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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 11:31

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Peut-être Marie Cratère eut-elle un sursaut de remords de s'être montrée si intraitable à mon égard. Lorsqu'elle me dévisagea, curieuse qu'elle était de savoir jusqu'à quel point je supportais ses sarcasmes, une larme discrète coula le long de ma joue tendre.

N'avais-je pas usé d'autosuggestion1 et prononcé en mon for intérieur : « Pleurez , pleurez mes yeux et fondez-vous en eau !2 » Ce qu'ils firent. Une fieffée comédienne, voilà ce que j'étais devenue ; mais, à mon corps défendant. Qui m'en eût osé tenir rigueur en cette circonstance ? Ma détermination ne m'y pouvait que résoudre. Ne devais-je pas employer tous les moyens, si subtils et si blâmables qu'ils fussent, pour arriver à obtenir de Marie les réponses que j'attendais ? Non que je crusse qu'il fût aisé de la fléchir, mais je misais sur ce dont elle aurait pu faire preuve à mon égard, ne fût-ce qu'une once de faiblesse. Et c'est bien là ce qui se produisit. Rien de ce qui me concernait ne pouvait lui échapper.

Certes je savais qu'elle entendait toutes choses au premier mot, mais le plus souvent elle préférait faire la sourde. Elle était, en compassion, aussi grippe-sou qu'en économie.

Prétatou, qui suivait le fil de ma pensée, ne put se retenir de marmotter sans que, fort heureusement, Marie Cratère pût l'entendre : « Il s'en trouve qui sont si avares, chiches et pince-mailles qu'ils n'osent, comme on dit, boire de peur de pisser». Ce n'était guère là un langage châtié, mais il reflétait bien ma pensée. 

 

Mon pleur, cependant, toucha la vieille femme au-delà de mes espérances.

Un rictus mal contenu, une crispation légère que je devinai plus qu'elle n'apparaissait en vérité, me firent comprendre que Marie ne demeurait point insensible à la déception qui m'accablait. Sans doute s'en voulut-elle quelque peu —  c'est à tout le moins ce que je crus — car elle me susurra d'une voix mielleuse : « Qu'est-ce donc là que je vois, ma chérie ? Quel est ce chagrin qui gonfle ton coeur ? Sont-ce les refus que j'oppose à tes questions importunes qui te mettent en peine ? »

Puis, se reprenant brusquement, et avant même que je ne me fusse épanchée dans son sein — ce que j'aurais osé faire malgré ma répugnance, mais elle ne m'en donna pas l'opportunité — elle continua : « Tu ne lâcheras donc jamais ! »

Non, je ne me décramponnerais point de mon obsession et je continuerais toujours à la poursuivre avec les mêmes questions.

 

Je te prie, lecteur impatient, de ne faire aucune allusion à ce qu'il fallut que je cessasse d'être pour être qui j'étais devenue.4

...............................................................

1-autosuggestion ou auto-suggestion > L'agglutination – entr'acte ou entracte, grand'mère ou grand-mère

 

2-"Pleurez , pleurez mes yeux et fondez-vous en eau." Corneille, Le Cid, III, 2

 

 3- «[...] il s'en trouue qui sont si auares chiches et pince-mailles qu'ils n'osent (comme on dit) boire de peur de pisser [...]» Le Tondeux qui court en certains quartiers de la France, et pourquoi il tient la campagne. Auteur anonyme ? 1615 (dans BHVF attestations)

♦ trouue, auares > u consonne, ancienne forme du v

> Que les consonnes sonnent !

 

4-"Il a fait allusion à ce qu'il a fallu que je cessasse d'être pour être qui je suis." André Breton, Nadja, 1928

 

NOTES

Titre : Délires aux larmes de crocodile

Cf. L'Académie, 8e édition : Fig. et fam., Larmes de crocodile, Larmes hypocrites par lesquelles on cherche à émouvoir quelqu'un pour le tromper.

 

Peut-être Marie Cratère eut-elle un sursaut de remords

> L'inversion du sujet après ainsi, aussi, aussi bien, à peine, peut-être, sans doute, encore, du moins, pour le moins, tout au plus, encore moins, toujours est-il, encore, à plus forte raison.

 

curieuse qu'elle était de savoir...

curieuse, attribut de elle

 

prononcé en mon for intérieur

Cf. Académie, 8e édition : Le for intérieur, Le jugement qu'au fond de soi on porte sur soi-même, le tribunal de la conscience. Je suis sûr que, dans votre for intérieur, vous m'approuvez. Garder son for intérieur.

 

N'avais-je pas usé d'autosuggestion

phrase qui ne finit pas par un point d'interrogation.

Cas où l'on peut omettre le point d'interrogation dans une phrase interrogative

 

à mon corps défendant, malgré moi.

 

Qui m'en eût osé tenir rigueur en cette circonstance ? Ma détermination ne m'y pouvait que résoudre.

On dirait plus couramment : Qui aurait osé m'en tenir rigueur ? Ma détermination ne pouvait que m'y résoudre.

La première tournure est rare de nos jours.

> La place de Y et de EN dans la phrase. Vous recherchez des difficultés dans cet exercice ? Vous finirez bien par Y EN trouver. + QUIZ 67

 

tous les moyens, si subtils et si blâmables qu'ils fussent, pour arriver à obtenir de Marie les réponses que j'attendais

ils fussent, subjonctif imparfait de être

locution conjonctive suivie du subjonctif > Quelque... que

 

Non que je crusse qu'il fût aisé de la fléchir, mais je misais...

je crusse subjonctif imparfait de croire

locution conjonctive suivie du subjonctif, non que... (mais)

> Non que, non pas que, non moins que, non plus que, non point que

qu'il fût aisé, subjonctif imparfait : Une proposition dépendant d’un verbe au subjonctif peut avoir, par attraction, son verbe au subjonctif.

autrement dit : Non que je crusse qu'il était aisé de la fléchir, mais..

> § 72 dans Valeurs et emplois du subjonctif

 

ne fût-ce qu'une once de faiblesse

> Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils

♦ une once, ancienne mesure de poids > un rien, un petit peu.

 

Entendre toutes choses au premier mot

comprendre immédiatement ce qui est dit.

 

Elle était, en compassion, aussi pince-maille qu'en économie.

= elle était avare de sa pitié comme de ses sous.

Pince-maille, très avare, grippe-sou, chiche, ladre.

Dans la Grammaire des grammaires (cinquième édition) 1822

de Charles-Pierre Girault-Duvivier

Page 176 : Grippe-sou, pl. Des grippe-sou. Des gens d'affaires qui moyennant le sou pour livre, c'est-à dire une très légère remise, reçoivent les rentes. C'est dans le même sens que l'on écrira des pince-maille. Maille, dit l'Académie, était une monnaie au-dessous du denier : trois sous, deux deniers et maille.- Il n'a ni sou ni maille. - les pince-maille sont des personnes qui pincent, qui ne négligent pas une maille.

Ainsi les pince-maille sont de deux ou trois degrés plus ladres que les grippe-sou.

