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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 12:06

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Nous traversâmes le jardin des roses. L'air s'embaumait.

Toute une collection des plantes les plus précieuses nous faisait une haie d'honneur ; les vigoureux rosiers grimpants aux feuilles denses et luisantes escaladaient des arbustes palissés ; les rosiers buissons balançaient mollement leurs larges fleurs solitaires perchées sur leur haute tige épineuse ; d'autres supportaient avec grâce leurs bouquets d'une vingtaine de petites fleurs serrées, suspendues sur des rameaux tout hérissés ; les rosiers lianes, souples et dociles, s'étaient laissés suspendre sur des arceaux et des pergolas.

Je vous épargnerai la liste du nom des roses que l'on s'était appliqué à inscrire sur de petits panneaux discrets pour instruire le curieux. Je ne vous parlerai pas de la Compassion, de la Dublin Bay Macdub, de la Handel macha, de la Gloire de Dijon, ni de la Buff beauty, de la Céleste, de la Complicata, de la Constance Spry, encore moins de la Bobbie James, de la Veilchen Blau, de la Seagull, de la Félicité Perpétue. Je ne vous dirai rien d'elles, ni de leur couleur, ni de leur parfum, ni de leur délicate architecture.

Mes sens enivrés me plongèrent dans une muette rêverie.

 

Quelqu'un, soudain, me surprit. Venant de derrière moi sans crier gare, on me chuchota à l'oreille :

Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses,

L'espace d'un matin...*

Je fronçai le sourcil. Passe encore qu'un jeune homme osât m'aborder aussi cavalièrement en usant de la poétique, mais qu'il m'arrachât à la contemplation des merveilles de la nature, quelle impudence !

 

« Je vois, monsieur, que vous voulez entrer en conversation avec moi. Je vous y autorise à la condition que vous me serviez d'éclaireur dans ce labyrinthe où il n'est point aisé de se retrouver.

Qu'y a-t-il que je puisse faire pour vous être agréable, madame ?

Je cherche la table des calendriers, et je n'ai trouvé personne pour me l'indiquer. »

Sans attendre que j'émisse un soupir de protestation, le jeune inconnu me prit par la main, et je me laissai conduire en silence jusqu'à un vaste plateau circulaire où des aiguilles pivotaient, en des rythmes divers qui se télescopaient, les unes marquant les années, les autres les mois, d'autres encore les jours. Les minutes et les secondes n'étaient pas oubliées et les trotteuses sautillaient à vous donner le vertige. Le tout dans un kaléidoscope étourdissant qui marquait les civilisations et les pays, imbriqués les uns dans les autres, à vous faire perdre le nord.

« Quelle confusion ! m'exclamai-je. À y regarder trop, je n'y vois goutte. »

 

Et c'est ainsi que, grâce à la patience de mon sauveur pédagogue, je sus enfin que 6780 était l'année hébraïque où nous étions, 6112, l'année des Hindous, 5707 concernait les Bouddhistes,1098, les Chinois depuis l'avènement de leur République, 3056, ceux qui en étaient restés au calendrier Julien, 3763 donnait l'année ab urbe condita, les Persans étaient dans leur 2389ème année, et les nostalgiques de la Révolution Française en était restés à 1217.

Le seul repère que j'avais, la seule date que je connaissais, était l'An I de la République en 1792. Pour me situer dans mon année, moi qui étais française de souche, habitant dans un coin de France, je fis le calcul facile qui était d'additionner 1217 à 1792 et d'y ajouter 1, ce qui me donna l'année 3010.

« Ah, fis-je mine de m'écrier, voici l'année du calendrier grégorien, 3010. »

Et, triomphante, je pointai du doigt le nombre qui figurait sur l'immense ronde des dates.

Je venais enfin de me situer dans le temps des hommes.

 

Les années passent. Les hommes passent. L'humanité perdure. Jusqu'à quand ?

..............................................................  

*Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses,

L'espace d'un matin...

François de Malherbe, 1555-1628.

Le poète avait écrit :

Et Rosette a vécu ce que vivent les roses,

L'espace d'un matin...

Mais une faute de copiage de l'imprimeur a donné ce vers ineffable :

Et Rose, elle a vécu ce que vivent les roses...

Mais peut-être n'est-ce qu'une légende...

Pour en savoir + sur Malherbe Une petite histoire de la langue française - Chapitre 12 - XVIIe siècle (1) - À L'AUBE DE LA LANGUE CLASSIQUE - Les grammairiens façonnent notre langue - Malherbe - Vaugelas - L'Académie Française

 

NOTES

L'air s'embaumait

Embaumer, remplir d'une bonne odeur.

S'embaumer, être imprégné d'une bonne odeur. cf. Littré

 

Note de mamiehiou : Vous l'aurez compris, cette histoire se passe dans mille ans puisque nous sommes encore en 2010.

Plus que quelques jours et nous passerons en 2011. Bon Noël à tous !

 

Je vous épargnerai... Je ne vous parlerai pas...

La Prétérition, figure de style. On affirme qu'on ne va pas vous parler de quelque chose pour ensuite vous en parler quand même.

 

m'aborder aussi cavalièrement en usant de la poétique

Une Poétique, un traité de l'art de la poésie. Cf. La Poétique d'Aristote.

 

à y regarder trop, je n'y vois goutte

voir la note sur les adverbes de négation archaïques

> Je ne marche pas, je ne vois point, je ne mange mie, je ne bois goutte

 

<< 105 Délires sur une réponse qui se fait attendre + Les sentences chères à Montaigne

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 09:36

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Flanquée de mon robotus amoureux et de mon Prétatou qui trottinait, la queue raide et dressée comme l'arborent les chiens sûrs d'eux et qui veulent en remontrer, je déambulais dans le Jardin* qui, malgré l'heure matinale, était envahi de promeneurs. Certains flânaient, semblait-il, sans but précis, goûtant la douceur tiède de l'été sur le déclin, d'autres, pressés, couraient en tous sens à la recherche probable de connaissances.

 

    « Mon cher Roboland, demandai-je, pourrais-tu m'indiquer où se trouve la carte des calendriers ? Il me tarde de débrouiller une liste sibylline de dates variées que Robobert m'a donnée sans m'éclairer.

   — Que veux-tu donc savoir, ma petite Oli ? », murmura-t-il d'une voix de crécelle qu'il s'efforçait en vain d'adoucir. « Et parle-moi un peu de cette liste qui te turlupine. »

   — Je l'ai notée quelque part, dis-je en fouillant jusqu'au tréfonds de mes poches. La voilà : 6780, 6112, 5707, 1098, 3056, 3763, 2389, 1217*.

 

Je pus lire dans le regard de mon guide un éclair d'affolement. Ses doigts grincèrent quand ils se mirent à gratter son front avec application.

    « 6780, 6112, 5707, 1098, 3056, 3763, 2389, 1217... reprit-il, comme absorbé par des calculs qui semblaient ne plus devoir finir. Voyons voir,  6780, 6112, 5707, 1098, 3056, 3763, 2389, 1217... »

 

J'avais compris depuis longtemps qu'il ne servait à rien de montrer son impatience et  je rongeais mon frein° en gardant l'espoir que le temps de la réflexion remettrait en place les idées de Roboland. Mais comme les minutes s'écoulaient sans qu'aucun son nouveau ne sortît de la bouche de mon robotus pétrifié, j'en déduisis que la confusion de ses idées, sans aucun doute possible, venait de sa timidité excessive doublée de l'envie de ne pas me décevoir, ce qui le paralysait définitivement.

 

Prétatou fit un bond en arrière quand Roboland se mit à hoqueter.

Nous avions déjà vécu la chose et il eût été inutile de nous affoler. Je n'allais tout de même pas me laisser tournebouler sous prétexte qu'un robotus se déglinguait. Je décidai donc de le planter là, en proie à ses soubresauts intempestifs.

Prétatou m'approuva.

    « Laissons-le donc là, en proie à ses soubresauts intempestifs. Qu'il se déglingue donc à sa guise ! Nous n'allons quand même pas nous faire avoir une seconde fois ! »

Et, tout en lançant à Roboland un regard de biais, ce docte penseur ajouta une sentence sans appel : « On est timide parce qu'on voudrait paraître mieux que ce que l'on est de crainte d'être jugé. La timidité cache un orgueil démesuré. »

    « Tout n'est pas si simple, ajoutai-je, sans vouloir trouver des excuses à qui que ce fût. Tout n'est pas si simple... »

 

Sur ce, nous continuâmes notre chemin à la recherche d'un guide plus performant.

...........................................................

* 6780, 6112, 5707, 1098, 3056, 3763, 2389, 1217. cette liste de nombres est censée nous donner la date où nous sommes dans l'histoire. Voir le texte Les Délires n°99. Si l'on fait un calcul savant, en consultant les calendriers, on doit pouvoir la trouver. La solution sera dans le prochain texte.

 

NOTES

Le Jardin des Délices et de la Connaissance

 voir le texte n°95

 

comme l'arborent les chiens sûrs d'eux et qui veulent en remontrer

Arborer, montrer ostensiblement.

On veut en remontrer quand on se croit supérieur aux autres.

 

une suite sibylline de dates variées

Sibyllin, incompréhensible.

 

Une voix de crécelle, une voix aiguë et désagréable.

