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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 10:33

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Si l'on a la curiosité de parcourir les dictionnaires, on peut s'étonner de lire que les mots varient au fil des siècles, tant au point de vue de leur graphie que de celui de leurs acceptions.

J'ai raconté, dans ma rubrique Une petite histoire de la langue française racontée par mamiehiou comment s'est constituée, pas à pas, notre langue depuis le IXe siècle.

Nous avons aujourd'hui une chance inouïe, celle de nous promener sur la toile et de parcourir, sans sortir de notre chambre, des dizaines de dictionnaires, qui sont là, à portée de la main.

Chaque dictionnaire porte en lui la marque de la personnalité de celui ou de ceux qui l'ont voulu, conçu, rédigé, parfois au prix de mille embûches. Le Furetière ne fut-il pas publié qu'après la mort de son auteur qui dut lutter contre les attaques de l'Académie, et à Rotterdam, alors qu'il fut le plus grand dictionnaire de son temps ?

Rendons hommage à ces hommes qui ont fait un travail titanesque.

Vous trouverez dans cet article à l'entrée de la Lettre A : les mots A et À, dans les dictionnaires suivants :

1-Le Dictionnaire d'Antoine Furetière - 1690

2-Le Nouveau Vocabulaire de la Langue Française

  par Georges Lambert-Gentot - 1827  

3-Le Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture

de William Duckett - 1832-1873 

4-Le Littré d'après l'ouvrage d'Émile Littré 1863-1877

 5-Le Dictionnaire de Frédéric Godefroy* 1881

 6-Dictionnaire National de Louis-Nicolas Bescherelle* 1856

7-Le Dictionnaire de l'Académie 8ème édition* 1882-1935

 *Les articles de ces trois dictionnaires ne sont pas reproduits ici.

Je les mets en lien sur la toile

 

1 Le Dictionnaire d'Antoine Furetière - 1690

 

DICTIONAIRE UNIVERSEL

Contenant generalement tous les MOTS FRANÇOIS

tant vieux que modernes, & les

Termes de toutes les

SCIENCES et DES ARTS :

Divisé en trois Tomes

T O M E  P R E M I E R

 

A - E

A

Première lettre de l'Alphabet François* & de toutes les autres Langues.

Chez les Occidentaux, cette lettre prend son nom du son qu'elle fait. Chez les Grecs on la nomme Alpha ; chez les Hébreux Aleph ; chez les Arabes Aliph ; et chez les Indiens Alephu. C'est aussi le premier son articulé que la Nature pousse, & celui qui forme le premier cri & le bégayement des enfants. D'où vient que Jérémie répondant à Dieu qui le destinoit pour son Prophete, luy dit : A,a,a, Seigneur, je ne sçai pas parler, parce que je suis un enfant. Hierem. Cap. I.*

 

C'est aussi ce qui exprime presque tous les mouvemens de notre ame ; & pour rendre l'expression plus forte, on y ajoute une h avant ou après, comme dans l'admiration : Ha le beau tableau ! Dans la joie : Ha quel plaisir ! Dans la colere : Ha méchant. Dans la douleur : Ha la teste. Dans la pamoison : Ha je me meurs. Dans le mouvement : Ha levrier. Et généralement ce mot exprime toutes les palpitations du coeur, comme il paroist en ceux qui ont courte haleine. Cicéron appelle l'A lettre salutaire, parce que c'etoist la marque d'absolution.

 

Quand cette lettre forme toute seule une syllabe, les enfans disent en épellant, A de par soy A

 

Cette lettre forme souvent un mot entier, & est quelquefois article du datif pour décliner les noms propres seulement. Ce livre est à Pierre, à Agnès. Quand il sert à décliner les noms ordinaires, s'ils commencent par des consones, on dit au comme au soleil, si c'est par une voyelle, on y ajoute une l, au masculin ou, la, au féminin : À l'homme, À la femme ; et au pluriel, on dit dans tous les cas aux, comme : Aux Alexandres, Aux Muses, Aux Animaux.

À est quelquefois préposition, mais rarement. Il est à la ville, aux champs, Cela est à la mode.

 

À est le plus souvent adverbe, non seulement de temps, & de lieu, comme, Cela vient à tard, cela est à terre : mais encore il se joint à presque tous les mots de la Langue pour faire des phrases adverbiales qui tiennent de leurs significations & de leurs manières. Estre à couvert, vivre à discrétion, &c. Car si on n'y prend garde de près, la plus-part des exemples qu'on donne de son usage pour marquer la preposition, se réduisent à l'article du datif.

 

À se joint aussi aux infinitifs des verbes pour faire des phrases adverbiales. Donner à boire & à manger, un maistre à écrire, on fait à sçavoir, au pis aller, au rebours, &c.

 

A se dit quelquefois dans les temps des verbes auxiliaires. Il a gagné cent écus, il a fait, il a dit, il a le temps et l'argent.

