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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 13:00

 

Aujourd'hui, les linguistes s'accordent pour considérer le conditionnel présent et passé comme des temps de l'indicatif.

 

On distingue :

>le futur du passé, qu'on appelait conditionnel-temps.

>et le futur hypothétique qui implique une condition, une supposition, une hypothèse. On l'appelait conditionnel-mode. On trouve aussi d'autres appellations comme conditionnel modal.

 

Le futur du passé

 

Considérons la phrase :

Tu me dis que tu partiras demain.

dis, indicatif présent – partiras, futur

Si l'on met cette phrase au passé, on obtient :

Tu me disais que tu partirais le lendemain

disais, indicatif imparfait – partirais, conditionnel présent, futur du passé. 

 

Tu me dis que tu partiras demain dès que tu auras reçu son coup de fil.

auras reçu, futur antérieur.

Tu me disais que tu partirais le lendemain dès que tu aurais reçu son coup de fil.

aurais reçu, conditionnel passé, futur antérieur du passé.

 

Le temps du verbe de la proposition principale entraîne celui de la subordonnée. C'est ce que l'on appelle la concordance des temps.

 

>> *La concordance des temps dans les propositions subordonnées

 

 

Le futur hypothétique

 

Si vous venez, je m'en réjouirai.

réjouirai, futur.

futur simple ou futur catégorique en opposition au futur hypothétique, distinction proposée par le linguiste Gustave Guillaume.

si vous venez, proposition subordonnée conditionnelle – venez, indicatif présent.

La chose est possible.

 

Si vous veniez, je m'en réjouirais.

réjouirais conditionnel présent, futur hypothétique.

si vous veniez, proposition subordonnée conditionnelle – veniez, indicatif imparfait.

La chose n'existe pas, elle ne s'accomplit pas dans le présent : c'est l'irréel du présent. Mais il n'est pas exclu qu'elle arrive.

 

Si vous étiez venu, je m'en serais réjoui.

je m'en serais réjoui, verbe au conditionnel passé futur hypothétique du passé.

si vous étiez venu, proposition subordonnée conditionnelle – étiez venu, indicatif plus-que parfait.

La chose n'a pas eu lieu, c'est l'irréel du passé.

 

Même sens, style littéraire :

Si vous fussiez venu, je m'en fusse réjoui.

fusse réjoui, conditionnel passé (appelé 2ème forme)

si vous fussiez venu, subjonctif plus-que parfait à valeur de conditionnel passé.

 

Le subjonctif plus-que parfait et le conditionnel passé (2ème forme) ont la même forme. Ils appartiennent à la langue littéraire.

 

Conjugaison du subjonctif plus-que parfait : l'auxiliaire avoir ou l'auxiliaire être au subjonctif imparfait suivi du participe passé.

 

J'eusse aimé

tu eusses aimé

il eût aimé

nous eussions aimé

vous eussiez aimé

ils eussent aimé

Je fusse parti

tu fusses parti

il fût parti

nous fussions partis

vous fussiez partis

ils fussent partis

 

Sur le futur hypothétique et le futur antérieur hypothétique

 

"La véritable époque du futur hypothétique, autrement dit du conditionnel, c'est non pas le futur , mais le présent, avec ceci de particulier que le présent en question reste un présent ouvert intériorisant l'extension entière du futur."

Esquisse d'une grammaire descriptive de la langue française - de Georges Garnier, Thomas Lavoie, Guy Cornillac - 1945-1946

............................................

 

"Augmente-t-on cette part d'hypothèse, on voit alors paraître le futur antérieur hypothétique, plus exactement le futur hypothétique de l'aspect transcendant, généralement dénommé conditionnel passé.

Le rôle de cette forme est assez complexe et ses emplois peuvent être ramenés à deux cas généraux. Un premier cas, où la pensée outrepasse une hypothèse à laquelle elle n'accorde plus d'avenir - une hypothèse construite par l'esprit en face d'un avenir fermé pour elle - est régulièrement indiquée par le conditionnel passé. Exemple : Si j'en avais eu la possibilité, j'aurais beaucoup voyagé. L'hypothèse des voyages est, dans cet exemple (emprunté à la grammaire Larousse du 20e siècle), une hypothèse dont l'avenir négatif, l'absence d'avenir, fait la substance du propos.

Au cas où le propos introduirait en lui, sous le signe positif, l'avenir de l'hypothèse conçue, on aurait le futur hypothétique simple. Par exemple : Si j'en avais la possibilité, je voyagerais beaucoup. La possibilité me fait défaut présentement, mais la phrase n'exclut pas expressément qu'elle puisse survenir."

Leçon du 25 mai 1944, série A, Leçons de linguistique de Gustave Guillaume, 1943-1944, série A, Esquisse d'une grammaire descriptive de la langue française II, publiées sous la direction de R. Valin, W. Hirtle et A. Joly, Québec, Presses de l'Université Laval, et Lille, Presses Universitaires de Lille, 1990, pp. 303-315


 

EXERCICE

 

Complétez avec un verbe au conditionnel.

Précisez si c'est un futur du passé, un futur antérieur du passé, un futur hypothétique ou un futur antérieur hypothétique.

 

1-Je (te faire plaisir) si tu me l'avais demandé.

 

2-On m'a dit que tu (venir au conditionnel présent) après que tu (finir) ton travail.