Une crécelle, instrument en bois, sorte de tourniquet qui sert à faire du bruit. On s'en servait dans les rues, il y a très longtemps, du jeudi saint au samedi saint, avant le jour de Pâques, quand les cloches ne sonnaient plus.

 

Ronger son frein°, contenir son impatience sans rien laisser paraître.

 

en proie à ses soubresauts intempestifs

Intempestif, inopportun.

 

ce docte penseur ajouta une sentence sans appel

Une sentence - Ici, un aphorisme, une maxime, une pensée morale qui a pour dessein d'édifier le lecteur.

 

<< 104 Délires sur l'incongruité de la jalousie + QUIZ 21 - Des inventeurs et des inventions - Tu n'as pas inventé le fil à couper le beurre

>> 106 Délires où je me retrouve enfin

 

Michel de Montaigne (1533-1592) l'auteur des ESSAIS, avait fait peindre sur les poutres de sa librairie (sa bibliothèque où il écrivait), plusieurs sentences qu'il aimait méditer.

 

Les voici, traduites du grec et du latin :

1. Le bout du savoir pour l'homme est de considérer comme bon ce qui arrive, et pour le reste d'être sans souci. (Ecclésiaste)

2. Dieu a donné à l'homme le goût de connaître pour le tourmenter. (Ecclésiaste)

3. Le vent gonfle les outres vides, l'outrecuidance les hommes sans jugement. (Stobée)

4. Tout ce qui est sous le soleil a même fortune et loi. (Ecclésiaste)

5. La vie la plus douce, c'est de ne penser à rien. (Sophocle)

6. Ce n'est pas plus de cette façon ou de celle-là ou que d'aucune des deux. (Sextus Empiricus)

7. Du grand et du petit monde des choses que Dieu a faites en si grand nombre, la notion est en nous. (Ecclésiaste)

8. Car je vois que tous, tant que nous sommes, nous ne sommes rien de plus que des fantômes ou une ombre légère. (Sophocle)

9. Ô malheureux esprit des hommes ! Ô coeurs aveugles ! En quelles ténèbres de la vie, et dans quels grands périls s'écoule ce tout petit peu de temps que nous avons ! (Lucrèce)

10. Celui qui d'aventure se prend pour un grand homme, le premier prétexte l'abattra complètement. (Euripide)

11. Toutes les choses, avec la terre, le ciel et la mer, ne sont rien auprès de la totalité du grand tout. (Lucrèce)

12. As-tu vu un homme qui se figure sage ? Un dément donnera plus que lui à espérer. (Proverbes)

13. Puisque tu ignores comment l'âme est unie au corps, tu ne connais pas l'oeuvre de Dieu. (Ecclésiaste
)

14. Cela peut être et cela peut ne pas être. (Sextus Empiricus)

15. Le bon est admirable. (Platon)

16. L'homme est d'argile

17. Ne soyez point sages à vos propres yeux. (
Ad Rom)

18. La superstition obéit à l'orgueil comme à son père. (Stobée)

19. Dieu ne laisse personne d'autre que lui-même s'enorgueillir. (Hérodote)

20. Ne crains ni ne souhaite ton dernier jour. (Martial)

21. Homme, tu ne sais si ceci ou cela te convient plus, ou l'un et l'autre également. (Ecclésiaste)


22. Je suis homme, je considère que rien d'humain ne m'est étranger. (Térence)

23. Ne sois pas plus sage qu'il ne faut, de peur d'être stupide. (Ecclésiaste )


24. L'homme qui présume de son savoir ne sait pas encore ce que c'est que savoir. (Corinthiens)

25. L'homme qui n'est rien, s'il pense être quelque chose, se séduit soi-même et se trompe. (
Ad Galates)

26. Ne soyez pas plus sages qu'il ne faut. (Romains)

27. Aucun homme n'a su, ni ne saura rien de certain. (Xénophane)

28. Qui sait si vivre est ce qu'on appelle mourir, et si mourir c'est vivre ? (Euripide, cité par Stobée)


29. Toutes les choses sont trop difficiles pour que l'homme puisse les comprendre. (Ecclésiaste)

30. On peut dire beaucoup de paroles dans un sens et dans l'autre. (Homère)

31. Le genre humian est excessivement avide de récits. (Lucrèce)

32. Quelle inanité dans les choses ! (Perse)

33. Partout vanité ! (Ecclésiaste
)

34. Garder la mesure, observer la limite et suivre la nature. (Pharsale)

35. Pourquoi te glorifier, terre et cendre ? (Ecclésiaste)

36. Malheur à vous qui êtes sages à vos propres yeux ! (Isaïe)

37. Jouis agréablement du présent, le reste est en dehors de toi.

38. À tout raisonnement on peut opposer un raisonnement d'égale force. (Sextus Empiricus)

39. Notre esprit erre dans les ténèbres et ne peut, aveugle qu'il est, discerner le vrai. (Michel de l'Hospital)


40. Dieu a fait l'homme semblable à l'ombre, de laquelle qui jugera quand, par l'éloignement de la lumière, elle sera évanouie ?(Ecclésiaste)

41. Il n'y a rien de certain que l'incertitude, et rien plus misérable et plus fier que l'homme. (Pline)

42. De toutes les oeuvres de Dieu, rien n'est plus inconnu à n'importe quel homme que la trace du vent. (Ecclésiaste)

43. Chacun des dieux et des hommes a ses préférences. (Euripide)

44. L'opinion que tu as de ton importance te perdra, parce que tu te crois quelqu'un. (Ménandre, dans Stobée)

45. Les hommes sont tourmentés par l'opinion qu'ils ont des choses, non par les choses mêmes. (Épictète)

46. Il est bien que le mortel ait des pensées qui ne s'élèvent pas au-dessus des hommes. (Euripide)

47. Pourquoi fatiguer ton esprit d'éternels projets qui te dépassent ? (Horace)

48. Les jugements du Seigneur sont un profond abîme. (
Psaume)

49. Je ne décide rien. (Sextus Empiricus)

50. Je ne comprends pas. (Sextus Empiricus)

51. Je suspends mon jugement. (Sextus Empiricus)

52. J'examine. (Sextus Empiricus)

53. En ayant pour guides la coutume et les sens.

54. Par le raisonnement alternatif.

55. Je ne puis comprendre. (Sextus Empiricus)

56. Rien de plus.

57. Sans pencher d'un côté.

 

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>> 106 Délires où je me retrouve enfin

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 18:19

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« Devrais-je attendre encore longtemps ? » se permit de me souffler Prétatou qui s'attachait de plus en plus à ma personne.

Tout autre corniaud se fût laissé emporter par de joyeuses cabrioles ou d'intempestifs aboiements pour traduire son impatience ; les chiens et leurs maîtres savent de quoi je parle. Pour ce qui était de Prétatou, il me suffisait de lui apprendre que ses paroles frisaient l'impertinence et l'impolitesse, pour que, immédiatement, il calmât ses ardeurs émotionnelles.

« Je te comprends, Oli, je te comprends quoi que tu me dises... C'est si facile », reprit-il, docile.

Il devenait ainsi le cabot le plus policé du monde. Le seul signe dont il ne pouvait se défaire était le balancement plus ou moins vif de la queue, à la vue duquel on pouvait mesurer son degré d'excitation.

« Allons-y mon ami, déclarai-je. »

Il ne se tint plus de joie, mais ne pipa.

 

C'est ainsi que, quelques minutes plus tard, nous passâmes derechef le grand portail qui servait d'entrée au Jardin. La note résonna de son étrange vibrato. Était-ce pour annoncer notre arrivée ? Je n'aurais su le dire bien que je le supposasse. Nous étions donc repérés mais nous n'en avions cure.

Et voilà que, du plus loin que nous l'apercevons, notre robotus préféré, qui est tout empressement, accourt à notre rencontre, et si vite que cliquette sa carcasse dégingandée.

« Tout doux, Roboland, tout doux ! m'exclamai-je. Te voilà donc tout brillamment nickelé. Je suis ravie de te revoir. Sache que Robobert, tout fort et fier qu'il est, ne peut te remplacer. »

Tout en prononçant ces paroles qui n'avaient pour dessein que de redonner confiance à Roboland encore tout essoufflé, j'entrevis le susdit Robobert au visage émacié de jalouseté.

« Se peut-il que le métal dont sont faits ces roboti se corrode ainsi ? me demandai-je. »

« Un toilettage aura tôt fait de le rendre nickel chrome », ironisa mon Prétatou qui voyait d'un mauvais œil les œillades que ce malappris de Robobert m'adressait.

Dépité, le robotus éconduit tourna les talons.

Il n'est rien comme la jalousie pour absorber un robotus tout entier.*

 

« Et maintenant, allons donc voir les calendriers », m'empressai-je de proposer.

Mon impatience n'avait que trop duré.

.....................................................................

Cf. Milan Kundera : Il n'est rien comme la jalousie pour absorber un être humain tout entier.  

   

NOTES

Tout autre corniaud se fût laissé emporter par de joyeuses cabrioles. 

♦ Un corniaud, un chien bâtard, un chien mâtiné, un chien qui n'est pas de race pure.

♦ se fût laissé emporter, se serait laissé emporter, conditionnel passé 2e forme et 1re forme.

 

il devenait ainsi le cabot le plus policé du monde

Policé, éduqué.