 

On dit proverbialement qu'un homme ne sçait ni A ni B, pour dire, qu'il ne sait pas lire ; qu'il ne scauroit faire une panse d'A, pour dire qu'il ne sçait pas écrire ; et qu'il apprend l'A, B, C, pour dire qu'il commence à connoître ses lettres.

 

Cette lettre A étoit aussi chez les Anciens une lettre numerale qui signifoit 500, comme on voit dans Valerus Probus. Il y a des vers anciens rapportez par Baronius & autres, qui marquent les lettres significatives des nombres dont le premier est tel :

Possidet A numeros quingentos ordine recto

 

Quand on mettoit un titre ou une ligne droite au dessus de l'A, il signifie 5000.

 

A.A.A. Les Chymistes se servent de ce signe pour signifier, Amalgamer, Amalgamation, & Amalgame.

 

*Notes de mamiehiou :

Hierem. Cap.I : dans la Bible - Jérémie, verset I, 6. 

On remarque la graphie des mots du XVIIe siècle :

dictionaire pour dictionnaire

françois pour français

generalement pour généralement

begayment pour bégaiement

mouvemens pour mouvements

ame pour âme

luy pour lui

sçavoir pour savoir, je sçai pour je sais

Ha quel plaisir (etc.) pour Ah quel plaisir (etc)

Voir : Les homophones Compléter par a, as, à, ah, ha - QUIZ 37

épellant pour épelant

[des vers anciens] rapportez pour rapportés

chymistes pour chimistes

une teste pour une tête

un maistre pour un maître

imparfait de l'indicatif, destinoit, paroist pour destinait,etc.

paroist pour paraît, etc.

la plus-part pour la plupart

&c. pour etc.

etc.

Voir aussi :

     Le nom et le genre des lettres - l'h, le h, un h, une h, une ache - l's, le s, une esse - etc.

 

Retrouver Le Furetière sur la toile :
Dictionaire universel  par Antoine Furetière (1690)

      A-E - F-O - P-Z

 

À propos de Furetière : Une petite histoire de la langue française racontée par mamiehiou - Chapitre 13 – LE XVIIe SIÈCLE (2) - Préciosité – Classicisme – Boileau, Furetière, et les autres... 

 

2 Le Nouveau Vocabulaire de la Langue Française

extrait du Dictionnaire de l'Académie - 1827

 

Nouveau Vocabulaire

de la langue Française,

extrait du dictionnaire de l'Académie

et des meilleurs auteurs modernes ;

contenant tous les mots usités, ceux des arts et sciences, leurs définitions, leurs différentes acceptions et leur prononciation figurée ;

augmenté

Des Etymologies, de tous les mots dérivés des langues anciennes

et modernes, pour faciliter l'intelligence de la Langue française ;

Par Lambert-Gentot

 A, substantif masculin ; première lettre de l'alphabet ; première des cinq voyelles. Il est long dans la prononciation : Il ne sait ni A ni B. - Il est indéclinable : deux A et non pas deux As.

 

A, troisième personne du singulier du verbe avoir, est bref : il a, il y a.

 

À bref, marqué d'un accent grave, est préposition.

1° Il désigne le datif des latins devant les noms propres et ceux qui ne prennent point d'article : à Pierre, à mon frère, à elle, à lui. Il n'est suivi d'un article qu'en présence d'un singulier féminin : À la Gloire de Dieu, ou d'un singulier masculin commençant par une voyelle : à l'homme, à l'animal.

2° Devant les verbes, il répond au supin des latins : Bon à manger.

3° Il répond au gérondif latin : On ne gagne rien à courir le monde, c'est-à-dire en courant.

4° Il signifie

  • après : poil à poil

  • avec : dessiner à la plume

  • environ : dans cinq à six jours

  • par : je vous connais à votre habit

  • selon, suivant : un habit fait à la mode

  • vers : ce tonneau tire à sa fin

  • sur : monter à cheval

5° Il marque

  • le temps : dîner à midi.

  • Le lieu : se mettre à lécart, à l'abri, à droite.

  • La posture : à genoux, nez à nez.

  • La manière de vivre de s'habiller, de parler : vivre à la française.

  • L'homme à cheveux ronds, à systèmes, à bons procédés.

  • La qualité : de l'or à 24 carats.

  • La quantité, il en a à satiété, à foison.

  • Le prix : du drap à dix francs l'aune.

  • La mesure : vendre du vin à la pinte, du drap à l'aune.

  • La cause : machine à vapeur, moulin à vent

  • Le motif : j'ai dit cela à bonne intention et non à mauvais dessein.

  • L'usage : terre à froment, boîte à coudre.

6° Il équivaut à la préposition latine ad : allez à l'église, venez à moi.

7° Lorsqu'il précède l'article masculin suivi d'un mot qui commence par une consonne, il devient Au.

 

A dans la composition des mots dérivés du grec, est privatif : a-céphale, sans tête ; a-mnistie, sans mémoire ; oubli.

