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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 09:16

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Jetant des regards furtifs de droite et de gauche pour s'assurer que personne ne nous entrapercevait, Alcmène m'emmena au fond du jardin où était aménagée une fosse qui ne laissait passer aucune onde de quelque nature qu'elle fût.

Lorsque la trappe fut retombée sur nous, l'atmosphère cotonneuse semblait faire barrage à nos voix qui en étaient tout assourdies. Le silence épais donnait à entendre des bruits inconnus qui venaient de l'intérieur de notre enveloppe charnelle, inaudibles dans les situations ordinaires de la vie, comme le sang canonnant sous nos tempes, le chuintement de nos alvéoles pulmonaires qui se déployaient et se repliaient à chaque souffle, nos viscères qui travaillaient sans relâche, mettant au turbin° enzymes et bactéries, notre système lymphatique qui charriait incessamment, et pas si lympathiquement que ça, ses petits soldats toujours prêts à l'attaque de microbes effrontés, nos ligaments et nos tendons qui bandaient dans l'effort pour maintenir notre équilibre, et le va-et-vient humide de nos paupières qui s'alourdissaient dans la pénombre.

J'attendais, anxieuse, l'explication d'Alcmène.

 

J'eus un instant le souvenir fugace d'un lieu clos où j'avais souffert un martyre si douloureux qu'il restait gravé en moi, profondément, jusqu'à me tarauder encore, bien que je fusse à l'abri du bourreau que j'avais fui. Mais il était trop tôt encore pour que la cicatrice se fût effacée, et il m'aurait fallu un psy expert en victimologie* pour me guérir des réminiscences qui me torturaient à chaque fois qu'une situation nouvelle me renvoyait aux épreuves endurées avec Marie Cratère.

 

Prétatou, qui s'était faufilé entre nos jambes, serait le témoin de notre conversation. C'est avec acuité qu'il percevait déjà l'émotion dans nos voix. L'oreille dressée et la queue immobile, on eût pensé, à le voir ainsi, se retenant de haleter, qu'il s'impliquait tout entier dans cette affaire.

...................................................................................

*David Servan-Schreiber, neuropsychiatre nous fait part de ses découvertes en neurobiologie dans les livres qu'il a écrits (Guérir, anti-cancer, etc.) Il a travaillé sur une méthode l'EMDR, qui vise à contrôler l'amygdale, où siègent nos émotions, afin de les archiver dans notre cortex frontal. Cette méthode, reconnue par l'INSERM en 2004 soigne le syndrome de stress post-traumatique par le mouvement de l'oeil. Voir sur la toile : David Servan-Schreiber, les vidéos proposées sur la question, EMDR, le cerveau émotionnel, etc.

EMDR, Eye Movement Desentization and Reprocessing – Reprogrammation et Désensibilisaton par le Mouvement de l'Oeil

Le 24 juillet 2011, David Servan-Schreiber meurt. Je suis triste.

Retrouver la note sur nos trois cerveaux à la suite du texte 67

 

NOTES

Personne ne nous entrapercevait

Entrapercevoir, on peut rencontrer entr'apercevoir. Apercevoir à peine, de façon rapide et fugitive.

Voir l'article L'agglutination – entr'acte ou entracte, grand'mère ou grand-mère, appui-tête ou appuie-tête, garde-meuble ou garde-meubles, des soutiens-gorge ou des soutien-gorge, un et des faire-part...

 

qui ne laissait passer aucune onde de quelque nature qu'elle fût

fût, subjonctif imparfait

de quelque nature qu'elle soit, subjonctif présent.

voir  l'article Quelque... que

 

l'atmosphère cotonneuse semblait faire barrage à nos voix qui en étaient tout assourdies

Cotonneuse, dérivés de mots se terminant par ON voir note du texte 63.

poumon, s'époumon(n)er, pulmonaire. 1N

tout assourdies, tout adverbe invariable mais pas tout le temps.

Voir l'article Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif

 

les petits soldats de notre système lymphatique, les lymphocytes.

 

Aller au turbin° (argot) aller au boulot.

 

nos ligaments et nos tendons qui bandaient dans l'effort

Les ligaments relient les os entre eux dans les articulations.

Les tendons relient les muscles aux os.

 

il était trop tôt encore pour que la cicatrice se fût effacée

Le verbe s'effacer est au plus-que-parfait du subjonctif.

Subjonctif après la locution conjonctive pour que qui introduit une subordonnée finale (de but)

Voir l'expression du but dans la note du texte 51

 

j'avais souffert un martyre si douloureux

un martyre ou un martyr ? (Reprise de la note du texte 1)

Un martyre, souffrance ou mort endurée pour une cause, un idéal. Le martyre des premiers Chrétiens.

Par extension, une grande douleur.

Il lui a fait subir un martyre.

Un martyr, une martyre - substantif

celui ou celle qui a souffert et mort pour sa foi.

Saint Irénée, grec de naissance et évêque de Lyon mourut en martyr.

victime, celui qui souffre ou a souffert physiquement ou psychologiquement.

martyr(e) - adjectif qualificatif

un enfant martyr, une petite fille martyre.

 

Prétatou serait le témoin de notre conversation.

Serait, futur du passé 

Le conditionnel ne serait-il plus un mode ? Le futur du passé - Le futur hypothétique

 

On eût pensé qu'il s'impliquait tout entier

eût pensé, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé (deuxième forme)

> on aurait pensé...

 

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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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