 

il ne se tint plus de joie mais ne pipa

Ne pas piper, ne pas souffler mot, ne rien dire.

Piper, émettre un petit cri.

Un poussin, un poulet ou un petit oiseau pipe.

 

nous passâmes derechef le grand portail

derechef, de nouveau.

> Ne pas confondre NOUVEAU l'adjectif un nouvel ami et l'adverbe des nouveau-nés, les locutions adverbiales À NOUVEAU et DE NOUVEAU

 

la note résonna de son étrange vibrato

Un vibrato, modulation d'un son, d'une note de musique.

 

Nous n'en avions cure, cela nous était égal.

 

Le susdit Robobert, Robobert que j'ai mentionné plus haut.

susdite, susdits, susdites - susmentionné

 

se peut-il que le métal dont sont faits ces roboti se corrode ainsi

un robotus, des roboti. (mots inventés pour les besoins de l'histoire !)

Si vous voulez en savoir plus sur le robotus et les roboti, reportez-vous aux Délires n°95 lorsqu'ils font leur apparition.

Se corroder, s'abîmer, s'éroder sous l'action d'une réaction chimique.

Corroder, détruire, ronger.

La rouille corrode le fer.

La corrosion, corrosif. 

 

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Tu n'as pas inventé le fil à couper le beurre ! 

Tu n'as pas inventé la poudre !

Tu n'as pas inventé le bouton à quatre trous !

Tu n'as pas inventé l'eau chaude !

Tu n'es pas très malin !

D'autres si !

 

QUIZ 21

Des inventeurs et des inventions

 

Peut-être connaissez-vous...

1 l'inventeur de la pasteurisation en 1865.

   et du vaccin contre la rage en 1885

2 l'inventeur de l'autoradio en 1922.

3 l'inventeur du ruban adhésif Scotch en 1925.

4 l'inventeur de la fibre de verre en 1836.

5 l'inventeur du pneumatique en 1887.

6 l'inventeur du téléphone en 1876.

7 l'inventeur du phonographe, en 1878.

8 l'inventeur de la pile électrique en 1800.

9 l'inventeur de l'alphabet pour les aveugles en 1825.

10 l'inventeur de la boite de conserve en 1795.

11 l'inventeur du bas nylon, en 1938.

12 l'inventeur de l'avion en 1890.

13 l'inventeur du principe du phonographe en 1877.

14 l'inventeur d'une nouvelle charrue en 1829.

15 l'inventeur du camembert.

16 l'inventeur de la première automobile en 1771.

17 l'inventeur du révolver.

18 les inventeurs de la première automobile moderne en 1889.

19 l'inventeur de l'hydravion, en 1910.

20 l'inventeur de l'imperméabilisation

     des tissus pour vêtements en 1748.

21 les inventeurs du premier engin volant en 1782.

22 l'inventeur de la machine électrique à laver le linge

      en 1901.

23 l'inventeur de la carte à puce en 1974.

24 l'inventeur du télescope, en 1672.

25 l'inventeur de la photographie en 1816.

26 l'inventeur de la fermeture à glissière en 1891.

27 l'inventeur de l'hélicoptère (1861).

28 l'inventeur du métier à tisser en 1802.

29 les inventeurs du cinématographe en 1895.

30 l'inventeur du parcmètre en 1935.

31 l'inventeur du sandwich en 1762.

32 l'inventeur du premier cylindre piston à vapeur en 1690.

33 l'inventeur de la clémentine en 1900.

34 l'inventeur d'une potion qui allait devenir le Coca-cola, en 1886.

35 l'inventeur des premières briques

     de lait longue conservation en 1961.

36 l'inventeur de la poubelle en 1884.

37 l'inventeur d'un système de TSF, transmission sans fil en 1912.

48 l'inventeur de la pénicilline en 1928.

39 l'inventeur de la guillotine en 1792.

40 l'inventeur de l'imprimerie.

41 l'inventeur du parachute en 1797

42 l'inventeur de la machine à coudre à usage domestique

     en 1851.

43 l'inventeur du four à micro-ondes, en 1945.

44 l'inventeur du premier instrument de musique électronique

     en 1919.

45 l'inventeur de la lampe à incandescence en 1879.

46 l'inventeur de la pyramide à degrés de Saqqarah

      la plus ancienne pyramide d'Egypte

      entre 2700 et 2800 ans avant J.C.

47 l'inventeur de l'ascenseur moderne en 1853.

48 l'inventeur de la pêche Melba.

49 l'inventeur du baromètre en 1644.

50 l'inventeur de la bombe atomique en 1944.

 

Voyez plus bas le nom des inventeurs,

ces génies qui font que le monde est ce qu'il est.

 

1 Louis Pasteur, inventeur de la pasteurisation en 1865

et du vaccin contre la rage en 1885.

2 George Frost, inventeur américain de l'autoradio en 1922.

3 Dick Drew, inventeur américain du ruban adhésif, le Scotch, en 1925.

4 Ignace Dubus-Bonnel, inventeur de la fibre de verre en 1836.

5 John Boyd Dunlop, écossais,inventeur du pneumatique en 1887

6 Alexandre Graham Bell, écossais, inventeur du téléphone en 1876.

7 Karl Benz, allemand, associé à Gottlieb Daimler et Wilhelm Maybach, inventeurs de la première automobile moderne, en 1889.

8 Alessandro Volta, italien, inventeur de la pile électrique en 1800.

9 Louis Braille, inventeur de l'alphabet pour les aveugles,en 1825.

10 Nicolas Appert, inventeur français de la conserve (appertisation) en 1795.

11 Wallace H. Carothers, inventeur du bas nylon, en 1938.

12 Clément Ader, inventeur français de l'avion en 1890.

13 Le poète Charles Cros, inventeur du principe du phonographe en 1877.

14 Vincent Charlemagne Pluchet, inventeur d'une nouvelle charrue en 1829.

15 Marie Harel, inventrice du camembert.

16 Joseph Cugnot, inventeur de la première automobile en 1771.

17 Samuel Colt, inventeur américain du révolver.

18 Thomas Alva Edison, inventeur américain du Phonographe, en 1878.

19 Henri Fabre, inventeur de l'hydravion, en 1910.

20 François Fresneau de La Gataudière, inventeur de l'imperméabilisation des tissus pour vêtements en 1748.

21Joseph-Michel et Jacques-Étienne Montgolfier inventeurs du premier engin volant en 1782.

22 Alva J. Ficher, inventeur de la machine électrique à laver le linge en 1901.

23 Roland Moreno, inventeur français de la carte à puce en 1974.

24 Isaac Newton, astronome anglais, inventeur du télescope, en 1672.

25 Nicéphore Niepce, inventeur de la photographie en 1816.

26 Whitcomb Judson, américain, inventeur de la fermeture à glissière, en 1891 (Elias Howe l'avait imaginée sans l'exploiter)

27 Gustave Ponton d'Amécourt, inventeur de l'hélicoptère (1861).

28 Joseph-Marie Jacquard, inventeur français du métier à tisser en 1802

29 Les frères Lumière, inventeurs du cinématographe en 1895.

30 Carl Magee, américain,inventeur du parcmètre en 1935.

31 Le majordome de John Montagu Comte de Sandwich, britannique inventeur du sandwich en 1762.

32 Denis Papin, inventeur du premier cylindre piston à vapeur en 1690.

33 Le Révérend Père Clément, inventeur de la clémentine en 1900, en croisant le mandarinier et l'orange.

34 John S. Pemberton, pharmacien américain, inventeur d'une potion qui allait devenir le Coca-cola, en 1886.

35 Ruben Rausing, suédois, inventeur des premières briques de lait longue conservation en 1961.

36 Eugène Poubelle, préfet de Paris, inventeur de la poubelle en 1884.

37 Lucien Rouzet, inventeur d'un système de TSF, transmission sans fil en 1912.

48 Alexander Fleming, inventeur de la pénicilline en 1928.

39 Antoine Louis, inventeur de la guillotine en 1792. Joseph Ignace Guillotin obtint que l'appareil fût utilisé équitablement pour tous les condamnés, et il évita de nombreuses souffrances.

40 Johannes Gutenberg a imprimé le premier livre en série La Bible. En fait il n'a pas inventé l'imprimerie qui existait avant lui, mais il a considérablement amélioré le procédé.

41 André-Jacques Garnerin, inventeur du parachute en 1797.

42 Isaac Singer, inventeur américain de la machine à coudre à usage domestique, en 1851.

43 Percy Spencer, américain, inventeur du four à micro-ondes en 1945.

44 Léon Theremin (Lev Sergueïevitch Termen) russe inventeur du premier instrument de musique électronique, le theremin en 1919.

45 Thomas Edison, inventeur de la lampe à incandescence en 1879.

46 Imhotep, inventeur de la pyramide à degrés de Saqqarah la plus ancienne pyramide d'Egypte entre 2700 et 2800 ans avant J.C.

47 Elisha Otis, américain, inventeur de l'ascenseur moderne en 1853.

48 Auguste Escoffier, célèbre cuisinier, inventeur de la pêche Melba pour la cantatrice australienne Nellie Melba en 1893 (?).

49 Evangelista Torricelli, italien, inventeur du baromètre pour mesurer la pression atmosphérique en 1644.

50 Enrico Fermi, italien, avec son collaborateur Leó Szilárd invente le premier réacteur atomique.

 

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 07:45

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Je dormis cette nuit-là comme l'enfant qui vient de naître.