Voir sur google-books : Nouveau vocabulaire de la langue française 

 

3 Le Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture

de William Duckett

1832-1873

 

A, lettre voyelle, la première dans notre alphabet et dans celui de presque toutes les nations, est la treizième dans l'alphabet éthiopien. On dit de quelqu'un qui est ignorant qu'il ne sait ni A ni B. - Pour exprimer que quelqu'un n'a rien fait, on dit qu'il n'a pas fait une panse d'A, c'est-à-dire, pas même le premier trait de cette lettre.

A sur les médailles grecques, indique ordinairement qu'elles ont été frappées à Argos ou à Athènes ; sur les monnaies françaises, qu'elles ont été battues à Paris.

Chez les latins, c'était la lettre salutaire, littera salutaris, parce que, lorsque les juges voulaient absoudre, ils écrivaient sur leurs tablettes A, première lettre d'absolvo, j'absous.

A, chez les Grecs, signifiait 1 ; chez les Romains, avant l'adoption du D, 500 ;

avec un trait au-dessus, 5000.

A.D. Signifie Anno Domini, ou depuis Jésus-Christ , A.C. (Anno Christi) signifie la même chose ; a.c. année courante ; a.p. année passée.

En musique, A, première note du tétracorde hyperbolien, répond à la sixième note de notre gamme la. En tête d'un morceau de musique, indique la partie de la haute-contre, alto.

 

Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture - William Duckett - Tous les volumes (lien Books-Google)

 

Et retrouvez dans ce blog un article du dictionnaire de W. Duckett : WILLIAM DUCKETT - Dictionnaire de la conversation et de la lecture - Lucifer (Phosphore, Vénus, Astarté, Vénus-Uranie, Anahid, Hesper ou Vesper, Boker)

 

  4 Le Littré d'après l'ouvrage d'Emile Littré - 1863-1877

  • 1-A

    Voyelle et première lettre de l'alphabet. Un grand A. Un petit A. Deux A. Des A mal formés, sans s au pluriel. Il y a une géométrie matérielle qui se contente de lignes, de points, d'A + B.  Le génie du christianisme, ou Les beautés de la religion chrétienne 

    Il est marqué à l'A se dit d'un homme de bien, d'honneur et de mérite ; et ce proverbe est emprunté des monnaies qu'on marquait aux villes de France par ordre alphabétique, selon leur primauté : la monnaie de Paris, réputée du meilleur aloi, était marquée de l'A.

    A, dans la musique moderne et notamment dans la musique allemande, le sixième degré de la gamme diatonique et naturelle, ou la dixième corde de la gamme diatonico-chromatique, appelé dans l'ancien solfège a la mi ré, a mi la, ou la. A majuscule, écrit sur une partition, indique l'alto.

    2-A

    3ème personne du verbe avoir au présent de l'indicatif

  • Á

  • prép. (a)

Lorsque "à" précède l'article masculin suivi d'une consonne autre que l'h muette, on les contracte en au pour à le ; lorsqu'il précède l'article pluriel des deux genres, on les contracte en aux pour à les.

  • REMARQUE

    Ces formes proviennent de l'ancienne langue : à le se disait al, qui devant une consonne se prononçait ordinairement au, comme on le voit dans autre, écrit anciennement altre et venant du latin alter. Pour le pluriel, à les se contractait en as ou aus ; d'où notre forme aux.

    À exprime trois rapports différents : direction, aller à Paris ; repos, résider à Paris ; extraction, prendre à un tas. Quand, partant de ces trois significations fondamentales, on examine les acceptions telles qu'elles se comportent dans le langage, on rencontre une variété extrême de nuances, qui rend très difficile le classement des sens. Un mot aussi petit et aussi employé que à est devenu très indéterminé, de manière à se prêter à une foule d'emplois différents. Comme toute préposition, il exprime un rapport, et ne peut être bien apprécié indépendamment des deux termes qu'il lie, aussi bien l'antécédent que le conséquent. Au lieu de la classification par significations, on peut adopter une classification d'après les deux termes du rapport où à figure, le sens étant aussi bien déterminé, en beaucoup de cas, par le mot qui précède que par le mot qui suit. En conséquence, on peut considérer à dans les positions suivantes :

  • 1Entre un substantif et un substantif ou un pronom. Séjour à Paris. Habitation à la campagne. La vie aux champs. Retour à la ville. L'ascension au haut du pic. L'orientation au nord. La remise à un autre temps. Le recours au juge. Le discours au roi. La réponse à une lettre. L'élévation aux dignités. La disposition à la plaisanterie. La préparation à la communion. La contribution au fonds commun. La légèreté à la course. Le lion à la gueule menaçante. Terre à potier. Vases à huile. Marché aux boeufs. Cruche à anses. Chaise à porteurs. Terre à blé. Tunique à manches. L'emprunt au banquier. L'achat au marchand. La demande au professeur. La suspension au plancher. L'arrachement à toutes les affections. La répugnance au mariage. Le manquement au devoir. L'obéissance au maître. Il n'est rien de cela aux exemples des payens ; nous n'avons pas de liaison à eux. Pensées]

  • 2Entre un substantif et un pronom, construction où à exprime la possession. Un ami à moi. C'est un ami à moi ; je vous le recommande. Il a un style à lui. Vous avez une manière à vous.