 

Il ne put se retenir de marmotter

marmotter, marmonner...

Cf. Littré, parler confusément entre ses dents.

 

Mon pleur, cependant, toucha la vieille femme.

> Ne pas confondre une larme, un pleur - j'ai coutume, j'ai la coutume, comme de coutume, à l'accoutumée – l'abîme, en abyme - une balade, une ballade – un martyre, un martyr – un/une couple

 

sans que Marie pût l'entendre

sans que, locution conjonctive suivie du subjonctif.

Pas de ne explétif dans la subordonnée.

> NE explétif - Quand peut-on l'employer ?

 

Sans doute s'en voulut-elle quelque peu

♦ inversion après sans doute : voir ci-dessus peut-être

♦ quelque peu, un peu.

 

Ce n'était guère là un langage châtié

CF. Littré, un style châtié, un style très pur et très correct.

(pisse, pisser, vulgaire)

 

sont-ce les refus que j'oppose...

Quand emploie-t-on c'est et ce sont, c'était et c'étaient ?

Pas toujours là où l'on pense.

Voir > Confusions : Débattre (Ø, de, sur ?) se rappeler (Ø, de ?) clore ou clôturer, qu'est-ce qui lui (le ?) prend ? Aller (au, chez) quid (de, sur ?) battre froid (à ?) contredire (Ø, à ?) c'est, ce sont...

 

avant même que je ne me fusse épanchée dans son sein

s'épancher, donner libre cours à ses sentiments, avec sincérité.

avant que locution conjonctive suivie du subjonctif 

> NE explétif 

 

à tout le moins, pour le moins, du moins.

 

elle me susurra d'une voix mielleuse

♦ susurrer > Cas où le S ne se prononce pas [z] entre deux voyelles

mielleuse, doucereuse, mêlée d'hypocrisie.

 

<<  163 Délires sur les agissements ambigus de Marie Cratère « Le soleil est nouveau chaque jour* »

>>  165 Délires sur l'amour - « Il n’y a qu’une loi en sentiment, c’est de faire le bonheur de ce qu‘on aime. »*

 

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 19:59

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Complétez avec un homophone :

J'aime la bonne ... - La ... est faible - Il prêche du haut de sa ... -

Ils furent de la ... à canon - La ... d'Aydat mesure 15 km.

Réponse à la fin de l'article

L'adjectif variable cher – chère

♦ que l'on aime bien, pour qui l'on éprouve de l'affection.

Ma chère enfant

Ma très chère amie, je voudrais vous dire ici combien vous m'êtes chère.

Synonymes ou mots de sens proche :

chéri, aimé, bien-aimé, affectionné, adoré, adulé.

 

pour qui l'on éprouve une certaine considération, formule de politesse.

Cher ami, cher maître (pour le notaire, l'avocat, l'huissier...), cher confrère, etc.

 

coûteux

Les pommes sont chères cette année

Comme elle est chère, ta robe !

Je n'ai rien mangé parce que tout était trop cher.

Synonymes ou mots de sens proche :

onéreux, dispendieux, ruineux, inabordable, coûteux, hors de prix, chérot, inestimable, salé.

 

L'adverbe invariable cher

coûter cher, valoir cher

Les pommes se vendent cher cette année.

Comme ça coûte cher d'aller à Tahiti pour les vacances !

Dix mille euros ! Vous allez payer trop cher !

Non, ce n'est pas cher payer pour un tel voyage.

Je ne donnerais pas cher de ta peau.

Tu me le paieras cher.

Tu ne vaux pas cher.

Je donnerais cher pour ne faire aucune faute d'orthographe.

 

Le substantif la chère

♦ faire bonne chère, bien manger, faire un bon repas.

Je suis gourmet, j'aime la bonne chère.

♦ faire bonne chère à quelqu'un (vieilli), lui faire bon accueil

 

Le substantif la chair

constituant du corps humain ou de l'animal ou autre.

Mon fils, tu es la chair de ma chair.

La chair de ce poulet est bien tendre.

Je vais te faire déguster de la chair à saucisse truffée.

Ces pauvres soldats furent de la chair à canon.

J'en ai la chair de poule.

La chair de ce fruit est bien juteuse.

En opposition avec l'âme. Le péché de chair.

« L'esprit est ardent mais la chair est faible. »

      (Évangile selon Saint Matthieu)

 

Le substantif la chaire

♦ une charge dans une université par exemple

Ce professeur à une chaire au Collège de France.

Une tribune 

une estrade où se place le professeur pour donner son cours.
une chaire en bois, en marbre...

Il professe du haut de sa chaire.

Les prêtres faisaient leurs sermons du haut de leur chaire.

Pour en savoir +

> Le Trésor :CHAIRE 

 

Le substantif la cheire

Coulée de lave

Ce vulcanologue étudie les cheires d'Auvergne.

 

> Que signifient les mots synonyme, antonyme, homonyme, homophone, paronyme, hyperonyme, hyponyme, holonyme, méronyme ?

> Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

 

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 Solution de la question posée au début de l'article

J'aime la bonne chère.

La chair est faible.

Il prêche du haut de sa chaire.

Ils furent de la chair à canon.

La.cheire d'Aydat mesure 15 km.

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 19:37

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Question :

Peut-on toujours remplacer PAR CONTRE par EN REVANCHE ?

Voir la note à la fin de l'article.

 

♦ Littré conseillait de n'employer par contre que dans le langage commercial. Voici ce qu'il dit à l'entrée CONTRE :

"Par contre est une locution dont plusieurs se servent, pour dire en compensation, en revanche : Si les artisans sont ordinairement pauvres, par contre ils se portent bien ; Si le vin est cher cette année, par contre il est bon. Cette locution, qui a été tout particulièrement critiquée par Voltaire et qui paraît provenir du langage commercial, peut se justifier grammaticalement, puisque la langue française admet, en certains cas, de doubles prépositions, de contre, d'après, etc. mais elle ne se justifie guère logiquement, par contre signifiant bien plutôt contrairement que en compensation, et devant provenir de quelque ellipse commerciale (par contre ayant été dit pour par contre-envoi) ; en tout cas, il convient de suivre l'avis de Voltaire et de ne transporter cette locution hors du langage commercial dans aucun style."

 

♦ L'Académie 8e édition n'admet pas la locution par contre.

Dans sa 9e édition elle mentionne la locution et ne la considère plus comme une faute puisque de nombreux auteurs l'ont utilisée, cependant elle la déconseille quand on peut lui substituer une autre locution.

Voir par contre à l'entrée CONTRE (partie en caractère gras)

 

♦ Le Trésor, qui cite Grevisse, propose comme synonymes possibles mais d'autre part, mais d'un autre côté, les locutions en revanche et en compensation présentant d'autres nuances.

Voir Le Trésor à l'entrée CONTRE, IV, B Remarque 1.

 

Remarque

J'ai entendu plus d'une fois l'emploi de par contre dans le sens de en outre. C'est une faute. La locution adverbiale en outre signifie de plus, de surcroît.