Un grattement discret se fit entendre à ma porte alors que, tout fraîchement éveillée, je m'apprêtai à rejoindre mes hôtes qui devaient prendre le petit déjeuner. C'était l'heure.

Rien ne m'obligeait à me lever aussi tôt certes, mais je brûlais d'envie de retourner au Jardin.

Lorsque j'ouvris la porte, Prétatou se précipita dans mes jambes en aboyant de joie, comme savent le faire si bien les chiens heureux.

Ne sait-on pas que le chien a son sourire dans sa queue*?

« Oli, jappa-t-il, chère Oli, rien ne t'oblige à te lever si tôt, mais ne brûles-tu point de l'envie de retourner avec moi dans le Jardin des Délices et de la Connaissance ? »

Je lui prodiguai quelques bonnes caresses en enfonçant mes doigts gratteurs dans son doux pelage frisé. Il en fut fort aise et sa queue, battant de droite et de gauche, fut d'une éloquence canine évidente.

 

Après quelques ablutions nécessaires, je descendis à la cuisine où Alcmène et Amphi étaient déjà attablés.

Si Alcmène m'avait témoigné son admiration pour le repas que j'avais réussi la veille, Amphi, taciturne comme on le connaît, ne m'avait encore rien dit qui eût pu me flatter. Cependant, ne voulant pas être en reste, il me prodigua quelques compliments que je reçus avec une grande pudeur.

« D'où tiens-tu tes talents de cuisinière, me demanda-t-il ?

Peut-être avez-vous entendu parler de Marie Cratère, m'aventurai-je à lui répondre. Je suis restée chez elle assez de temps pour qu'elle m'initiât aux règles élémentaires de la cuisine. »

Au nom de Marie Cratère, Amphi sourcilla. Me crut-il ? J'en doute. On sait que tout commerce avec cette femme peu recommandable s'avérait impossible puisque l'accès à la forêt qu'elle habitait était vivement déconseillé sous peine de sanctions, et que les histoires qu'on racontait sur elle étaient si effrayantes qu'elles ôtaient toute envie de la rencontrer. Alcmène me jeta un regard de côté et ne dit mot. Mes assertions l'estomaquaient à chaque fois que j'évoquais le nom de la sorcière.

Mes commensaux ne voulurent point en savoir davantage, et nous en restâmes là.

.........................................

*Le chien, — quelle drôle de bête ! — a sa sueur sur sa langue et son sourire dans sa queue. Victor Hugo, L'homme qui rit

 

NOTES

Titre : fort matin, très tôt le matin, de bonne heure, de bon matin, au point du jour, dès potron-minet...

 

tout fraîchement éveillée

Tout, ici adverbe invariable, mais il ne l'est pas toujours.

> Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif

 

comme l'enfant qui vient de naître

Verbes en aître et oître, aître comme connaître et oître comme croître

> Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

La Nouvelle Orthographe supprime l'accent circonflexe sauf lorsque croître (croitre) peut être confondu avec croire : je croîs, je croitrai, etc.

 

Un grattement se fit entendre... je m'apprêtai...

Les emplois du passé simple

> Les emplois de l'imparfait de l'indicatif et du passé simple

 

je m'apprêtai à rejoindre mes hôtes

Les hôtes, un hôte, une hôte, deux acceptions :

1- ceux qui reçoivent et 2- ceux qui sont reçus, les invités.
Une hôtesse, celle qui reçoit.

 

après quelques ablutions nécessaires, je descendis à la cuisine

Ablutions, ablation, voir la note du texte 19

Mots se terminant par ATION, ASSION voir la note dans le même texte.

Voir aussi :

> Paronymes - paronomase - Quiz 27

 

Il ne m'avait encore rien dit qui eût pu me flatter

qui eût pu me flatter

subjonctif dans une proposition subordonnée relative contenant une idée de conséquence.

verbe flatter accompagné du semi auxiliaire pouvoir.

Voir la note sur les semi auxiliaires, texte 43 

 

compliments que je reçus avec une grande pudeur

pudeur : ici, modestie, timidité, retenue

 

Je suis restée chez elle assez de temps pour qu'elle m'initiât

initiât, subjonctif imparfait

assez... pour que

subjonctif dans une proposition subordonnée introduite par (assez...) pour que. Ici, c'est une subordonnée de conséquence.

imparfait, puisque le texte est au passé.

Voir l'article Pour que, pour... que

 

puisque l'accès de la forêt est interdit

sens précis et emploi de puisque. Voir l'article Puisque

accès, mots commençant par AC, ACC, voir la note du texte 8

verbes conjugués et participes passés se terminant par I, IS, IT, ÎT, voir la note du même texte 8

 

Les histoires qu'on racontait étaient si effrayantes

Mots commençant par EFF, pas d'accent sur le E

 

l'accès à la forêt qu'elle habitait était vivement déconseillé

> Les adverbes en -MENT - QUIZ 109

 

Mes commensaux ne voulurent point en savoir davantage

Ne... point, sens de cette négation et d'autres négations archaïques :

> Je ne marche pas, je ne vois point, je ne mange mie, je ne bois goutte

Un commensal, des commensaux.

Le commensal est celui qui mange à la même table que la personne en question.

Le pluriel des noms en AL

> Les noms qui se terminent par au, aux, aus, eau, eaux, eu, eux, eus, oeu, oeux, ou, oux, ous

 

Davantage, d'avantage

> Ne pas confondre : sortir, assortir, ressortir intrans. ou trans. indirect- quelquefois, quelques fois – davantage, d'avantage – bientôt, bien tôt – sitôt, si tôt - près de, prêt à

 

Nous en restâmes là

Nous n'allâmes pas plus loin, la discussion s'interrompit.

En rester là

 

<< 102 Délires sur la satisfaction que produit un travail bien fait - Tout désir est une illusion

>> 104 Délires sur l'incongruité de la jalousie + Des inventeurs et des inventions – QUIZ

 

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 19:16

 

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Ainsi pleuvait-il sur ma modeste personne des félicitations sans mélange ; le plaisir que j'en ressentis fut immense. N'étais-je pas, pour la première fois, reconnue ?

C'était pour moi une sensation délicieuse comparable à celle que me procuraient le boire, lorsque j'avais soif, le manger, lorsque j'avais faim, le dormir, lorsque j'avais sommeil. Un plaisir basique sinon nécessaire que personne encore ne m'avait donné l'occasion de satisfaire, mes pérégrinations ne m'ayant pas octroyé le loisir de me construire une vie sociale, ni d'assouvir l'instinct grégaire auquel seul l'ascète échappe.

 

Bien que j'en eusse goûté quelques avantages, je n'avais pu m'habituer tout à fait à ma vie errante et sans attaches qui ne m'avait offert jusque-là qu'insécurité et solitude. Ce moment fut d'une douceur qu'il ne m'avait encore jamais été donné de vivre.

J'avais offert à Alcmène mon amitié, j'habitais un lieu confortable, douillet même, mon travail m'épanouissait. Que demander de plus ?

 

Mais, me direz-vous, comment se pouvait-il qu'un tel état eût pu me suffire ? Vous me connaissez assez maintenant pour me savoir insatiable, et une vie feutrée n'eût point nourri mes aspirations. Quand bien même j'aurais pu calmer mes appétits, il y serait toujours resté quelque soif qu'il eût fallu apaiser.

Le Paradis perdu donne, au désir inassouvi, une amertume qui ne s'adoucira jamais.

 

« À quoi rêves-tu donc ? s'enquit Alcmène en me voyant si profondément plongée dans mes réflexions. N'es-tu point contente d'avoir su si bien conquérir notre clientèle ?

La reconnaissance du ventre est éphémère et il faut, pour qu'elle perdure, renouveler les petits plats à chaque fois que l'appétit revient, soupirai-je. » 

...............................................................................  

*[… ] tout désir est une illusion, mais les choses sont ainsi disposées qu'on ne voit l'inanité du désir qu'après qu'il est assouvi.

Ernest Renan, 1823-1892 . Écrivain, historien, philosophe français,

Histoire des origines du Christianisme (7 volumes), Souvenirs d'Enfance et de Jeunesse. Etc.

 

NOTES

Ainsi pleuvait-il des félicitations sans mélange

pures, sans qu'aucune critique négative ne vînt les altérer

 

Le boire, le manger, le dormir, infinitifs substantivés

 

mes pérégrinations ne m'ayant pas octroyé le loisir de me construire une vie sociale

Octroyer, donner

 

l'instinct grégaire auquel seul l'ascète échappe

On sait que l'instinct grégaire pousse chaque individu à faire partie d'un groupe. Il y a sa place et il établit des relations avec ses congénères. L'homme n'est pas le seul être vivant à posséder cet instinct et bon nombre d'insectes, de poissons, d'oiseaux et de mammifères, dont nous sommes, aiment se retrouver entre eux.

Un ascète - Sens propre : Celui qui mène une vie austère faite de prières et d'abstinence.

Par extension, celui qui mène une vie austère.