  • 3Entre un substantif et un verbe. L'exhortation à combattre. L'encouragement à bien vivre. La disposition à plaisanter. La promptitude à faire. L'habileté à parler. La facilité à comprendre. La répugnance à venir. Le plaisir à obéir. La fermeté à soutenir la vérité. La honte à mentir. Quelque effort que l'on fasse à rompre vos beaux noeuds  Her. I, 4]

  • 4Entre un adjectif et un substantif ou un pronom. Exposé au midi. Porté à la violence. Enclin au mal. Prêt au combat. Parti hostile au gouvernement. Obéissant à la loi. Nuisible à la santé. Plaisant à l'oeil. Important à l'État. Habitué aux théâtres. Utile à tous, propre au travail. Affable aux petits. Semblable au loup. Égal aux plus grands. Sa mort fut conforme à sa vie. Attaché à ses habitudes. Rebelle à l'autorité. Répugnant aux sens. Il est loisible à tout homme de.... Il était naturel à Adam et juste à son innocence.   édit. Cousin.]

  • 5Entre un adjectif et un verbe. Disposé à médire. Prêt à partir. Enclin à ne rien faire. Facile à apprendre. Important à comprendre. Chose honteuse à dire. Charmant à contempler. Agréable à faire. Inutile à dire. Le dernier à fuir. Le premier à s'élancer. Prompt à se mettre en colère. Habile à parler. Propre à supporter les fatigues. C'est bientôt le premier à prendre. [La Fontaine, Fables]

  • 6Entre un adverbe et un nom ou un pronom. Conformément à ce que vous dites. Semblablement aux feuilles des arbres, les générations humaines se succèdent sur la terre.

  • 7Entre le même mot répété sans article, indiquant que personnes ou choses se suivent ou se touchent. Un à un. Trois à trois. Il passèrent un à un. On les compta trois à trois. Goutte à goutte. Seul à seul. Tête à tête. Ils s'introduisirent homme à homme. Pas à pas. Mot à mot. Traduire mot à mot. Corps à corps. Lutte corps à corps. Bec à bec. Bout à bout. En termes de jeu, nous sommes fiche à fiche, dix à dix, nous avons chacun une fiche, dix points ; et même, elliptiquement, nous sommes fiche à, dix à.

  • 8Entre un verbe ayant à pour complément indirect et un substantif ou un pronom. Se rendre à la ville. Reléguer aux champs. Recevoir au camp. Aller à Rouen, à la campagne. Monter au ciel. Envoyer un livre à quelqu'un. Monter à cheval. Être tourné à l'est. être exposé au danger. Jeter quelqu'un à terre. Jeter à l'eau. Revenir à soi. J'en viens à un autre objet. Courir à sa perte. Appeler aux armes. Exhorter au travail. Recourir au juge. Descendre aux dernières prières. S'adresser à ses amis. Réduire à l'extrémité. Arracher quelqu'un à son opinion. Élever au rang suprême. Courir au danger. Se préparer au combat. Lever les mains au ciel. Accorder la récompense au mérite. Devoir de l'argent à quelqu'un. Exposer au péril. Se rendre à César. Écrire à quelqu'un. Enseigner les lettres aux jeunes gens. Ajouter à quelque chose. Imputer à crime. Assister au jugement. Plaire à quelqu'un. Il importe à tout le monde. Elle pense à moi. Il s'accoutume à l'obéissance. Ce vêtement sied bien aux hommes âgés. Il convient à chacun. Ce livre appartient à mon frère. Se joindre à une compagnie. Mettre une chose à sa place. Associer sa cause au salut public. Faire part de sa gloire à quelqu'un. Mêler de l'huile à de la chaux. Comparer Aristote à Platon. Répondre à l'amour. Répugner à certaines démarches. Le chien ressemble au loup. Conformer sa vie aux préceptes de la sagesse. Condamner à mort, aux galères. Puiser de l'eau à une fontaine. Boire à la source. Prendre au tas. Demander quelque chose à quelqu'un. Allumer une chandelle au feu. Acheter du drap au marchand. Emprunter de l'argent à un ami. Dire une parole, un mot à quelqu'un. Commencer à dormir. Suspendre au plafond. Arracher aux arbres leurs fruits, un fils à sa mère. Dérober au danger. La marcotte a été prise à un bon cep. Dépouilles enlevées à l'ennemi. Retirer sa confiance à quelqu'un. Manquer à son devoir, à ses amis. Toucher à quelque chose. Toucher au terme, au port. La vérité était contraire à vos fins ; il a fallu mettre votre confiance au mensonge. [Pascal, Les provinciales]