La locution prépositive en outre de calquée sur en plus de est condamnée par les puristes.

 

Phrase fautive : J'ai fait les soldes et j'ai acheté deux manteaux bon marché, par contre une jolie petite robe d'été ne m'a coûté de 20 euros.

> de plus, en outre, ou de surcroît 

...........................................

Note de mamiehiou : Personnellement, si tant est que je puisse avoir une opinion personnelle dans cette affaire qui a été et qui est aujourd'hui encore pour les puristes sujet à controverse, j'aime employer la locution en revanche quand le contexte s'y prête.

Mais il ne s'y prête pas toujours et André Gide faisait remarquer :  « Trouveriez-vous décent qu’une femme vous dise : "Oui, mon frère et mon mari sont revenus saufs de la guerre ; en revanche j’y ai perdu mes deux fils." »

...........................................

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 18:10

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1-Dans la langue soignée et littéraire, on rencontre fréquemment l'inversion après : ainsi, aussi, aussi bien, à peine, peut-être, sans doute, du moins, pour le moins, tout au moins, à tout le moins, tout au plus, encore moins, à plus forte raison.

 

Il parla, devant mon patron, des sentiments intimes qu'il nourrissait pour moi. Ainsi me mit-il dans l'embarras.

Je vous ai tiré d'un mauvais pas en vous sauvant de la noyade ; ainsi serons-nous liés à jamais, ma pauvre chérie.

ainsi, par conséquent.

Il mentit sur nos relations ; sans doute avait-il peur de passer pour un grand timide.

 Il m'a fait cadeau d'un bel appartement, sans doute croyait-il que ma reconnaissance serait sans bornes.

Je n'ai plus d'à priori* sur les soi-disant qualités de Pierre ; du moins Paul m'a-t-il fait comprendre que je ne pouvais pas lui demander n'importe quoi. 

il, reprise du sujet Paul.

Il m'aimait, à tout le moins le croyait-il.

Il disait vouloir toujours me faire plaisir, tout au plus ne me téléphonait-il que tous les deux mois.

Il m'a promis que je serais son héritière si je m'occupais de lui jusqu'à son dernier souffle ; j'aurais bien du mal à lui dire oui ; à plus forte raison n'ai-je jamais eu pour lui aucun sentiment.

à plus forte raison, à fortiori*, en vertu d'une raison plus forte
Avec son caractère de cochon, il ne pourra jamais trouver personne pour se mettre à son service, à plus forte raison ne le pourrais-je pas, moi qui n'ai aucune patience.

J'aime garder les livres qu'il me prête et il m'en a fait le reproche ; aussi bien ne lui emprunterai-je plus rien.

Je le craignais, aussi évitais-je de le rencontrer.

Aussi, aussi bien : d'ailleurs, au demeurant, au surplus, dans le fait, tout compte fait, somme toute, en tout état de cause, après tout, cf. Le Trésor

Il n'est encore pas venu hier ; peut-être a-t-il eu un empêchement.

Je lui ai dit ses quatre vérités. Peut-être n'entendrai-je plus jamais parler de lui, enfin.

On peut avoir d'autres constructions.

Exemples avec peut-être :

Peut-être que je n'entendrai plus jamais parler de lui.

Je n'entendrai peut-être plus jamais parler de lui.

 

2-On doit toujours faire l'inversion après : toujours est-il, (et) encore (dans le sens de malgré cela – restriction qui donne plus de poids sur ce qui précède)

 

Il fait tout pour lui plaire, il lui offre de fleurs, l'invite au cinéma, lui donne la sérénade, et l'aubade parfois, et encore n'arrive-t-il pas à ses fins.

On me reproche de ne jamais parler de lui. Encore faudrait-il que je le connaisse.

J'ai décidé ce soir de lui demander sa main, encore faut-il que je trouve les mots qui ne la fassent pas partir en courant.

Je lui ai envoyé moult textos depuis une semaine, toujours est-il qu'il ne m'a pas répondu. Que dois-je en penser ?

 

 > Ces expressions ne sont pas suivies d'une virgule.

 

Quand AUSSI signifie DE PLUS et marque une idée de conséquence, il est suivi d'une virgule et il n'y a pas d'inversion.

Il est très fâché contre moi et refuse de m'écrire. Aussi, il ne me téléphone plus ni ne me donne signe de vie.

 

*L'Académie 1932 donne à priori, à fortiori, à postériori avec un accent sur le à

 

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 09:55

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« Voudrais-tu que mon âge, avant le temps, par tes questions, s'envieillisse ? » gronda Marie Cratère.

 

À peine m'étais-je remise de mes émotions, et Marie Cratère de la jouissance inespérée qu'elle avait eue à me porter secours — elle croyait à présent que la gratitude que j'aurais pour elle ferait de moi son esclave — que je saisis l'occasion de lui demander pourquoi elle s'était donné la mission de venir au secours de ses semblables, dans quelque bourbier qu'ils se fussent fourrés.

Mais elle fuyait toutes les questions comme la peste et m'envoya sur les roses° comme tu viens de l'entendre, cher lecteur.

Elle était toujours le contraire de ce à quoi je m'attendais.

J'insistai avec toute la douceur dont je fus capable, sachant bien qu'elle ne pouvait être insensible aux flatteries qu'elle prendrait forcément pour des compliments. Mine de rien, n'en était-elle pas friande ? Je l'eusse parié.

 

« Marie, j'ai vu, dans la forêt, des pauvres gens, hagards et terrorisés, qui s'enfuyaient et se cachaient ; toi qui es sensible à la détresse humaine, et qui exerces ton art dans le dessein de guérir toutes les maladies de tes semblables, dis-moi Marie, dis-moi pourquoi ils se dérobaient ainsi aux yeux du monde, pourquoi ils ont quitté leur cité pour cette forêt inhospitalière, et pourquoi ils se terrent dans des trous.

—Mes semblables ! Tu as dit mes semblables, ricana-t-elle. Ma pauvre fille, tu ne sais pas de quoi tu parles ! »

 

Qu'avais-je donc espéré qu'il fût possible de savoir ? Après l'aide si précieuse que m'avait apportée Marie Cratère, je crus que nos relations seraient au beau fixe, quelque temps pour le moins. Ne l'avais-je pas comblée en m'efforçant de lui être agréable et en accédant à ses désirs ? Et voilà qu'à cet instant, elle me tenait des propos qui m'ôtaient tout espoir de recevoir des réponses claires sur les sujets qui me tenaient à coeur. Peut-être tarderais-je encore longtemps de les connaître.

L'ardeur que j'avais mise à lui obéir aurait-elle jamais aucun effet sur son coeur ? Je me demandais ce qui lui plairait que je pusse faire pour la fléchir un jour, et combien il me faudrait attendre encore pour arracher d'elle quelque chose qui pût me satisfaire.

 

Pour tout réconfort — qui diable l'eût cru ? — je dus me contenter d'avaler une écoeurante ripopée. Je n'osai en laisser la moindre goutte de peur de froisser mon hôte. Après avoir sauvé ma vie, la vieille Marie ne me ménageait guère et me faisait bien sentir que rien, entre nous n'avait changé.