 

bien que j'en eusse goûté quelques avantages

eusse goûté, subjonctif plus-que parfait

Voir l'article Bien que

 

quand bien même j'aurais pu calmer mes appétits

Voir Quand - même quand - quand même - quand bien même - quand bien - quand même que

 

le Paradis perdu donne, au désir inassouvi, une amertume qui ne s'adoucira jamais

Le paradis perdu nous renvoie à un monde inatteignable où régnait une félicité parfaite. Cf. La Génèse, 1er livre de la Bible.

Paradise lost, Le Paradis Perdu, 1667, poème épique, œuvre célèbre de John Milton, écrivain anglais. Traduction de François René de Chateaubriand, illustrations de Gustave Doré.  

 

Les besoins de l'homme

Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l'homme, mais pas assez pour assouvir son avidité.

Mahātmā Ghandhi 1869-1948

Mahātmā signifie en hindi, Grande âme.

 

<< 101 Délires sur des congratulations plurilingues

>> 103 Délires qui me chassèrent du lit fort matin

 

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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 18:39

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Alors ils arrêtèrent de construire la ville. C'est pourquoi on l'appela Babel : parce que c'est là que l'Eternel brouilla le langage de toute la terre et c'est de là qu'il les dispersa sur toute la surface de la terre. Bible 11, 8-9

 

L'usage du français était vivement recommandé à Utopinambourg. Il fallait une langue partagée par tous pour établir une communication sans ambiguïtés entre les concitoyens embarqués dans cet espace clos et limité.

 

À l'aube de la constitution de ce pays, on avait bien essayé d'imposer une langue commune. L'anglais fut désigné, envers et contre les minorités récalcitrantes, puisque parlé et entendu par le plus grand nombre comme pidgin dans la plupart des cas. Mais des jaloux avaient rejeté ce choix en voulant, par la force, imposer leur propre langue.

Pour éviter les guerres intestines, l'espéranto, le volapuk, l'interlingua, l'ido, le slovio, le tokopona furent expérimentés. Sans succès. On choisit enfin le français, qui émanait du territoire, langue romantique, nuancée et légère, avec ses douceurs euphoniques et son e muet, féminin, sombre, inégalé. Les querelles cessèrent. Ceux qui n'étaient pas natifs d'un de ces coins du monde où on le parlait encore, se rallièrent ainsi à l'une des langues les plus belles, sans abandonner leur dialecte maternel, pratiqué, en catimini, dans l'intimité.

 

Je m'entendis congratuler en des langues que je ne connaissais point. Chacun s'exclamait en son idiome naturel. Était-ce dû à l'émotion gastronomique, qui, comme toute autre,  ne peut s'exprimer que par la langue du coeur° ? Sans conteste, ça l'était.

Une cacophonie, certes non conforme aux lois en vigueur, traduisit l'enthousiasme général, à la grande joie du cordon bleu que j'étais et qui venait de se révéler

La recherche psycholinguistique l'a démontré : L'affect a sa part dans la langue qui résonne dans le sein de la mère. Le nouveau-né n'a-t-il pas déjà ses vagissements spécifiques ? Croyez-moi, je n'invente rien.

 

Alcmène et Amphi furent ravis d'avoir déniché une cuisinière dont on faisait grand cas.

 

NOTES

Titre : des congratulations plurilingues

Une communauté plurilingue, une communauté qui parle plusieurs langues.

 

il fallait une communication sans ambiguïté

ou ambigüité d'après la nouvelle orthographe.

> Réforme de l'orthographe - L'orthographe recommandée aux enseignants - Lexique

 

l'anglais fut désigné envers et contre les minorités

Envers et contre, en dépit de.

 

comme pidgin dans la plupart des cas

Les pidgins sont-ils des langues comme les autres?

 

chacun s'exclamait dans son idiome naturel

Un idiome, une langue propre à une communauté. 

 

qui comme tout autre, ne peut s'exprimer que dans la langue du coeur

La langue du coeur°, la langue maternelle.

TOUT AUTRE ou TOUTE AUTRE ?

1- Tout est un adverbe invariable dans le sens de complètement, tout à fait, entièrement différent.

L'expression tout autre s'accompagne le plus souvent d'un article indéfini, un, une.

C'est une tout autre histoire. Une histoire entièrement différente.

2- tout est un déterminant variable, tout autre, toute autre, si on peut le remplacer par n'importe quel autre, n'importe quelle autre.

Était-ce dû à l'émotion gastronomique, qui, comme toute autre (émotion),  ne peut s'exprimer que par la langue du coeur° ?

Savoir tout sur TOUT : Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif

 

L'espéranto, le volapuk, l'interlingua, l'ido, le slovio, le tokopona et d'autres encore sont des langues expérimentales qui furent construites de toutes pièces pour tenter de faire communiquer entre eux les gens de tous pays qui voudraient les apprendre.

L'espéranto est, de ces langues, la plus parlée. On estime à 10 millions le nombre de personnes l'ayant apprise, 100 000 la parleraient couramment.

(Données 2010)

 

La cacophonie traduisit l'enthousiasme général

L'EUPHONIE - LA CACOPHONIE

La cacophonie, dissonance phonique, mélange désagréable de sons.

Son contraire, l'euphonie.

L'euphonie s'attache à rendre une harmonie des sons dans la phrase. La langue française est particulièrement riche en exemples.

elle évite l'hiatus (ou le hiatus) en faisant l'élision de voyelles, l'école au lieu de la école.

elle s'attache à respecter les liaisons, le petit homme (on entend le t), les petits enfants (on entend le z)

on rajoute des lettres qui n'ont rien à voir avec la rigueur grammaticale. 

Vas-y. Parles-en (pour va-y et parle-en, imprononçable)

de même : Va-t-en ! A-t-il parlé ?

on fait varier l'adverbe tout, d'ordinaire invariable comme tous les adverbes, lorsqu'il précède une consonne ou un h muet devant un qualificatif au féminin. 

Je la vis revenir toute honteuse et toute repentante.

Ah ! m'exclamé-je. = ou bien m'exclamè-je (je m'exclame à la forme interrogative)

Autre inversion : Eussé-je dit mille fois de faire les liaisons, il les eût négligées.

voir l'article : Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je...

L'on au lieu de on, si on veut éviter l'hiatus, si l'on veut éviter l'hiatus.

Etc.

Voir l'emploi de l'on : Les homophones ont, on - l'on, l'ont, long

Malheureusement aujourd'hui, on peut déplorer qu'on néglige de plus en plus de faire les liaisons qui supposent de la part du locuteur une connaissance de la langue pour pouvoir les faire correctement, car il faut savoir la terminaison des mots pour les lier.

On entend : j'ai fait-z-un rêve.

ou bien : il va-t-aller la voir et lui offrir quatre-z-oranges.

Ce sont des pataquès.

PATAQUÈS : faute de liaison
Il n’est point-z-à vous, il n’est pas-t-à vous.

Mais alors, je ne sais PAS-T-À-QU'EST-CE

>La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction

>Savoir orthographier les adjectifs numéraux cardinaux (cent ou cents, vingt ou vingts...) + des millions, des milliards, des billions + Une réflexion sur "les liaisons dangereuses" de Michel Serres

>Paronymie - Paranomase

 

on choisit enfin le français avec son e muet et ses douceurs euphoniques

Le e muet, caduc, instable, féminin, sombre, non transcrit phonétiquement en syllabe finale (ex : femme [fam] ), schwa, phonétiquement écrit [ә], autant de nuances intéressantes que nous révèlent la phonétique, la phonologie, la poésie.

♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ 

En fin de vers, des rimes féminines, aériennes, plus douces que la douceur même.

Ô Verlaine, qui d'autre a su les chanter mieux que toi ?

 

Écoutez la chanson bien douce

Écoutez la chanson bien douce
Qui ne pleure que pour vous plaire,
Elle est discrète, elle est légère :
Un frisson d'eau sur de la mousse !

La voix vous fut connue (et chère ?)
Mais à présent elle est voilée
Comme une veuve désolée,
Pourtant comme elle encore fière,

Et dans les longs plis de son voile,
Qui palpite aux brises d'automne.
Cache et montre au coeur qui s'étonne
La vérité comme une étoile.

Elle dit, la voix reconnue,
Que la bonté c'est notre vie,
Que de la haine et de l'envie
Rien ne reste, la mort venue.

Elle parle aussi de la gloire
D'être simple sans plus attendre,
Et de noces d'or et du tendre
Bonheur d'une paix sans victoire.

Accueillez la voix qui persiste
Dans son naïf épithalame.
Allez, rien n'est meilleur à l'âme
Que de faire une âme moins triste !

Elle est en peine et de passage,
L'âme qui souffre sans colère,
Et comme sa morale est claire !...
Écoutez la chanson bien sage.

 

Paul Verlaine, 1844-1896

Il adresse à Mathilde Mauté une prière tendre, pour lui demander pardon dans l'espoir de la reconquérir.

Versification. Comment compter les pieds* syllabes d'un vers ?

 

Alcmène et Amphi furent ravis d'avoir déniché une cuisinière dont on faisait grand cas.

faire cas de, estimer.

cf. Littré :

Voilà le cas qu'on fait de votre exploit. Racine.

Ma fille fait cas de vous. Molière

 

<< 100 Délires à te mettre l'eau à la bouche + QUIZ 20 Trouvez les personnages réels ou imaginaires dont le nom commence par PI 

>> 102 Délires sur la satisfaction que produit un travail bien fait -"Tout désir est une illusion..."*

 

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 17:06

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Il n'était plus temps d'en savoir davantage. Il me fallait rentrer au plus vite pour aider Alcmène qui devait m'attendre. Je craignais qu'Amphi ne se fâchât à me voir aussi peu soucieuse d'accomplir mon devoir et qu'il ne gourmandât son épouse pour m'avoir donné tant de liberté.