  • 9Entre un verbe et un verbe. Exhorter à faire. Inviter à venir. Condescendre à traiter. Il en est venu à nous dire. Réduire à capituler. Forcer à mourir de faim. Il incline à prendre ce parti. Se préparer à partir. Apprendre à lire. Enseigner à s'exprimer correctement. Cela contribue à augmenter le patrimoine. Ce discours le portait à céder. Se décider à comparaître. Sa démarche l'exposait à périr. Il se plaît à étudier. Il pense à exécuter son projet. S'accoutumer à obéir. Aimer à donner. Condamner à faire amende honorable. Chercher à comprendre. Donner à copier une lettre. Donner à porter un fardeau. Il reste à finir le travail. Demander à être reçu. Manquer à venir. Répugner à travailler. On l'exhorta à avoir courage. [Scarron, Le Roman comique]

  • 10 Absolument, devant un nom ou un pronom, exprimant une circonstance, à la façon d'un adverbe ou d'une locution adverbiale. À Paris. À la ville. Aux champs. Au midi. Au nord. À terre. À l'entrée de l'église. À l'armée. Au feu. À l'ombre. Au soleil. À table. Au doigt. Porter une bague au doigt. Au front. Blessé au front. À l'oreille. Mal à l'oreille. Je vous dirai cela à l'oreille. À tout âge. À l'âge de trente ans. Au temps que les bêtes parlaient. À neuf heures. À midi. Au jour fixé. À échéance. Payer à échéance. Au commencement. À la fin de l'année. Au printemps. À l'année. Louer une maison à l'année. Pension à vie. Travailler à la journée. À la longue. Au point du jour. Au mois de mai. À toutes les heures. À chaque fois. À quelques jours de là. À de longs intervalles. À mon arrivée. À l'approche de Xerxès. À cette vue. À ce récit. Au bruit de sa mort. À la nouvelle que.... À la vue du bourreau. À la prière. À l'instigation des ennemis. À grandes journées. Venir à grandes journées. À la façon des Grecs. À pleines mains. À genoux. À pied. Au toucher. Au goût. À dessein. À souhait. À l'huile. Manger des légumes à l'huile. À l'épée. Se battre à l'épée. À l'aiguille. Broder à l'aiguille. À la paume. Jouer à la paume. À voiles et à rames. À toute vapeur. À la main. Fait à la main. Au poids. À la mesure. À prix d'argent. À bon marché. À un prix élevé. À vingt sous la livre. À gros intérêts. À sept kilomètres de Paris. À dix lieues environ. À une journée de marche. À mon avis. À l'exemple des autres. À ce que je vois. À ce que je sais. À l'enseigne du Lion d'argent. Au Veau qui tette. À la Boule d'or. À la cour de cassation. Conseiller à la cour de cassation. Avocat à la cour d'appel. Commis au ministère de la guerre. Tu reviens seul, Hémon ; ô sinistre présage ! Que je lis d'infortune aux traits de ton visage ! [Rotrou, Antigone]

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  • 11 Absolument, devant un pronom interrogatif. À qui cela ? à quoi bon ? à quelle fin ? à quelle utilité ? [La Fontaine, Fables]

  • 12 Absolument, devant un verbe exprimant une circonstance à la façon d'un adverbe ou d'une locution adverbiale. À vrai dire. À ne pas mentir. À en croire Homère. À y bien regarder. À tout prendre. À compter de ce jour. À partir de telle époque. Que gagnerai-je à vous tromper ? Perdre son temps à jouer. Il passe le temps à se lamenter. Il s'arrête à lire les affiches. Le bon sens n'est pas à penser sur les choses avec trop de sagacité. [Vauvenargues. Bon Sens.]

  • 13 Absolument, devant un nom de nombre ou devant un pronom suivi d'un nom de nombre. À quatre. Ils soulevèrent ce fardeau à quatre. À lui seul. À moi seul. Médée, à elle seule, bravait une armée. Ignominie qui, à elle seule.... À trois que nous étions, nous ne pouvions soulever ce fardeau.

  • 14 Absolument, avec un adverbe de temps. À quand ? à quand le rendez-vous ? à demain. À demain, je vous attends. À demain les affaires. À jamais. Événement à jamais déplorable. À toujours. Soyez prêt à demain. [Corneille, Le Cid]

  • 15Elliptiquement, devant un nom ou un pronom. Au secours ! à moi, citoyens ! Au voleur ! Au feu ! à la porte, l'insolent ! à table, messieurs ! à l'ennemi, soldats ! à votre santé ! à monsieur un tel (sur une adresse). À Jupiter, très bon, très grand. Au revoir (revoir est ici un substantif). À ce soir. À dimanche. À la vie, à la mort. À perpétuité. Concession à perpétuité dans un cimetière. À moi, comte, deux mots. [Corneille, Le Cid]

  • 16Elliptiquement, entre un substantif et un verbe (équivalent à bon, propre). Chose à dire. Lettre à écrire. Homme à pendre. Je ne vous crois pas homme à faire cela. Occasion à ne pas laisser échapper. Affaire à perdre un homme. Procès à ne pas finir. Conte à dormir debout. Chambre à coucher. Pierre à aiguiser. Arbres à transplanter. Compte à revoir. Travail à refaire. Lettre à porter. Par abréviation : à revoir, à refaire, à porter. Un voile à couvrir d'autres flammes. [Molière, Le dépit amoureux]