Elle ne m'approuvait pas mais il n'était point l'heure pour elle de me chanter la palinodie°. Elle resta longtemps silencieuse, m'observant de ses petits yeux bordés d'écarlate. Je n'eusse point connu Marie, elle m'eût donné sur les nerfs°. Mais je tâchais à rester patiente.

 

Prétatou, après s'être senti bien inutile de n'avoir pu me porter secours, s'était livré sans mesure aux ébattements quand il m'avait vue saine et sauve. Sa joie fut de courte durée. Il miaula, pour faire diversion, l'atmosphère s'appesantissant de minute en minute.

« Qu'entends-je que ton cador murmure ? Ose-t-il s'immiscer dans nos affaires ? » rugit la vieille qui déversa sur lui son humeur querelleuse.

Elle aurait bien voulu donner du balai° mais elle doutait que je fusse restée chez elle, si d'aventure elle s'en fût prise à mon chien.

......................................................

*Titre : Le soleil est nouveau chaque jour. Aristote, Météorologiques

 

NOTES

Titre : les agissements ambigus de Marie Cratère

au singulier, ambigu, ambiguë (féminin, ambiguë d'après la nouvelle orthographe)

ambigu, flou, équivoque, qui peut avoir plusieurs interprétations.

adverbe, ambigument.

 

Voudrais-tu que mon âge, avant le temps, par tes questions s'envieillisse ?

Envieillir, s'envieillir, envieilli

Littré

♦ envieillir 1 devenir vieux 2 faire paraître vieux

♦ s'envieillir, Devenir vieux. Mon âge, avant le temps, par mes maux s'envieillit. [Régnier, Élégies]

♦ envieilli, 1 devenu vieux

2 Fig. Qui a contracté par le long temps quelque habitude bonne ou mauvaise. Les pécheurs les plus envieillis. [Pascal, Les provinciales]

3 invétéré, en parlant des choses. Une haine envieillie en un coeur déloyal. [Tristan, La Mort de Chrispe]

 

À peine avais-je eu le temps de me remettre

inversion fréquente du sujet après les locutions à peine, ainsi, aussi, peut-être...

> L'inversion du sujet après ainsi, aussi, aussi bien, à peine, peut-être, sans doute, encore, du moins, pour le moins, tout au plus, encore moins, toujours est-il, encore, à plus forte raison.

 

la jouissance inespérée qu'elle avait eue à me porter secours — Elle croyait à présent... —

♦ le participe passé eue s'accorde avec le complément d'objet direct que (antécédent mis pour jouissance) puisqu'il est placé avant lui.

> Règles de l'accord des participes passés

♦ le rôle du tiret dans une phrase ; doit-il être double ?

> Ne pas confondre : trait d'union et tiret

 

pourquoi elle s'était donné la mission de venir porter secours à ses semblables

pas d'accord avec le participe passé donné ; le complément d'objet direct la mission se trouve après le participe du verbe pronominal se donner ; le pronom réfléchi élidé S' (SE) est complément d'objet second (indirect)

> Qu'est-ce qu'un verbe pronominal réfléchi, réciproque, subjectif... ? + QUIZ 32 Accord du participe passé des verbes pronominaux

 

dans quelque bourbier qu'ils se fussent fourrés

♦ quelque... que, locution conjonctive de concession > Quelque... que

fussent subjonctif imparfait

Académie 8e édition, bourbier

Lieu creux et plein de bourbe (fange, boue). S'engager, entrer, tomber dans un bourbier. Se tirer d'un bourbier. Fig. et fam., Se mettre dans un bourbier, S'engager dans une mauvaise affaire. Il s'est mis dans un bourbier d'où il aura peine à se tirer.

 

envoyer sur les roses°, expression familière, se dit cavalièrement à quelqu'un dont on veut se débarrasser.

envoyer paître, envoyer se faire voir, envoyer au diable, aller voir ailleurs si j'y suis,

 

Elle était toujours le contraire de ce à quoi je m'attendais.

Emploi de quoi : pronom neutre interrogatif qui peut avoir pour antécédent ce, rien, quelque chose, autre chose.

Devinez ce à quoi je pense, ce dans quoi je vis, ce avec quoi je travaille, ce dans quoi je m'embourbe, ce sur quoi je marche. Je n'ai rien à quoi me rattacher ni quelque chose à quoi tenir...

 

elle fuyait toutes les questions comme la peste

> Comparaisons – léger comme... méchante comme... long comme... nu comme... sourd comme... solide comme... ronfler comme... sauter comme... battre comme... jurer comme... menteur comme... QUIZ 52

 

mine de rien, sans en avoir l'air.

 

toi... qui exerces ton art dans le dessein de guérir...

> Peut-on dire "dans quel but ? dans le but de... " ?

 

je l'eusse parié

subjonctif plus-que parfait à valeur de conditionnel, conditionnel passé.

je l'aurais parié

 

Qu'avais-je donc espéré qu'il fût possible de savoir ?

Fût, subjonctif imparfait

cas où le verbe espérer est suivi du subjonctif > Espérer que - J'espère que, je n'espère pas que, espérez-vous que - Prendre garde que - Inutile que - Prendre garde que, à ce que - Faire attention que, à ce que + subjonctif ou indicatif ?

 

Je me demandais ce qui lui plairait que je pusse faire

-Ce qui, ce que, pronoms interrogatifs dans l’interrogation indirecte, jouent le rôle de locutions pronominales interrogatives :

Interrogation directe : Qu'est-ce qui te plaira ?

indirecte :Je demande ce qui te plaira.

au passé : je me demandais ce qui te plairait.

De même avec ce que

Que dit-elle ? Je ne sais pas ce qu'elle dit - Je ne savais pas ce qu'elle disait.

-Pronoms relatifs sans antécédent : Je ne pouvais pas lui dire : « Ce qui m'est odieux, Marie, c'est ton hypocrisie. » la relative ce qui m'est odieux est sujet réel de est dans c'est ton hypocrisie.

Elle est odieuse, ce qui me rend nerveuse - Dans ce cas ce qui remplace la proposition précédente, il est sujet de rend.

Ce que tu me demandes est inadmissible. Ce que est complément d'objet direct de demandes.

 

Peut-être tarderai-je encore longtemps de les connaître.

Tarder de ou tarder à

tarder de, littéraire.

> Verbes qui se construisent avec à + infinitif ou de + infinitif

 

quelque chose qui pût me satisfaire

subjonctif dans une proposition subordonnée relative contenant une idée de conséquence

 

Qui diable y eût cru ?

Qui diable aurait cru à un quelconque réconfort ?

 

Je dus me contenter d'avaler une écoeurante ripopée

Littré, ripopée :

Terme familier et de mépris. 1-Mélange que les cabaretiers font des différents restes de vin. Ce n'est que de la ripopée. 2-Mélange de différentes sauces, de différentes liqueurs. Quelle ripopée faites-vous là ? 3-Fig. et familièrement. Ouvrage, écrit composé d'idées communes, incohérentes, etc.