J'arrivai, essoufflée, priant Alcmène de me pardonner d'avoir laissé passer l'heure.

« Voyons, Oli, dit-elle, quels sont tes dons pour la cuisine. Je compte sur toi pour me donner quelques idées nouvelles, gastronomiques évidemment. »

Je fis le point sur les ingrédients qu'Amphi avait achetés le matin, et je proposai aussitôt un menu à l'appréciation de mon aimable patronne.

J'avais, entre autres, à m'occuper d'une belle pièce de turbot. Non pas de celle d'un gros turbot dont la chair coriace m'eût donné du fil à retordre°, mais plutôt de celle d'un turbot moyen, infiniment plus tendre et savoureuse. Je me félicitai qu'Amphi eût su bien choisir.

 

Comme tu le sais, cher lecteur, il faut au moins un kilo net pour sept ou huit personnes*, j'avisai la quantité requise pour les éventuels clients qui commanderaient ce plat délicat.

Je préparai pour la cuisson le poisson encore entier, le vidai en passant l'index dans un trou de trois centimètres pratiqué à cet effet, juste au niveau de la poche intestinale, coupai un tiers de la queue et le lavai sous l'eau claire à l'extérieur et à l'intérieur.

Tout cela avec un soin, une douceur et un doigté tout particuliers.

Puis je le mis à dégorger deux heures dans une eau très froide additionnée de gros sel. Pourquoi ? me dira-t-on. Pour parfaire la blancheur de la chair et la débarrasser de toute matière sanguinolente.

Mais il ne s'agissait pas maintenant de le mettre à cuire sans l'avoir préparé de sorte que sa jolie silhouette ne subît des dommages, car les yeux du gourmet excitent l'appétit tout aussi bien que ses papilles.

Sur le côté noir du poisson, je fis deux incisions de chaque côté de l'arête, sans la briser, pour garder au poisson sa souplesse. Je bardai la tête d'une ficelle en me servant d'une aiguille et l'amarrai au corps en décrivant un triangle.

Il était l'heure de placer le turbot, le blanc dessus, dans la turbotière, ustensile indispensable qui en respecterait la forme. J'ajoutai le court-bouillon de lait, fait, on peut le deviner, d'eau, de lait et de sel ; il conserverait à la chair toute sa fermeté et de surcroît sa belle blancheur. Et je mis sur feu vif.

Dès le début de l'ébullition, je déplaçai la turbotière sur le coin du fourneau afin d'obtenir un léger et doux frémissement jusqu'au bout de la cuisson. Puis je la retirai du feu.

Je laissai le turbot dans le bouillon chaud jusqu'au moment de servir, sans le faire attendre plus d'une demi-heure.

 

Les clients, au moment opportun, se virent apporter sur leur table le poisson plein de promesses, entouré de pommes vapeur, et de charmants bouquets de persil tout frisottés.

« Vois, leurs narines se mettent à trembler d'intelligence**, me susurra Alcmène à l'oreille. »

On admira. On huma.

Les glandes pourvoyeuses de salive s'activèrent.

On me regarda faire un service impeccable.

J'enlevai d'abord la peau blanche : je fis avec un couteau d'argent une incision tout le long de l'arête. Je découpai en losange les morceaux tout prêts à être saisis par les convives, puis, cette partie du dessus distribuée, j'enlevai prestement l'arête pour diviser à son tour la partie de dessous.

Je servis en outre quelques sauces d'accompagnement, que l'on put choisir tout à loisir selon son goût, une sauce hollandaise, une sauce aux huîtres, une sauce nantua, une sauce à la crème et une sauce aux câpres. Si j'avais eu le temps de les confectionner, j'aurais proposé, en outre, une sauce mousseline et une sauce crevette. La prochaine fois peut-être.

On goûta. C'était succulent.

On fut conquis.

.......................................................................  

* La recette s'inspire de celle que donne Madame E. de Saint-Ange dans son livre de cuisine (1927). Il est toujours réédité.

Je le cite dans l'article :  Les oeufs - Pourquoi choisir d'en manger – Comment les choisir – Comment les conserver – Comment les cuisiner (les oeufs au miroir)  

 

**La gastronomie fait trembler d'intelligence nos narines.

Charles Monselet, 1825-1888. gastronome, épicurien, journaliste.

Chroniqueur, écrivain, il brosse avec verve les portraits de ses contemporains. Il écrit des essais, des romans, des récits fantastiques. Ses fréquentations ? Chateaubriand, Gauthier ; ses admirateurs ? Hugo, Sainte-Beuve, Barbey d'Aurevilly.

L'heureux homme ! Jusqu'à vouloir un enterrement aux truffes.

 

NOTES 

Il n'était plus temps d'en savoir davantage

> Ne pas confondre : davantage, d'avantage  

 

Je craignais qu'il ne gourmandât son épouse

gourmander, réprimander, semoncer, gronder.

verbe au subjonctif imparfait dans une subordonnée qui dépend du verbe craindre.

 > Valeurs et emplois du subjonctif

 

un soin, une douceur et un doigté tout particuliers

> Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif

 

la chair coriace m'eût donné du fil à retordre°

eût donné, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé (2e forme), style soutenu

= aurait donné (1re forme)

donner du fil à retordre°, donner beaucoup de difficultés.

 

de sorte que sa jolie silhouette ne subît des dommages

subît, subjonctif imparfait

> De sorte que, de telle sorte que

 

Le persil plat a beaucoup plus de goût que le frisé, mais le frisé amuse l'œil.

 

On huma, H aspiré, pas de liaison.

Humer, sentir une odeur, aspirer par le nez.

Sens premier, faire pénétrer doucement par la bouche.

Terme d'origine onomatopéique.

 

L'ONOMATOPÉE : terme dont la sonorité rappelle le bruit que désigne le mot. Exemple, clic, toc toc, boum, brrr, clac, floc, cocorico, etc.

Toutes les onomatopées ne sont pas reconnues dans les dictionnaires classiques, et les bandes dessinées s'en donnent à cœur joie !

Voir l'article : Qu'est-ce qu'une onomatopée ?

 

<< 99 Délires sur la relativité calendaire

>> 101 Délires sur des congratulations plurilingues - L'euphonie, la cacophonie 

 

QUIZ 20

 

Trouvez les personnages réels ou imaginaires dont le nom commence par PI

 

1- Ouvert à toutes les littératures, il donna aux télespectateurs et aux lecteurs passionnés, en les guidant grâce à sa subtile intelligence, les clefs du plaisir pur, celui de la lecture.

 

2- Personnages imaginaires qui portent le même nom, que l'on retrouve dans plusieurs films de 1973 à 2008 et qui conservent certains traits de caractère qui nous enchantent.

Dans :

  • L'Emmerdeur (1973) : Jacques Brel

  • Les Compères (1983) : Pierre Richard

  • Les Fugitifs (1986) : Pierre Richard

  • Le Dîner de cons (1998) : Jacques Villeret, Daniel Hanssens, Dany Boon, Régis Laspalès (versions théâtre 1993, 2007, 2009)

  • Le Placard (2001) : Daniel Auteuil

  • La Doublure (2005) : Gad Elmaleh

L'Emmerdeur (2008) : Patrick Timsit (également sur scène à Paris en 2005-2006)

 

3- 1867-1936. Dramaturge italien, nouvelliste, poète, romancier. Prix Nobel de littérature en 1934. Son oeuvre est une interrogation sur l'incommunicabilité qui existe entre les êtres humains, sur l'absurdité de la vie.

 

4- 1896-1980. Psychologue, biologiste, logicien, épistémologue suisse. On ne peut ignorer ce chercheur si l'on s'intéresse quelque peu à la psychologie de l'enfant dont il a étudié le développement de l'intelligence depuis le stade du nouveau-né.

 

5- 1881-1973. L'artiste protéiforme par excellence, (peintre entre autres) peut-être le plus célèbre. Il crée La Colombe pour le Mouvement de la paix en 1949.

 

6- Un petit chien sorti en 1945 de l'imagination de José Cabrero Arnal qui le dessina pour le journal l'Humanité. Il avait pour dessein de dénoncer les injustices de l'époque, à la sortie de la guerre, où de nombreux Français souffraient de la faim et ne savaient comment se loger.

 

7- Metteur en scène, merveilleux acteur de théâtre et de cinéma, et dont le sourire charmeur n'a pas d'égal. Il faut le revoir, flamboyant, en Comte d'Artois dans Les Rois Maudits de Maurice Druon,1972.

 

8- Personnage triste mais non pas triste personnage de la commedia dell'arte.

 

9- 1879-1953. Peintre, écrivain. Il fut influencé tout d'abord par Alfred Sisley et Camille Pissaro, peintres de l'Ecole de Barbizon. En 1918 il rejoignit le groupe Dada (Tristan Tzara, André Breton)

Son aquarelle Caoutchouc (1909) est l'oeuvre fondatrice de l'art abstrait.

