc.

J'arrête ici la liste inachevée. >> Dictionnaire Littré

Je vous signale qu'on ne retrouve pas tous ces mots bien savoureux dans le Trésor  ni dans le Dictionnaire de l'Académie, parce que leur orthographe a été modifiée.

> Lexicographie- Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

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La nouvelle orthographe - l'orthographe réformée

Le Premier ministre Michel Rocard a créé en 1989 un Conseil supérieur de la langue française, chargé de veiller, dans divers domaines, sur le destin et la qualité du français, et aussi de préparer, non pas une réforme de l’orthographe, ce que M. Rocard excluait explicitement, mais des rectifications portant sur cinq points. Ceci a été réalisé, en grande partie, dans un rapport publié le 6 décembre 1990 dans le Journal officiel de la République française.

>>Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

 

RAPPORT DU CONSEIL SUPÉRIEUR DE LA LANGUE FRANÇAISE
publié dans les documents administratifs
du
Journal officiel du 6 décembre 1990

Principes

Extrait :

Au-delà même du domaine de l’enseignement, une politique de la langue, pour être efficace, doit rechercher la plus large participation des acteurs de la vie sociale, économique, culturelle, administrative. Comme l’a déclaré le Premier ministre, il n’est pas question de légiférer en cette matière. Les édits linguistiques sont impuissants s’ils ne sont pas soutenus par une ferme volonté des institutions compétentes et s’ils ne trouvent pas dans le public un vaste écho favorable. C’est pourquoi ces propositions sont destinées à être enseignées aux enfants — les graphies rectifiées devenant la règle, les anciennes demeurant naturellement tolérées ; elles sont recommandées aux adultes, et en particulier à tous ceux qui pratiquent avec autorité, avec éclat, la langue écrite, la consignent, la codifient et la commentent.

On sait bien qu’il est difficile à un adulte de modifier sa façon d’écrire. Dans les réserves qu’il peut avoir à adopter un tel changement, ou même à l’accepter dans l’usage des générations montantes, intervient un attachement esthétique, voire sentimental, à l’image familière de certains mots. L’élaboration des présentes propositions a constamment pris en considération, en même temps que les arguments proprement linguistiques, cet investissement affectif. On ne peut douter pourtant que le même attachement pourra plus tard être porté aux nouvelles graphies proposées ici, et que l’invention poétique n’y perdra aucun de ses droits, comme on l’a vu à l’occasion des innombrables modifications intervenues dans l’histoire du français.

Le bon usage a été le guide permanent de la réflexion. Sur bien des points il est hésitant et incohérent, y compris chez les plus cultivés. Et les discordances sont nombreuses entre les dictionnaires courants, ne permettant pas à l’usager de lever ses hésitations. C’est sur ces points que le Premier ministre a saisi en premier lieu le Conseil supérieur, afin d’affermir et de clarifier les règles et les pratiques orthographiques.

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Lire aussi sur ce blog les articles :

> Y a-t-il un trait d'union ou pas ? Au delà ou au-delà ? Par delà ou par-delà ? AU ou PAR ou EN etc. + deçà, delà, devant, derrière, avant, arrière, dessus, dessous, dedans, dehors, haut, bas.

> Ne pas confondre : trait d'union et tiret

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Published by mamiehiou.over-blog.com - dans Le français dans tous ses états
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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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