 

Mon hôte

♦ une hôte ou une hôtesse, celle qui reçoit.

Une hôte, celle qui est reçue.

♦ mon au lieu de ma pour éviter l'hiatus, le h de hôte étant muet.

> L'euphonie - Emploi des lettres euphoniques pour éviter l'hiatus – Vas-y ET Va y comprendre quelque chose ! – Va-t'en OU Va-t-en ?

> La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction 

 

Avoir les yeux bordés d'écarlate°

Locution vieillie, avoir les yeux rouges, enflammés.

 

Chanter la palinodie°, locution, au sens figuré, désavouer ce qu'on a dit auparavant.

Rappelle-toi, lecteur, toi qui suis les aventures d'Oli depuis si longtemps, Marie Cratère aime Oli, elle l'aime avec passion, quoiqu'elle lui fasse subir continûment des vexations et des mauvais traitements.

 

Je n'eusse point connu Marie, elle m'eût donné sur les nerfs°.

Si je n'avais pas connu Marie, elle m'aurait porté sur les nerfs.

Donner sur les nerfs (à quelqu'un)°, expression familière, l'irriter.

♦ Je n'eusse point connu Marie, subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé > je n'aurais point connu Marie...

 

je tâchais à rester patiente

♦ noter la préposition, tâcher à + infinitif (littéraire et vieilli)

> je m'efforcerai à rester patiente

Plus couramment tâcher de

♦ autre sens de tâcher, s'occuper.

> Verbes qui se construisent avec les prépositions à ou de suivies d'un infinitif

 

Prétatou s'était livré sans mesure aux ébattements

ébattement, action de s'ébattre pour manifester sa gaieté.

 

Qu'entends-je que ton cador murmure ?

cador, mot qui vient de l'arabe > argot pour chien

Ni l'Académie ni le Trésor n'admettent le mot.

 

Elle aurait bien voulu donner du balai° mais elle doutait que je fusse restée chez elle si d'aventure elle s'en fût prise à mon chien.

♦ donner du balai° s'en débarrasser

♦ elle doutait que je fusse restée

> Douter que, se douter que / Je doute que, nul doute que, il n'est pas douteux que... Je me doute que, il ne se doute pas que... + indicatif ou subjonctif ?

♦ si elle s'en fût prise à mon chien

Cf. Académie (8e édit.) S'en prendre à quelqu'un, Lui attribuer quelque faute, vouloir l'en rendre responsable, lui en donner le tort. On s'en prend à moi, comme si j'étais pour quelque chose dans cette affaire.

> les modes employés après la conjonction de subordination si

Si + indicatif, subjonctif, quel mode choisir ?

 

> À savoir : le conditionnel n'est plus considéré comme un mode, ses temps font partie de l'indicatif.

Le conditionnel ne serait-il plus un mode ? Le futur antérieur du passé - Le futur antérieur hypothétique

 

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 07:50

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FLORILÈGE – Textes d'auteurs

 

IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII

Un florilège de textes sélectionnés par mamiehiou

IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII   IIIIIIIIIIIIIIII

 

-26- 

 

Pensées - Le Pari

 

Blaise Pascal

1623-1662

Philosophe, moraliste, théologien,

mathématicien, physicien, inventeur.

 

 

Pascal ne se pose pas la question de savoir si Dieu existe ou s'il n'existe pas. Pour lui, il n'y a aucun doute, Dieu existe. Il s'agit ici, non pas de nous convaincre de l'existence de Dieu mais de nous amener à réfléchir s'il n'est pas de notre intérêt de miser sur son existence.

Dans le pari qu'il nous propose de faire, il essaie de démontrer que même si nous ne croyons pas en Dieu, cela vaut la peine de parier que Dieu existe. Car, si nous parions qu'il existe, et qu'il existe, nous gagnons la vie éternelle, c'est-à-dire "une infinité de vies infiniment heureuses". Si nous parions qu'il n'existe pas, et qu'il existe, nous avons gros, très gros à perdre ! Et notre vie présente est "si peu de chose et de si peu de durée" que la mise ne pèse pas beaucoup dans la balance.
 

Pensées de Pascal - extraits

Tome II

Pages 9-10

En un mot, l'homme connaît qu'il est misérable. Il est misérable puisqu'il le connaît ; mais il est bien grand puisqu'il connaît qu'il est misérable.

Quelle chimère est-ce donc que l'homme ! Quelle nouveauté, quel chaos, quel sujet de contradiction ! Juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, amas d'incertitude ; gloire et rebut de l'univers ; s'il se vante, je l'abaisse ; s'il s'abaisse, je le vante ; et le contredis toujours jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il est un monstre incompréhensible.

Pages 24-26 LE PARI

B-[...] On peut bien connaître qu'il y a un Dieu, sans savoir ce qu'il est : et vous ne devez pas conclure qu'il n'y a point de Dieu, de ce que nous ne connaissons pas parfaitement sa nature. [...]

A-[...] Cependant il est certain que Dieu est ou qu'il n'est pas ; il n'y a point de milieu. Mais de quel côté pencherons-nous ? La raison, dites-vous, ne peut rien y déterminer. Il y a un chaos infini qui nous sépare. Il se joue un jeu, à cette distance infinie, où il arrivera croix ou pile : que gagerez-vous ? Par raison vous ne pouvez assurer ni l’un ni l’autre ; par raison vous ne pouvez nier aucun des deux.

B-Ne blâmez donc pas de fausseté ceux qui ont fait un choix, car vous ne savez pas s'ils ont tort, et s'ils ont mal choisi.

A- Je les blâmerai d’avoir fait, non ce choix, mais un choix ; et celui qui prend croix, et celui qui prend pile, ont tous deux tort ; le juste est de ne point parier.

B- Oui mais il faut parier : cela n'est point volontaire ; vous êtes embarqué, et ne point parier, c'est parier que Dieu n'est pas. Lequel choisirez-vous donc ? Voyons ce qui vous intéresse le moins : vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien ; et deux choses à engager : votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude, et votre nature a deux choses à fuir : l’erreur et la misère. Parions donc qu'il est, sans hésiter. Votre raison n’est pas plus blessée en choisissant l’un que l’autre ; puisqu'il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé ; mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte : en prenant le parti de croire ; si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Croyez donc si vous le pouvez.

A- Cela est admirable ; oui, il faut croire ; mais je hasarde peut-être trop.

B- Voyons puisqu'il y a pareil hasard de gain ou de perte, quand vous n'auriez que deux vies à gagner pour une, vous pourriez encore gager. Et s'il y en avait dix à gagner, vous seriez imprudent de ne pas hasarder votre vie pour en gagner dix à un jeu où il y a pareil hasard de perte et de gain. Mais il y a ici une infinité de vies infiniment heureuses à gagner avec pareil hasard de perte et de gain ; et ce que vous jouez est si peu de chose et de si peu de durée, qu'il y a de la folie à le ménager en cette occasion.