 

10- 1925-... Acteur de cinéma (plus de 50 films). L'un de nos plus fameux comédiens. Il a joué, au théâtre, les plus grands,Shakespeare, Marivaux, Tchekhov, Ibsen, Schnitzler, Guitry, Duras et j'en passe. Il a obtenu de nombreux prix, comme l'Ours d'Argent à Berlin pour Une étrange affaire.

 

11- 1884-1939, D'origine russe. Acteur, metteur en scène de théâtre, animateur du Cartel des Quatre. Père de Sacha, lui aussi comédien et metteur en scène.

 

12- 1930-2008. Auteur dramatique anglais. The Guardian, Le Gardien 1961. Il a écrit aussi des scénarios comme celui deThe Servant, Le messager, de Losey. Prix Nobel de littérature en 2005.

 

13- Marionnette crée par Carlo Collodi, qui eut l'heur de jouer avec Gina Lollobrigida, dans le feuilleton de six épisodes de Comencini en 1972.

 

14- L'un des principaux sculpteurs de la Renaissance française, le sculpteur de Catherine de Médicis. Il travailla le bronze, le bois, la pierre, la terre cuite avec un égal bonheur.

 

15- Procureur romain, préfet de Judée, abandonna Jésus aux mains du Sanhédrin juif et s'en lava symboliquement les mains.

 

16- Tyran d'Athènes évoqué dans le texte Les Délires n°83

 

Réponses ci-dessous

 

Voici les personnages réels ou imaginaires

dont le nom commence par PI

 

1- Pivot Bernard. Ouvert à toutes les littératures, il donna aux lecteurs passionnés, en les guidant grâce à sa subtile intelligence, les clefs du plaisir pur, celui de la lecture.

Journaliste, chroniqueur littéraire, sa figure nous est familière pour avoir crevé l'écran avec ses invités lors de nos soirées à la télévision : Ouvrez les Guillemets 1973, Apostrophes, 1974, Bouillon de culture, 1990, Double je, 2002-2005.

 Merci Monsieur Pivot ! Je vous ai toujours été fidèle.

 

2- Pignon François, personnage que l'on retrouve dans plusieurs films de 1973 à 2008 et qui sait conserver certains traits de caractère qui nous enchantent.

 Les François Pignon

  • L'Emmerdeur (1973) : Jacques Brel

  • Les Compères (1983) : Pierre Richard

  • Les Fugitifs (1986) : Pierre Richard

  • Le Dîner de cons (1998) : Jacques Villeret, Daniel Hanssens, Dany Boon, Régis Laspalès (versions théâtre 1993, 2007, 2009)

  • Le Placard (2001) : Daniel Auteuil

  • La Doublure (2005) : Gad Elmaleh

  • L'Emmerdeur (2008) : Patrick Timsit (également sur scène à Paris en 2005-2006)

 

3- Pirandello Luigi, 1867-1936, dramaturge italien, nouvelliste, poète, romancier. Prix Nobel de littérature en 1934. Son oeuvre est une interrogation sur l'incommunicabilité qui existe entre les êtres humains, sur l'absurdité de la vie. Citons Six personnages en quête d'auteur. Nous avons déjà rencontré cet auteur. dans ce blog.

 

4- Piaget Jean,1896-1980. psychologue, biologiste, logicien, épistémologue suisse. On ne peut ignorer ce chercheur si l'on s'intéresse quelque peu à la psychologie de l'enfant dont il a étudié le développement de l'intelligence depuis le stade du nouveau-né. Il a fortement influencé la formation des enseignants.

Certes, la connaissance des fonctions cognitives de l'enfant a beaucoup évolué aujourd'hui, mais les découvertes de Jean Piaget restent incontournables.

 

5- Picasso, Pablo Ruiz y Picasso,1881-1973. L'artiste protéiforme par excellence, peut-être le plus célèbre. Il crée La Colombe pour le Mouvement de la paix en 1949.

 

6- Pif, un petit chien sorti en 1945 de l'imagination de José Cabrero Arnal qui le dessina pour le journal l'Humanité. Il avait pour dessein de dénoncer les injustices de l'époque, à la sortie de la guerre, où de nombreux Français souffraient de la faim et ne savaient comment se loger.
 

7- Piat Jean, metteur en scène, merveilleux acteur de théâtre et de cinéma, et dont le sourire charmeur n'a pas d'égal. Il faut le revoir, flamboyant, en Comte d'Artois dans Les Rois Maudits de Maurice Druon,1972.

 

8-Pierrot, personnage triste et non pas triste personnage de la Commedia dell'arte.

 

9- Picabia, Francis-Marie Martinez de Picabia,1879-1953, peintre, écrivain. Il fut influencé tout d'abord par Alfred Sisley et Camille Pissaro, peintres de l'Ecole de Barbizon. En 1918 il rejoignit le groupe Dada (Tristan Tzara,André Breton)

Son aquarelle Caoutchouc (1909, M.N.A.M., Paris) est considérée comme l'une des œuvres fondatrices de l'art abstrait.

 

10- Piccoli Michel,1925-... Acteur de cin éma (plus de 50 films) L'un de nos plus fameux comédiens. Au théâtre il a joué les plus grands,Shakespeare, Marivaux, Tchekhov, Ibsen, Schnitzler, Guitry, Duras et j'en passe. Il a obtenu de nombreux prix, comme l'Ours d'Argent à Berlin pour Une étrange affaire.

 

11- Pitoëff Georges,1884-1939, d'origine russe acteur, metteur en scène de théâtre, animateur du Cartel des Quatre. Père de Sacha, lui aussi comédien et metteur en scène.

Le Cartel des quatre est crée en 1927 par quatre metteurs en scène de théâtre, Louis Jouvet, Charles Dullin, Gaston Baty et Georges Pitoëff. Ils demandèrent aux acteurs un jeu plus naturel, et travaillèrent à un renouveau du théâtre.

 

12- Pinter Harold, 1930-2008. Auteur dramatique anglais. The Guardian, Le Gardien1961. Il a écrit aussi des scénarios commeThe Servant, Le messager,de Losey. Prix Nobel de littérature en 2005.

 

13- Pinocchio, marionnette crée par Carlo Collodi, qui eut l'heur de jouer avec Gina Lollobrigida, dans le feuilleton de six épisodes de Comencini en 1972.

 

14- Pilon Germain, l'un des principaux sculpteurs de la Renaissance française, le sculpteur de Catherine de Médicis. Il travailla le bronze, le bois, la pierre, la terre cuite avec un égal bonheur.

 

15- Pilate Ponce, procureur romain, préfet de Judée, abandonna Jésus au Sanhédrin juif et s'en lava symboliquement les mains.

 

16- Pisistrate, tyran d'Athènes, dont les lois étaient pavées de bonnes intentions !

 

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 18:10

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Mon nouveau robotus semblait, à première vue, tout aussi dévoué que l'autre, à voir l'air aimable avec lequel il me regardait.

« Robobert, commençai-je en prenant un air détaché, pourrais-tu m'indiquer l'année, le mois et le jour où nous sommes. Il me tarde d'éprouver tes connaissances et de voir si elles sont aussi bonnes que celles de Roboland. »

Qu'avais-je donc dit qu'il eût fallu taire ? Mes propos étaient-ils à ce point irrévérencieux que Robobert prit tout aussitôt la mouche°. Ses sourcils se froncèrent, son front se creusa. Son évidente susceptibilité me fit craindre le pire, et soudain :

« 6780, 6112, 5707, 1098, 3056, 3763, 2389, 1217...broum, broum, broum, br....

Qu'est-ce à dire ? Sont-ce là des calculs de ton cru  ? l'interrogeai-je tout ébahie.

Tu m'as posé une question, j'y réponds, déclara préremptoirement Robobert. »

Et, sans que j'eusse le temps de demander une plus fine explication, il continua :

« Fruchtidor, sextilis, tichri, chèvre, août, shrivar, mouharram...

Merci, merci Robobert ! Je suis éblouie par ta science, m'empressai-je de lui dire pour flatter son ego  »

 

Je n'étais pas plus avancée. Seul le mot août me dit quelque chose à quoi je pus me raccrocher. Mais la liste des années ne m'avait point éclairée. Je savais bien que chaque époque rêvait de la suivante*, mais, me dis-je, comment situer la mienne par rapport à celles qui l'avaient précédée ? C'est là que devait être la clef.

Me voyant dubitative, Robobert me proposa une nouvelle table à étudier, qui, si j'avais les moyens intellectuels suffisants pour la comprendre, précisa-t-il, m'apporterait la connaissance de toutes les ères.

Je saisis au vif, dans son regard, un air de défi.

....................................

*Chaque époque rêve de la suivante. Walter Benjamin

 

NOTES

Titre - Calendaire, relatif au calendrier.

 

Qu'avais-je donc dit qu'il eût fallu taire ?

eût fallu : subjonctif plus-que parfait à valeur de conditionnel passé (2e forme)

Qu'avais-je donc dit qu'il aurait fallu taire ?

aurait fallu, 1re forme

 

Prendre la mouche°

s'énerver, se vexer pour une raison de peu d'importance.

 

6780, 6112, 5707, 1098, 3056, 3763, 2389, 1217...

Nous verrons, plus tard, à quoi correspondent toutes ces dates, mais laissons à Oli le temps d'en trouver les clefs. Si votre impatience est trop insupportable, vous pouvez vous référer à l'article calendrier sur la toile. Et vous pourrez deviner en quelle année se passe l'histoire.

