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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 16:55

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Sommaire de l'article

1-Qu'est-ce donc que le plus-que-parfait du subjonctif ?

2- Réplique dans Le Cid - Acte 3 scène 4

3-Une réflexion de François Mauriac consignée dans son BLOC-NOTES


 

1-Qu'est-ce donc que le plus-que-parfait du subjonctif ?

Lors de l'émission de MONEY DROP du 27 novembre 2015, on pose la question : Où se trouve le plus-que-parfait du subjonctif ?

a-qu'il eut crû ?

b-qu'il eu cru ?

c-qu'il eut cru ?

d-qui l'eût cru ?

Lorsque je vois les candidats qui ne font pas la différence entre les modes et les temps employés dans ces phrases (données incomplètes), je me dis que quelque chose ne va pas dans l'apprentissage de la grammaire à l'école.

Le plus-que-parfait du subjonctif ? Une chose étrange et étrangère dont il semble que les candidats n'aient jamais entendu parler. Et pourtant ces candidats-là m'ont tout l'air d'être allés à l'école et ils ont eu, j'en suis bien sûre, un cursus scolaire tout à fait honorable.

Alors, d'où vient le hic ?

Je remarque que la question est, dès le début, mal posée.

On devrait la faire précéder de JE N'Y CROIS PAS.

Il devrait s'ensuivre, non pas QU'IL EÛT CRU ? Mais QUI L'EÛT CRU ?

Autrement dit : Je n'y crois pas, qui l'aurait cru ?

Erreur dans l'énoncé de la question.

 

On élimine les mauvaises réponses :

a-Le participe passé de croire est CRU pas CRÛ qui est le verbe croître.

qu'il eut crû ?

Croître, croire, cru, crû, crut, crût - accroître, accru, accrut, accrût - décroître, décru, recroître, recru, recrû - etc.

b- IL EU n'existe pas puisque EU est un participe passé

qu'il eu cru ?

c-qu'il eut cru ?

On a ici un passé antérieur qui voudrait que l'action se situe avant une autre action passée.

Passé antérieur : action antérieure à une autre passée.

qu'il eut cru ?

d-La bonne réponse :

Je n'y crois pas, qui l'eût cru ? = qui l'aurait cru ?

Le plus-que parfait du subjonctif, qui a un emploi littéraire, équivaut dans ce cas-là à un conditionnel passé.

 

Conjugaison du plus-que-parfait du subjonctif :

Il fallait que je l'eusse cru, que tu l'eusses cru, qu'il l'eût cru, que nous l'eussions cru, que vous l'eussiez cru, qu'ils l'eussent cru.

 

Conclusion : Pauvres candidats !

Ils perdent leurs 250 000 euros (500 000 euros peut-être avec le lingot) d'un seul coup et d'un seul, à la première question. Voilà de quoi détester à jamais la grammaire ... ou de quoi s'y intéresser, c'est selon.

 

La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

Pour en savoir plus :

Récapitulation des articles sur le subjonctif

 

Mais, me direz-vous, à quoi sert aujourd'hui de savoir ce qu'est que le plus-que-parfait du subjonctif, ou l'imparfait du subjonctif, deux temps qui ne sont plus employés dans la langue courante et qui sont réservés aux textes littéraires ?

Eh bien, je rétorquerai que, lorsqu'on aime les chefs-d'oeuvre passés, il faut, pour en savourer la beauté, en percevoir les subtilités.

Et que dire du plaisir de connaître la Langue Française qui nous enchante et qu'on veut défendre malgré les esprits chagrins !

J'ai eu beaucoup de chance ; je suis de ceux et de celles qui appartiennent à la vieille école laquelle nous donnait à apprendre par coeur des textes magnifiques. Un mot suffit pour qu'ils me reviennent en mémoire et je crois qu'ils émaillent avec bonheur les articles de mon blog.

 

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2-"Rodrigue qui l'eût cru ?" Le Cid

Celui qui a lu, vu ou étudié Le Cid de Corneille se souviendra des célèbres répliques de Rodrigue et de Chimène et des cris déchirants des deux amants qui vivent un amour impossible.