Car il ne sert de rien de dire qu'il est incertain si on gagnera, et qu'il est certain qu'on hasarde ; et que l'infinie distance qui est entre la certitude de ce que l'on expose et l'incertitude de ce que l'on gagnera égale le bien fini, qu'on expose certainement à l'infini qui est incertain.

 

Voir la suite page 26 : >> Pensées- Blaise Pascal- Google Livres - Google Books (tome 2)

 

Remarque 1 : On trouve sur la toile plusieurs versions du Pari de Pascal. Les présentations du texte sont différentes de celle que je donne ici. C'est le texte de l'Édition d'Antoine Auguste Renouard, les textes publiés précédemment avaient été mutilés. Voir la préface qu'il signe en 1812 dans le Tome I.

> Pensées- Blaise Pascal- Google Books (tome 1)

 

Remarque 2 : J'ai pris la liberté de modifier la graphie de quelques mots :

vidé > vuidé

connaître > connoitre,

connaissons > connoisssons

connaissance > connoissance...

 

Remarque 3 : Pascal emploie le verbe gager qui signifie parier.

Attention : J'ai lu dans certains textes sur la toile le verbe gagner au lieu de gager, ce qui est une mélecture et une mauvaise copie du texte.

 

 

oooooooooooooooooooooooooooooooooo

 

Arnobe (240?-304?), était un écrivain de langue latine qui enseigna la rhétorique en Afrique du Nord. Après avoir longtemps combattu la religion chrétienne, il se convertit et il écrivit un ouvrage contre les gentils* : De Adeversus nationes.

*Les auteurs chrétiens appelaient les païens les gentils

Montaigne, Bossuet, La Fontaine se sont inspirés de lui ; et Pascal, comme en témoigne le texte qui suit.

Arnobe s'adresse ici aux gentils et leur propose un pari.

 

Voici, bien avant Pascal, le pari d'Arnobe. 

Le Christ n'apporte lui-même aucune preuve de ses promesses, dites-vous. Certes, les événements à venir ne peuvent être prouvés. Mais du fait que, par nature, l'avenir ne se laisse appréhender ni embrasser par aucune prévision, y a-t-il meilleur choix, entre deux possibilités incertaines et prochaines, que de croire plutôt en celle qui apporte quelque espoir qu'en celle qui n'en laisse pas subsister un seul ? Dans le premier cas, on n'a rien à redouter si ce que l'on attend n'aboutit qu'au néant. Dans le second, on subit un immense dommage, la perte du salut, si, le moment venu, il apparaît que ce n'était pas mensonge.

Que pouvez-vous répondre, ignorants dignes de nos pleurs et de notre pitié ? Ne vous terrifie-t-elle pas, l'idée que l'objet de votre mépris et de votre dérision puisse être vrai ?

 

Pour lire d'autres textes >>> Florilège – La pensée des autres

 

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 18:27

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Mon travail dans le drôle de logis de Marie Cratère étant terminé, je m'apprêtai à prendre quelque repos. Je savais que le banc de pierre scellé contre le pignon de la maison était tout disposé à m'accueillir.

En sortant, je remarquai qu'une niche avait été aménagée, très haut, dans l'arête du mur, et qu'on y avait installé, en des temps très anciens, une statue de granit. On pouvait deviner qu'elle représentait un chevalier debout, tout armé, avec son heaume, son armure, sa lance et son écu. Les intempéries, insensibles à toute forme artistique, en avaient rongé les détails, sans pour autant retirer, à cette noble figure, son allure altière.

Ce qui m'intrigua ne fut pas qu'elle se trouvât là, tant s'en faut, la maison avec ses caractères étranges ne me déconcertait plus guère, mais le socle, qui retenait le noble personnage afin qu'il restât vertical, s'était émoussé au fil du temps, de sorte que la statue penchait, et qu'elle penchait dangereusement, au risque de ne plus se maintenir.

Ce que voyant, je décidai, sans bien réfléchir je l'avoue, et avec toute la témérité dont tu me sais capable, fidèle lecteur, de sauver ce digne objet et de le rétablir dans sa majestueuse verticalité.

On peut être surpris de ce que je commets parfois des imprudences.

Ayant grimpé sur le banc qui n'était destiné qu'à recevoir mon séant, je me hissai donc sur la pointe des pieds et étendis les bras pour me saisir du preux. Bien qu'il fût très lourd, je le sentis bouger, instable, entre mes mains, mais je n'étais pas assez forte, dans cette position pour le moins inconfortable, pour le rétablir comme je l'aurais voulu, et si, à cet instant, je l'avais lâché, j'ose à peine imaginer ce qui serait advenu de lui... et de moi.

Plût à Dieu que j'eusse alors assez de force pour parvenir à mes fins !

 

Une petite goutte au bout de mon nez vint à me chatouiller. Mais j'avais les deux mains prises, bien occupées qu'elles étaient à retenir fermement la statue branlante et il n'était pas dans mon intention de la laisser choir, d'autant que j'étais de plus en plus certaine qu'elle me serait tombée dessus si d'aventure j'avais cessé de la tenir. La sensation que j'éprouvais au bout de mon nez était si vive que je me demandais comment il se faisait qu'une goutte aussi petite arrivât à ce point à capter toute mon attention. Mon esprit se révolta. L'idée même que cette infime goutte devînt le centre d'une unique préoccupation — à savoir que ce chatouillement dût cesser promptement — m'empêchait de me concentrer sur l'activité commencée. Et l'alternative qui se présentait à moi ne me donnait pas un choix véritable. Soit que je continuasse à essayer de remettre la statue en place en supportant l'insupportable chatouillis, soit qu'il me fallût me gratter d'urgence le bout du nez, et dans ce cas, j'allais tout lâcher et recevoir l'indocile objet sur la tête ; tout me sembla sans issue. J'imaginai alors avec effroi que ma vie, à coup sûr, pourrait être en un instant différente de celle que j'avais eue jusqu'aujourd'hui. Mais voilà que la démangeaison arriva à son comble. Qu'elle en vînt à subjuguer ma pensée m'étonna au plus haut point. Que mon corps tout entier fût dominé par une goutte minuscule me mit dans une colère noire. Tous mes efforts tendaient à m'obliger à rester calme, autant que je le pouvais, dans ce moment qui était, croyez-moi, je vous l'assure, un vrai moment de torture. Mon attention était captive, avec tant d'acuité, de ce petit rien, ou, pour le moins, de l'effet qu'il produisait sur ma personne que j'étais bien incapable de réfléchir à la façon la plus rapide de remettre sur pied la statue qui, comme mue d'une vie propre, commençait à trembler dans mes mains, lesquelles étaient prises soudain d'un trouble nerveux contre quoi je me sentis bien impuissante. Elle oscillait dangereusement, elle tanguait comme sur un bateau ivre dans la tempête, et ce tremblement s'accélérait sans que j'y pusse rien et je voyais approcher avec effroi l'instant où tout basculerait. Mes pieds, haussés sur leurs pointes menaçaient de lâcher ; mes mains s'engourdissaient. La goutte perla. Une violente envie de pleurer me prit par surprise et je mesurai à quel point mon imagination exacerbée me fit me représenter déjà tombée sur le sol, la tête broyée par l'impitoyable chevalier.