Mais sachez que l'année de celle du calendrier grégorien, le nôtre, ne figure pas dans cette énumération.

 

sans que j'eusse le temps de demander une plus fine explication...

eusse, subjonctif imparfait

Voir la locution conjonctive Sans que

 

j'y réponds, déclara préremptoirement Robobert

préremptoirement, sans réplique possible.

 

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 09:23

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J'étais bien déçue.

J'avais cru un moment à un remède miraculeux qui eût pu me guérir de mon ignorance, et voilà que, devant mes yeux, s'effondrait le seul être en qui j'avais mis mes espoirs. Peu m'importait qu'il fût mécanique, ses connaissances universelles auraient pu satisfaire mon avidité.

 

« La déception est bien moins pénible quand on ne s'est point promis le succès1, me souffla Prétatou**.

Il n'empêche... marmottai-je. »

 

Tant de questions me brûlaient la langue depuis que, malgré moi, j'étais devenue utopinambourgeoise3.

Utopienne, passe encore, j'en eusse admis l'occurrence bien que tout ici démontrât le fiasco de l'utopie promise, mais bourgeoise ! Il eût fallu changer mes structures mentales et renverser mes principes pour me qualifier ainsi !

 

Surgit soudain, sûr de lui, un Robobert, tout semblable à son clone Roboland, lequel ne cessait de trembler sans qu'aucun son ne se décidât à sortir de sa bouche béante et comme désarticulée.

Était-ce le mutisme de la sidération amoureuse qui opérait ?

Je me tournai vers le nouveau venu, impatiente de savoir enfin un détail qui me taraudait de longue date. Et quel détail ! Je ne tardai point de l'interroger avant qu'il n'arrivât un accident semblable à celui qui venait de foudroyer son duplicatum.

 

En quelle année étions-nous ? Il m'avait été impossible de me situer dans le temps, à voir défiler les hommes et les multiples situations qui s'étaient offertes à moi, toutes aussi disparates et intemporelles les unes que les autres. Je n'avais pu interroger Alcmène de peur de lire dans ses yeux un effarement préjudiciable à notre amitié naissante. Quant à Prétatou, il vivait comme ses congénères béats, dans le présent, dans l'éternité, ne se posant aucune question ni sur leur naissance ni sur leur mort, dont ils n'auraient jamais l'idée.

 

C'est ce qu'on feint de croire, mais on soupçonne bien que les humains se fourvoient le plus souvent quand ils tentent de percer les mystères de la psychologie animale, cette science n'en sera toujours qu'à ses balbutiements. Il faudrait pour le moins se livrer délibérément à la zooanthropie pour entrer dans une communicabilité authentique avec les bêtes, mais on peut douter que cela soit jamais possible.

Et l'on aura compris, depuis fort longtemps, ce que je pense de la partialité de l'homme, infatué de lui-même, juché sur son piédestal, au sommet de la pyramide des espèces — l'animal !  Indéboulonnable !

................................................................. 

 

1-La déception est moins pénible quand on ne s'est point promis le succès. 

Sénèque, -4 av. J.C. / 65 ap. J.C., 1er siècle. Philosophe, stoïcien, homme politique, conseiller sous Caligula, précepteur de Néron, puis son conseiller. Deux empereurs romains de sinistre mémoire !

Victime des intrigues de Messaline, l'épouse de l'Empereur Claude, Sénèque, diffamé, trahi, se donne la mort en s'ouvrant les veines sur l'ordre de Néron.

Il a écrit des tragédies et ses œuvres philosophiques expriment sa pensée stoïcième.

On lit avec intérêt et plaisir : De uita beata, Sur la vie heureuse. 58

 

2-Prétatou, le chien.

 

3-sur Utopinambourg, voir Les Délires n°53

 

NOTES
un remède miraculeux qui eût pu me guérir de mon ignorance

eût pu, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé

> qui aurait pu me guérir

de même :
Il eût fallu changer mes structures mentales

> il aurait fallu

 

Utopienne, passe encore, j'en eusse admis l'occurrence

♦ utopien, utopienne, relatif à l'Utopie de Thomas More, voir la note du texte n°53 cité précédemment.

♦ occurrence, circonstance, événement.

 

Était-ce le mutisme de la sidération amoureuse qui opérait ?

mutisme, ici, incapacité de parler. 

sidération, anéantissement des fonctions vitales, mort apparente due à un choc émotionnel.

 

Je ne tardai point de l'interroger

tarder à, tarder de.

tarder de suivi de l'infinitif est moins usité.

> Verbes qui se construisent avec à + infinitif ou de + infinitif

 

Un duplicatum, rare, autre singulier de duplicata. Une copie.

 

Il faudrait pour le moins se livrer délibérément à la zooanthropie

Pour le moins (locution adverbiale), si ce n'est plus, au moins, tout au moins, à tout le moins, au minimum.


C'est ce qu'on feint de croire

verbe feindre - voir la conjugaison des verbes en indre :

> Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

 

La zooanthropie ou thérianthropie désigne la transformation d'un être humain en animal (mythologie, chamanisme, etc.).

 

la partialité de l'homme, infatué de lui-même

infatué, orgueilleux, prétentieux et sot.

s'infatuer, s'éprendre.

 

<< 97 Délires sur une inadéquation sentimentale -"D'amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux..."

>> 99 Délires sur la relativité calendaire

 

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 05:15

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Roboland tressauta.

Une voix vibrante et métalliquement désespérée jaillit de sa poitrine.

« D'amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux... Vos yeux beaux d'amour me font, belle Marquise, mourir... Mourir vos beaux yeux, belle Marquise, d'amour me font... Me font vos yeux beaux mourir, belle Marquise, d'amour...1 »

 

Ses yeux clignotèrent. J'en fus marrie.

Était-ce là une déclaration qu'il m'adressait ? L'avais-je troublé à ce point qu'il en perdait les règles élémentaires de la syntaxe ?

Prétatou intervint :

«  N'est-ce pas là une manière moliéresque de s'adresser à toi ! me dit-il. Il aura mémorisé quelques citations qu'il ressert adéquatement à chaque circonstance. Je crois bien qu'il est amoureux.

Il est amoureux ? fis-je figée d'effroi. Est-il possible ?  

C'est à croire.

À croire qu'un robot puisse être équipé de sentiments ? 

Des sentiments dictés par des algorithmes récursifs indissociables de sa personnalité. expliqua doctement Prétatou, au fait des opérations électroniques les plus sophistiquées.

Et il a perdu la tête, me lamentai-je. 

Infecté par un virus cognitif.

La violence des émotions l'a déglingué. Les mots manquent aux émotions2 pourtant. Son esprit est troublé et il ignore où il est, qui il est et ce qu'il fait3.

Sois pragmatique, Oli, ce n'est que Roboland. Mais qu'en est-il donc de Robobert ? 

................................................................. 

1-Molière, Le bourgeois gentilhomme : Acte II, scène 4

Monsieur Jourdain 

- Par ma foi ! Il n'y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j'en susse rien et je vous suis le plus obligé du monde de m'avoir appris cela. Je voudrais donc lui mettre dans un billet : Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour ; mais je voudrais que cela fût mis d'une manière galante, que ce fût tourné gentiment.
Le Maitre de philosophie  

- On les peut mettre premièrement comme vous avez dit : Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour. Ou bien : D'amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux. Ou bien : Vos yeux beaux d'amour me font, belle Marquise, mourir. Ou bien : Mourir vos beaux yeux, belle Marquise, d'amour me font. Ou bien : Me font vos yeux beaux mourir, belle Marquise, d'amour.

2-Les mots manquent aux émotions. Victor Hugo

3- Mon esprit est troublé, et j'ignore où je suis, qui je suis et ce que je fais. Molière, L'Avare, Acte IV, scène 7.

 

NOTES

Roboland tressauta

tressauter, être saisi d'un mouvement brusque sous le coup de l'émotion, tressaillir.

 

Ses yeux clignotèrent. J'en fus marrie.
Marri, attristé, contrit.

 

fis-je figée d'effroi

on remarquera les allitérations de la fricative [f] et des chuintantes [ʒ]

> Que les consonnes sonnent !

 

algorithmes récursifs

D'amour mourir me font...

Récursif, qui peut être répété un nombre indéfini de fois en appliquant la même règle. (Voir l'extrait du Bourgeois Gentilhomme) 

La syntaxe donne les règles qu'il faut suivre pour agencer correctement les mots dans la construction des phrases (grammaire)

Les algorithmes récursifs et les fonctions récursives sont fondamentaux en informatique. 

 

Il aura mémorisé quelques citations

Futur antérieur à valeur d'hypothèse.

Il se peut qu'il ait mémorisé...

Il a sûrement mémorisé...

 

infecté par un virus cognitif

La cognition recouvre les mécanismes de la pensée, raisonnement, mémoire, prise de décision. Entrent en jeu la perception, la motricité et les émotions.

Les sciences cognitives étudient leurs interactions.

 

Sois pragmatique, Oli, ce n'est que Roboland

Pragmatique, qui est adapté à l'action positive et pratique de la vie courante.

 

<< 96 Délires sur l'hypothétique prestation d'un robotus plein de bonne volonté. 

>> 98 Délires sur des questions existentielles en attente 

 

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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