  • 17Elliptiquement, devant un verbe. Demain, à recommencer. Après-demain, à dîner. À revoir, monsieur. Finissons ; mais demain, muse, a recommencer. [Boileau, Satires]

  • 18Locutions avec le verbe être. Cela est à moi. Tout était à l'ennemi. C'est à vous de prendre garde. Ce n'est pas à nous d'examiner. On ne peut être à soi un seul instant. Cet homme est à lui-même une énigme. C'est bien fait à vous. C'est à un bon consul de prévoir ce qui arrivera. C'est à faire à lui. C'est folie à vous de croire. Cinq est à quinze comme vingt est à soixante. À cette partie de trictrac, nous étions cinq trous à dix. Dans cette partie de billard, nous sommes quatre à six. Je suis ici à l'attendre. Je suis encore à savoir comment. Cet homme est à craindre. Avec ellipse de soit : Honneur aux braves, c'est-à-dire honneur soit aux braves, et ainsi pour les exemples suivants : Gloire à Dieu dans le ciel ! Guerre aux châteaux et paix aux chaumières ! Malheur aux vaincus ! Les fureurs de la terre Ne sont que paille et que verre à la colère des cieux. [Malherbe II, 2]

  • 19Locutions avec avoir. Avoir affaire à quelqu'un. Il y a de la folie à croire que.... Je n'avais rien à vous écrire. Vous n'avez qu'à parler. J'ai à vous entretenir. Il y aurait à craindre. Le temps que j'ai à vivre. L'argent que j'ai à dépenser. Ils eurent un peu à souffrir sous ses successeurs. [Bossuet, Discours sur l'histoire universelle]

  • 20Locutions avec faire suivi d'un infinitif. J'ai fait faire un habit à mon tailleur. Il a fait accepter un cadeau à son ami. Faire prendre les armes à la troupe. Ils l'ont fait recevoir [la bulle] au clergé. [Pascal, Les provinciales]

  • 21Locutions avec se laisser et un infinitif. Se laisser séduire aux voluptés. Se laissant conduire à leurs inclinations et à leurs désirs. Ne nous laissons pas abattre à la tristesse. [Pascal, édit. Cousin.]

  • 22Locutions avec ouïr dire, voir faire, entendre dire, etc. J'ai ouï dire à des vieillards.

    REMARQUE

      Des lexicographes ont critiqué cette locution, comme étant amphibologique et pouvant signifier : j'ai entendu qu'on disait à des vieillards ; ils voulaient que l'on mît : " J'ai ouï dire par des vieillards. " Mais ce scrupule est excessif ; ouï dire est une locution inséparable et on ne peut jamais intercaler quelque chose entre ouï et dire, ni supposer, j'ai ouï quelqu'un dire à des vieillards. Cela étant impossible, le sens de la locution ne prête à aucune amphibologie. On dira de même : j'ai entendu dire à votre frère que vous viendrez, c'est-à-dire j'ai entendu votre frère qui disait : j'ai vu faire à ces hommes une action généreuse, c'est-à-dire j'ai vu ces hommes faisant. Mais il n'en serait plus de même si un pronom intervenait au lieu d'un nom : je lui ai entendu dire ; je lui ai vu faire ; je lui ai vu donner ; l'amphibologie commence, et il y a à distinguer deux cas :

      1° si le verbe à l'infinitif ne peut avoir de régime indirect avec à, la locution est bonne, l'amphibologie n'existe pas : je lui ai vu franchir le fossé : on ne dit pas franchir à quelqu'un ; le cas n'est pas douteux ; je l'ai vu franchissant le fossé ; je lui ai vu faire une action généreuse ; on ne dit pas faire à quelqu'un ; le sens est donc, je l'ai vu faisant.

      2° Si le verbe à l'infinitif peut avoir un régime indirect avec à, l'amphibologie commence réellement : je lui ai vu donner un soufflet pourrait également signifier, je l'ai vu donnant un soufflet, et j'ai vu qu'on lui donnait un soufflet. On évitera donc cette tournure.

    • 23Locutions avec attendre. J'ai attendu à vous parler que tout le monde fût sorti. Elle.... Attend l'ordre d'un père à choisir un époux. [Corneille, Le Cid]

    • 24Locutions avec trouver. J'ai trouvé à votre ami un air soucieux. Trouver à dire. Écoutez si vous trouvez l'air à votre goût. [Molière, Les précieuses ridicules]

    • 25Devant de. Rien ne plaît à des gens malades. Répondez avec fermeté à de telles prétentions. Il se livre à des extravagances. À de plus hauts partis Rodrigue doit prétendre. [Corneille, Le Cid] Cette locution s'explique par la construction partitive (voir DE).