La pensée de la mort imminente me traversa, fulgurante. Et je songeai en un éclair que cette mort, qui allait survenir, me priverait irrémédiablement de la possibilité de découvrir tout ce que je voulais savoir du monde où je vivais.

Au moment ultime où aucune solution salvatrice ne semblait d'offrir à moi, je sentis les deux bras secourables de Marie Cratère qui venait à point nommé de se hisser à côté de moi. J'en vins presque à croire au miracle. J'eus tout juste le temps de m'étonner de la voir tout à coup plus grande qu'elle me fût jamais apparue. Elle se saisit vigoureusement de la statue près de tomber et la cala autoritairement dans sa position originelle, telle qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être.

Et je pus, sitôt que je fus sauvée, me gratter le nez.

...................................................

 

NOTES

je m'apprêtai à prendre quelque repos

passé simple, le temps du récit.

 

Le banc de pierre, scellé contre le pignon de la maison était tout disposé à m'accueillir.

♦ Le banc de pierre était tout disposé à m'accueillir 

Une figure de style, LA PERSONNIFICATION. 

Aussi dans > Les intempéries, insensibles à toute forme artistique...

Le pignon (de la maison)

Cf. Littré - Terme d'architecture. La partie des murs qui s'élève en triangle et sur laquelle porte l'extrémité de la couverture. J'habitais au milieu des hauts pignons flamands. [Victor Hugo, Les Contemplations V, 8]

Avoir pignon sur rue signifiait autrefois avoir une maison dont le pignon donne sur la rue. Aujourd'hui, être fortuné, être reconnu dans une activité particulière.

 

une statue de granit, ou de granite.

Le granit est une roche éruptive, cristalline, dure et d'aspect granuleux.

 

un chevalier avec son heaume, son armure, sa lance et son écu

le heaume, casque du Moyen Âge qui enveloppait la tête et auquel on avait pratiqué des ouvertures pour les yeux.

L'écu, le bouclier du chevalier.

 

son allure altière, d'une fierté hautaine.

 

Ce qui m'intrigua ne fut pas qu'il se trouvât là, tant s'en faut

♦ trouvât, subjonctif imparfait.

> Valeurs et emplois du subjonctif

♦ tant s'en faut, loin de là.

À noter : l'expression Loin s'en faut est fautive.

 

au risque de ne plus se maintenir

se maintenir peut s'employer sans complément prépositionnel.

au risque de ne plus se maintenir dans sa position première, de bout...

 

Ce que voyant,...

en voyant cela.

survivance qu'une syntaxe ancienne : ce que suivi d'un participe présent.

Ce qu'entendant,... est plus rare.

 

On peut être surpris de ce que je commets parfois des imprudences.

Ou bien

♦ On peut être surpris que je commette parfois des imprudences

> Cf. Littré - Surpris dans le sens de étonné, régit l'indicatif après de ce que : Vous êtes surpris de ce qu'il ne vient pas. Mais après que, il régit le subjonctif : Vous êtes surpris qu'il ne vienne pas.

 

mon séant, mon fessier, mon derrière.

 

Bien qu'il fût très lourd, je le sentis bouger

fût subjonctif imparfait

> Bien que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ? 

 

ce qui serait advenu de moi

advenir, dans la langue courante, se produire comme d'une chose possible.

 

Plût à Dieu qu'il me donnât assez de force pour tenir !

Tournure qui exprime un souhait, subjonctif optatif.

Plût à Dieu..., subjonctif imparfait

Plaise à Dieu..., subjonctif présent

 

La maison ne me déconcertait plus guère

ne... plus guère,

synonyme, ne... plus beaucoup.

 

Une petite goutte au bout de mon nez vint à me chatouiller.

Venir à, suivi d'un infinitif, signifie que le fait est inattendu ou qu'il est arrivé à son aboutissement : en venir à.

> j'en vins presque à croire au miracle.

 

Mais j'avais les deux mains prises, bien occupées qu'elles étaient à retenir la statue branlante

occupées, attribut de elles

 

soit que je continuasse à essayer... soit qu'il me fallût me gratter...

la locution conjonctive marque l'alternative

> Soit que... soit que - subjonctif

 

en supportant l'insupportable

Une figure de style, LE POLYPTOTE est la répétition d'un même mot revêtant différentes formes grammaticales dans une même phrase.

 

Qu'elle en vînt à subjuguer ma pensée m'étonna au plus haut point.

subjuguer, soumettre par la force.

vînt subjonctif dans une propostion introduite par que en tête de phrase. Même chose pour la phrase suivante.

> Les verbes difficiles conjugués à l'indicatif présent, au passé simple, au subjonctif présent et au subjonctif imparfait

 

celle que j'avais eue jusqu'aujourd'hui 

> Jusque, jusqu'à, jusqu'hier, jusques, jusques et y compris, jusques à quand, jusqu'à ce que...

 

une colère noire

> Jeux sur les couleurs : Complétez les phrases avec des noms de couleurs

 

ce tremblement s'accélérait sans que j'y pusse rien

sans que j'y pusse quelque chose.

Pas de ne négatif ni de ne explétif.

> Sans que

> NE explétif - Quand peut-on l'employer ? - sans que je ne - avant que je ne - je crains que tu ne - j'empêche que tu ne - je m'attends à ce que tu ne - je ne nie pas que tu ne...

et > Rien.

 

la voir tout à coup plus grande qu'elle me fût jamais apparue

> Jamais, ne jamais, jamais plus, au grand jamais, à jamais, si jamais, oncques... + Adverbes et locutions adverbiales de temps

 

la statue près de tomber

> Ne pas confondre : près de, prêt à 

 

Et je pus, sitôt qu'elle m'eut sauvée, me gratter le nez.

♦ sitôt que (langue soutenue), aussitôt que, après que,

♦ eut sauvée, passé antérieur.

Ne pas confondre passé antérieur et subjonctif plus-que-parfait

> Passé simple ou subjonctif imparfait ? Passé antérieur, subjonctif plus-que-parfait ou conditionnel passé ? QUIZ 29

locutions conjonctives de temps suivies de l'indicatif.

Voir Sitôt que simultanéité, antériorité

♦ elle m'eut sauvée, le participe passé conjugué avec avoir s'accorde avec le complément d'objet direct me ( féminin) placé avant lui.

> Règles de l'accord des participes passés

 

SURPRIS ou ÉTONNÉ

Le célèbre lexicographe français Émile Littré avait l'habitude de travailler de longues heures dans son cabinet, ou personne n'osait le déranger. Mais un jour, son épouse, qui avait une affaire urgente à discuter avec lui, monta quand même au cabinet de M. Littré pour lui parler. Elle ouvrit la porte, entra - et trouva son mari avec la bonne !

Monsieur, je suis surprise ! s'écria la bonne dame, bouche bée.