Rodrigue qui l'eût cru ?

Chimène qui l'eût dit ?

Que notre heur fût si proche et sitôt se perdît ?

Note : HEUR : ce qui arrive d'heureux, bonheur.

Lire l'une des scènes les plus célèbres de la littérature française :

PIERRE CORNEILLE - Le Cid - Acte 3 Scène 4

 

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3-Une réflexion de François Mauriac consignée dans son BLOC-NOTES

 

L'année 1985 réunit "tous les fastes commémoratifs" sur Victor Hugo, mort en 1885, en oubliant Vaugelas et le quatrième centenaire de sa naissance (1685) et Ronsard, mort la même année.

À ce propos, François Mauriac écrit :

 

Dimanche 13 octobre 1985. Un élève de classe terminale à qui son père demande quels poèmes on lui a donnés à lire et à apprendre par coeur au lycée répond : "Un poème de Ponge." Le père insiste : et Hugo ? Vigny ? Lamartine ? Baudelaire ? Verlaine ? Rimbaud ? Non. Ceux-là, l'étudiant ne les connaît pas. Son bagage poétique se réduit à un poème de Ponge. Et comme le père, atterré, s'enquiert de l'impression que lui a fait ce poème, le jeune homme hausse les épaules : "Bof, c'est pas évident." L'anecdote, que je garantis authentique, m'a été rapportée ce matin.

Ainsi, cinq ou six siècles de poésie française sont tranquillement passés sous silence, dans un établissement français d'éducation, par des enseignants pour qui il n'existe qu'un poète contemporain inconnu du grand public. Je ne me prononce pas sur l'oeuvre de Monsieur Ponge, que je n'ignore pas mais que je n'ai pas beaucoup pratiquée. Je ne doute pas qu'elle présente un intérêt capital pour certains esprits. Mais est-il juste, est-il raisonnable, de ne donner à nos enfants que cette chiche manne, quand on pourrait les nourrir de nos poètes classiques et romantiques passés et modernes, et Villon à Apollinaire ?

Si c'est ainsi que certains professeurs conçoivent l'enseignement de la littérature, alors, oui, commémorons Victor Hugo avec faste du 1er janvier au 31 décembre pour compenser !

Cher Jean-Pierre Chevènement, vous qui avez, pour notre joie, réintroduit l'orthographe, l'éducation civique, l'émulation et la Marseillaise dans nos écoles, couronnez votre oeuvre en y réintroduisant aussi la vraie poésie, celle qui émeut ou enthousiasme, et qui ne se contente pas de décrire un cageot ou une cucurbitacée. Contraignez des maîtres prétentieux à suivre les programmes littéraires que vous avez établis, et où figurent, j'imagine, Ronsard et Baudelaire, Villon et Hugo. Le meilleur moyen d'honorer les poètes n'est pas de célébrer leurs anniversaires, mais de les maintenir vivants en faisant bruire, sur les lèvres de nos enfants, ce murmure immémorial de la poésie, qui est comme une première approche du divin, en nous, et hors de nous.

 

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J'ai recueilli ce texte édifiant de Monsieur Mauriac dans le magazine LIRE d'octobre 1985.

Je ne crois pas qu'il y ait eu un quelconque changement dans l'enseignement depuis lors.

Faites donc l'expérience de demander à vos enfants quels poèmes ils ont lus et appris par coeur au collège et au lycée. Peut-être serez-vous surpris, atterrés même.

Voir sur ce blog > Les magazines LIRE de 2005 à 2014

 

En parcourant les articles sur la réforme du Collège en 2016, je ne trouve nulle part un mot sur la littérature, encore moins sur la poésie. Mais peut-être ai-je mal cherché.

 

Quelques poèmes que vous aimez ou que vous aimerez à coup sûr :

Poèmes d'amour - Livre 1 - Florilège proposé par mamiehiou

Poèmes d'amour – Livre 2 - Florilège proposé par mamiehiou

dans la catégorie > Florilège - La pensée des autres

 

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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