    • 26De.... à. De Paris à Rouen il y a trente lieues. D'eux à moi il y a cette différence. D'homme à homme. Elliptiquement : vingt à trente, dix à douze, pour de vingt à trente, de dix à douze. Du matin au soir. De la tête aux pieds. Du jour au lendemain. De vous à moi. De nation à nation. Vivre de pair à compagnon. Traiter de Turc à More. De gré à gré.

    • 27Locution à qui. C'était à qui partirait le premier. Ils se disputent à qui sera préféré à l'autre. Tirons à qui jouera le premier. Eh bien ! gageons nous deux à qui plus tôt aura dégarni les épaules Du cavalier. [La Fontaine, Fables]

    • 28Locutions par pléonasme. à est suivi d'un pronom personnel reproduisant le pronom possessif qui précède. C'est mon opinion à moi. Votre devoir à vous, est de partir. Sa manière à lui, c'est de parler par sentences. Leur gain à eux est de cent francs.

    • 29Locution populaire, la barque à Caron. Cette tournure n'est plus usitée que dans cette locution, et ce serait une faute que de s'en servir autre part. Pourtant elle n'est qu'un archaïsme, et, aujourd'hui encore, on dit parmi les ouvriers et les gens de campagne : la femme à Jean, la fille à Thomas, la soeur au bedeau.


    •  

    REMARQUE

    À étant entre deux substantifs où le conséquent détermine l'antécédent, le conséquent doit-il prendre le pluriel, quand l'antécédent change de nombre, ou quand le conséquent peut représenter une pluralité ? En d'autres termes, si l'on écrit fruit à noyau, faut-il écrire, au pluriel, fruits à noyau ou à noyaux ; et faut-il écrire arbre à fruit ou à fruits ? Il y a quatre cas :

    1° L'antécédent est au singulier ou au pluriel, et le conséquent n'est pas susceptible de pluralité ; alors on met toujours le singulier : pomme à cidre et pommes à cidre ; mouche à miel et mouches à miel ; machine à vapeur et machines à vapeur ; une arme à feu, des armes à feu ; un moulin à eau, des moulins à eau ; une rente à perpétuité, des rentes à perpétuité ;

    2° l'antécédent est au singulier ou au pluriel, et le conséquent indique la pluralité : une bête à cornes, des bêtes à cornes ; un serpent à sonnettes, des serpents à sonnettes ; un homme à projets, à préjugés ;

    3° le conséquent est nécessairement singulier ; alors quand l'antécédent est mis au pluriel, on peut maintenir le conséquent au singulier, attendu qu'il est unique pour chaque antécédent, ou le mettre au pluriel en considérant qu'il y en a autant que d'antécédents : une comète est un astre à queue ; les comètes sont des astres à queue ou à queues ; manchette à dentelle, manchettes à dentelle ou à dentelles ; couteau à ressort, couteaux à ressort ou à ressorts ; cuiller à pot, cuillers à pot ou à pots. L'usage le plus ordinaire est de mettre le singulier ; mais, comme on voit, le pluriel n'est pas une faute ;

    4° le conséquent, bien que multiple, peut être considéré comme un nom collectif, par exemple, fruit, feuille, fleur, puisqu'on dit le fruit de cet arbre, la fleur du poirier, la feuille de l'acacia. Dans ce cas, on peut mettre le nombre que l'on veut, que l'antécédent soit au singulier ou au pluriel : arbre à fruit ou à fruits, arbres à fruit ou à fruits ; mais si le conséquent ne se prend pas habituellement au sens collectif, il faut toujours le mettre au pluriel. Ainsi on ne dira pas fleur à pistil, mais à pistils, fruit à noyau, mais fruit à noyaux, à moins, bien entendu, que la fleur n'ait qu'un pistil, le fruit qu'un noyau. Considérer ces mots-là comme collectifs se peut à la rigueur ; mais c'est leur attribuer un usage qu'ils n'ont pas, et dès lors il vaut mieux suivre l'idée naturelle, qui est celle du pluriel.

    2. On lisait dans l'avant-dernière édition du Dictionnaire de l'Académie : il y avait sept à huit personnes dans cette assemblée. La dernière édition et tous les grammairiens modernes condamnent cette locution. On ne peut employer la préposition à qu'entre deux nombres qui en laissent supposer un intermédiaire ou qu'entre deux nombres consécutifs, quand il s'agit de choses qu'on peut diviser par fractions. Mais, dans l'exemple cité, il faut la conjonction ou, parce qu'une personne ne se divise pas. Les bons auteurs ont reconnu la règle donnée ici. On a pris ou tué aux Allemands sept à huit cents hommes. [Racine, Lett. à Boil. XLI] La faute vulgaire provient d'une extension non raisonnée du cas où la locution convient, sept à huit livres, au cas où elle ne convient pas, sept à huit hommes.