 

3-On m'a dit que tu (venir) si tu avais pu.

 

4-Rien (ne pouvoir) me décider, même si tu m'y avais forcé.

 

5-Je ne te pardonnerais pas quand bien même tu me (supplier) à genoux

 

6-Je ne savais pas si tu me (donner) la permission de minuit.

 

7-Dans le cas où vous me (donner au subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé)) quelque mission urgente, vous me le (faire savoir)

 

8-Attendu que vous (devoir) porter secours à cette vieille dame et que, de surcroît, vous lui avez asséné un coup sur la tête pour l'immobiliser, vous êtes redevable d'une amende, assortie d'un sursis.

 

9-Je lui (donner) toute ma fortune s'il avait fait cas de moi.

 

10-Au fur et à mesure qu'on se spécialiserait, on (résoudre) le plus grand nombre de questions scientifiques.

 

11-Je lui ai affirmé qu'on ne punirait jamais les coupables après qu'on leur (dire) qu'ils n'étaient que responsables.

 

12-Quoi ? J'aurais faibli à mesure que le temps (passer) !

 

13-Rien ne (être) plus comme avant si tu refusais de m'écrire.

 

14-Tout (se passer) avec lui ainsi que je l'avais imaginé.  Stupéfiant, non ?

 

15-Au cas où tu (vouloir) me faire plaisir, invite-moi au restaurant et plus si affinités.

 

16-Elle n'a rien fait pour redresser la situation à tel point que je lui (venir) pas en aide si elle me le demandait.

 

17-Elle ignorait que sa vie (être) aussi dure.

 

18-Aurais-tu fait cela aussi bien qu'elle à supposer que je te le (demander) ?

 

19-Je ne pouvais supposer qu'elle me (trahir)

 

 

Correction

 

1-Je (te faire plaisir) si tu me l'avais demandé.

Je t'aurais fait – conditionnel passé, futur antérieur hypothétique

2-On m'a dit que tu (venir au conditionnel présent) après que tu (finir) ton travail

tu viendrais – conditionnel présent, futur du passé

tu aurais fini - futur antérieur du passé

3-On m'a dit que tu (venir) si tu avais pu.

tu serais venu - conditionnel passé, futur antérieur hypothétique

4-Rien (ne pouvoir) me décider, même si tu m'y avais forcé.

Rien n'aurait pu - conditionnel passé, futur antérieur hypothétique

5-Je ne te pardonnerais pas quand bien même tu me (supplier) à genoux

tu me supplierais - conditionnel présent, futur hypothétique

voir l'article : Quand - même quand - quand même - quand bien même - quand bien - quand même que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

6-Je ne savais pas si tu me (donner) la permission de minuit.

si tu me donnerais - conditionnel passé, futur du passé dans une subordonnée interrogative indirecte introduit par l'adverbe interrogatif si.

7-Dans le cas où vous me (donner au subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé)) quelque mission urgente, vous me le (faire savoir)

vous m'eussiez donné

vous me l'auriez fait savoir

ou/vous me l'eussiez fait savoir

conditionnel passé,

futur du passé hypothétique

8-Attendu que vous (devoir) porter secours à cette vieille dame et que, de surcroît, vous lui avez asséné un coup sur la tête pour l'immobiliser, vous êtes redevable d'une amende, assortie d'un sursis.

vous auriez dû

conditionnel passé,

futur antérieur hypothétique

 

9-Je lui (donner) toute ma fortune s'il avait fait de moi.

Je lui aurais donné

conditionnel passé, futur antérieur hypothétique

10-Au fur et à mesure qu'on se spécialiserait, on (résoudre) le plus grand nombre de questions scientifiques.

on résoudrait

conditionnel présent,

futur hypothétique

11-Je lui ai affirmé qu'on ne punirait jamais les coupables après qu'on leur (dire) qu'ils n'étaient que responsables.

après qu'on leur aurait dit

conditionnel passé, futur du passé

>>Vb de la principale au présent :

Je lui affirme qu'on ne punira jamais les coupables après qu'on leur aura dit qu'ils n'étaient que responsables.

12-Quoi ? J'aurais faibli à mesure que le temps (passer) !

le temps aurait passé

conditionnel présent,

futur hypothétique

13-Rien ne (être) plus comme avant si tu refusais de m'écrire.

rien ne serait

conditionnel présent,

futur hypothétique

14-Tout (se passer) avec lui ainsi que je l'avais imaginé.  

Stupéfiant, non ?

tout se serait passé

conditionnel passé,

futur antérieur hypothétique

15-Au cas où tu (vouloir) me faire plaisir, invite-moi au restaurant et plus si affinités.

tu voudrais

conditionnel présent,

futur hypothétique

16-Elle n'a rien fait pour redresser la situation à tel point que je lui (venir) pas en aide si elle me le demandait.

je ne lui viendrais

conditionnel présent,

futur hypothétique

17-Elle ignorait que sa vie (être) aussi dure.

sa vie serait

conditionnel présent,

futur du passé

18-Aurais-tu fait cela aussi bien qu'elle à supposer que je te le (demander) ?

je te l'aurais demandé

conditionnel passé,

futur antérieur hypothétique

19-Je ne pouvais supposer qu'elle me (trahir)

elle me trahirait

conditionnel présent,

futur du passé.

 

Pour en savoir +

 

 

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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