    3. C'est à lui à qui on en veut. Dites c'est à lui qu'on en veut, ou c'est lui à qui on en veut. L'usage actuel condamne la répétition de à ; et c'est en effet un pléonasme. Ainsi on trouve une faute dans ce vers de Boileau : C'est à vous, mon esprit, à qui je veux parler, Sat. IX. Mais si Boileau y avait vu une faute, il lui était bien facile de l'éviter, en mettant : Oui, c'est vous, mon esprit, à qui je veux parler. Le fait est que de son temps cela n'était pas considéré comme une faute. Ses contemporains ne se font aucun scrupule de répéter à. Que de son cuisinier il s'est fait un mérite, Et que c'est à sa table à qui l'on rend visite. [Molière, Le misanthrope] Les auteurs plus anciens usent également de cette façon de parler. Aujourd'hui on rejette absolument ce pléonasme.

    4. On dit, à Paris, à Bordeaux, quand il s'agit de la demeure, soit fixe, soit passagère. Il est à Paris, il réside à Paris, il passera quelques jours à Paris ; autrement, on peut dire dans : il y a douze cent mille habitants dans Paris

    5. à devant les noms de lieux. 1° On se sert toujours de à devant les noms de villes ou de villages : aller ou résider à Paris, à Meudon, à Saint-Cloud ; 2° de en devant les noms de continents, de pays, de provinces, quand ils sont féminins. Aller ou résider en France, en Afrique, en Algérie, en Angleterre, en Normandie ; 3° de à, s'ils sont masculins : aller ou résider au Japon, au Mexique, au Canada, au Perche, au Maine : Cependant on dit : en Portugal, en Danemark, en Béarn, bien qu'ils soient masculins ; 4° autrefois la distinction entre l'emploi de à et celui de en n'était pas faite, et l'on disait aller à l'Amérique. L'un des trois jouvenceaux Se noya dès le port, allant à l'Amérique. [La Fontaine, Fables] De cet ancien usage il est resté, à la Chine : aller à la Chine ; mais on commence à dire de préférence, en Chine.

    6. C'est à vous à faire cela ; c'est à vous de faire cela. Ces deux tournures s'emploient l'une et l'autre et sont équivalentes ; il est impossible de fixer entre elles une nuance réelle et fondée sur l'usage. C'est au prince à juger de ses ministres. [D'ablanc. dans BOUHOURS] Ces deux tournures, autorisées par l'usage, n'ont pas un titre égal devant la grammaire. C'est à vous de parler s'explique grammaticalement : de parler est à vous. Mais c'est à vous à parler ne s'explique pas ; il faut y voir une incorrection causée par l'oreille, que le premier à décida à en vouloir un second.

    7. On doit répéter la préposition à devant chacun de ses compléments : il écrit à Pierre et à Jean, et non, il écrit à Pierre et Jean ; il aime à lire et à écrire, et non à lire et écrire. Ainsi on n'imitera pas ces exemples de Molière : On sait bien que Célie A causé des désirs à Léandre et Lélie. [Molière, L'étourdi, ou Les contretemps] Exceptions : Parmi tous les romans de l'antiquité, je donne la préférence à Théagène et Chariclée, parce que ces deux mots Théagène et Chariclée, étant le titre d'un ouvrage, ne font qu'une expression unique. Par la même raison on dira, il aime à aller et venir, parce qu'aller et venir forment une locution. On pourra semblablement supprimer à quand deux verbes placés l'un à côté de l'autre ressembleront à une locution ; ce qui est délicat à apprécier. Supprimer à n'est point une faute contre la logique ou la grammaire ; c'est seulement une faute contre un usage qui, dans le fait, est favorable à la clarté.

    8. à se répète avec l'un et l'autre. Cela convient à l'un et à l'autre, et non à l'un et l'autre. Cependant, en poésie, la règle ne s'observe pas. À l'une ou l'autre enfin votre âme à l'abandon Ne lui pourra jamais refuser ce pardon. [Corneille, Pertharite, roi des Lombards]

    9° Locut. vic. Le fils à Guillaume. Loc. corr. Le fils de Guillaume. Le rapport d'origine n'est plus marqué par la prép. à. Ne dites pas non plus, la maison à mon père. Loc. vic. Je suis l'aîné à mon frère qui est à Paris. Loc. corr. Je suis l'aîné de mon frère qui est à Paris. Loc. vic. Je suis cousin à votre apothicaire. Loc. corr. Je suis cousin de votre apothicaire. Loc. vic. Sept ôtés de dix, reste à trois. Loc. corr. Sept ôtés de dix, reste trois ; comme s'il y avait, il reste trois. Loc. vic. Il demeure à la grande rue. Avez-vous votre mouchoir à la poche ? Loc. corr. Il demeure dans la grande rue. Avez-vous votre mouchoir dans votre poche ?

    +

    À.

    29Ajoutez : Pour l'emploi populaire et archaïque de à au sens possessif, on peut citer : épouvantail à chènevière, et cet exemple de La Fontaine :.... car le greffe tient bon, Quand une fois il est saisi des choses : C'est proprement la caverne au lion, Oraison.

    Joinville disait comme nos paysans : La comtesse Marie qui fut soeur au roi de France, édit. de la Bibl. nat. p. 17.

     

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    • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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    Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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