Non, madame, lui répondit le grand lexicographe, sans pourtant tourner la tête – c'est moi qui suis surpris ; vous, vous êtes étonnée !

Pour un vrai lexicographe la distinction de sens reste, comme on le voit, le point central dans n'importe quelle situation.

Note : Il y a beau temps que je connais cette anecdote pour l'avoir inscrite dans mes petits carnets. Malheureusement j'ai omis d'en écrire le nom de l'auteur et je ne m'en souviens plus.

J'ai retrouvé ce texte sur la toile, mais sans le nom de son auteur, dans le Dictionnaire explicatif et combinatoire du français contemporain: ... - Volume 4 - Page ix - Résultats Google Recherche de Livres

books.google.fr/books?isbn=2760617386

Igorʹ Aleksandrovič Melʹčuk, Igor A. Mel'cuk, Nadia Arbatchewsky-Jumarie

Étonnant, non !

 

>> 161 Délires où ma joie demeure*

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 16:30

Les poèmes de mamiehiou

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Rien qu'un avertissement : Ceci n'est presque rien et n'a rien d'un poème.

  ................. 

 

 

RIEN

.

mais alors, rien du tout.

 

rien de rien.

 

Que dalle !*

 

Fifre ! Nib !

 

Mais si, un tout petit rien.

 

Tout petit petit.

 

Mais vraiment petit, alors.

Et ce n'est pas rien.

 

Une vétille,

une babiole,

une broutille,

une bricole,

une broquille,

une misère,

une poussière.

 

Mais que pourrai-je donc faire avec rien ?

Et même avec un tout petit rien ?

Pas grand-chose ! 

 

Votre indifférence ne diminue en rien

les sentiments qui sont les miens

et qui durent.

 

Impossible d'en rien conclure.

 

Je doute que vous ayez rien compris.

Vous vous gardez bien d'en rien dire

et d'en rien faire aussi.

Mais je ne vous empêcherai point d'en rien penser.

 

Je ne veux voir rien d'autre que vous...

 

Même si je vous aimais plus que rien au monde,

vous me verriez impuissante à rien tenter.

Que rien de vous ne me morfonde !

Je tremble rien qu'à y penser...

Non, non, ce n'est rien.

Pour peu qu'il vous en chaille !

Rien qui la peine vaille.

 

On n'a rien sans rien,

me dis-je.

Il suffirait d'un rien

qui vous oblige,

vous sauriez tout en un rien de temps !


Vous refusez-vous d'en rien croire ?

Vous n'entendez rien à rien ! 

Voire !

 

Vous dites que je suis une moins que rien

et rien moins qu'une bonne à rien.

 

Vous dites que je n'ai rien pour moi,

  aussi que je suis un rien moche.

que je n'ai rien,

ne vis de rien.

Rien dans les mains, rien dans les poches !

 

Loin d'en rien soupçonner

— et je n'en pense pas moins —

je ne dirai rien,

rien qui puisse vous déplaire.

 

D'en rien attendre je désespère.

 

Je ne vous suis de rien

et je ne vous suis rien.

Quelle affaire !

 

L'inaptitude à rien comprendre,

cela ne vous dit rien ?

Vraiment rien ?

 

Et je vis avec mes petits riens,

pas moins patiente que si de rien n'était,

et gentille aussi.

Ma tristesse, c'est trois fois rien.

 

Quoi ?

Vous n'y êtes pour rien ?

 

Je ne suis rien moins que moi-même.

Je n'y peux rien.

Je vous aime.

 

 

Notes

Que dalle ou que dal - fifre - nib : argot > rien.

 

Je doute que vous ayez rien compris.

> Je suis bien sûre que vous avez compris quelque chose.

Douter que, se douter que / Je doute que, nul doute que, il n'est pas douteux que... Je me doute que, il ne se doute pas que... + indicatif ou subjonctif ?

 

Pour peu qu'il vous en chaille. Cf Anatole France

du verbe chaloir

Pour peu que cela ait quelque importance pour vous.

>>Les verbes défectifs

 

à lire sur Le Trésor de la Langue Française 

 >> RIEN, pronom indéfini

  pour y retrouver les diverses acceptions de rien et les tournures syntaxiques.

 

Champ lexical - Champ sémantique - Niveau de langue - Registre de langue - style soutenu, courant, familier, populaire, argotique, ou vulgaire - Archaïsmes

 

Les poèmes de mamiehiou

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 12:58

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LE FRANÇAIS DANS TOUS SES ÉTATS

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LIRE > Ne pas confondre : du, dû, dus, dut, due, dues et dût

 

1Du coeur et de l'ardeur d'apprendre 

 

La correction est à la suite du texte

Un petit élève que vous n'avez pas du connaître, fut un modèle du genre.

Il du faire beaucoup d'efforts pour arriver à un résultat qui force, encore aujourd'hui, l'admiration du plus grand nombre.

2Je lui avais donné du travail tous les jours. Il m'avait dit : « Du(t)-il me coûter des heures d'insomnies, j'y mettrai du mien, de la persévérance et du courage. Je serai bientôt en mesure de te régler les leçons du, ajouta-t-il. À chacun son du ! » Je lui répondis que mes cours étaient gratuits quoi qu'il du en penser.

3« Ah, mamiehiou ! s'exclama-t-il. Tu dispenses du savoir grammatical et il ne tient qu'à moi d'en saisir, du mieux possible, toutes les règles. Sache cependant que je n'exige pas ton aide comme une chose du. »

4Il du me parler de sa gratitude et me fit même la bise. Peut-être cette récompense m'était-elle du, tous comptes faits. Il m'offrit du vin, mais je préférai du café. Je considérai alors que ses du étaient réglés. Je lui fus reconnaissante à mon tour du cas qu'il faisait de ma sollicitude.

5Du balcon du sixième étage de mon immeuble, je l'apercevais chaque jour par delà sa fenêtre du quatrième d'en face. Prenait-il du bon temps avec ses exercices ?

6Ah, j'imaginais toutes les heures qu'il avait du passer à réfléchir pour faire tous les devoirs que j'avais du lui donner du 1er janvier au 31 décembre ! Cela avait du lui prendre la tête. Je ne doutais pas qu'il avait du se torturer l'esprit pour arriver à tout comprendre.

7Je du le rassurer : « Un jour le mot DU n'aura plus de secrets pour toi. Geoffroy du Plessis. Ta ténacité paiera car elle sera du à ta soif d'apprendre. Je ne saurais que t'encourager. »

8Mais, du reste, il savait déjà qu'en ce monde rien ne lui était du ; et il du continuer, sans relâche, à faire preuve d'un acharnement et d'une obstination du à son tempérament de winner — aïe ! un anglicisme ici, quelle horreur ! — de gagnant, veux-je dire.

9Qu'il du franchir mille obstacles avec succès fut un défi.

 

Voici le texte corrigé et les explications.

Voir aussi la leçon :

Ne pas confondre : du dû dus dut, due, dues, et dût

 

1 Du coeur et de l'ardeur d'apprendre

 

Un petit élève que vous n'avez pas  connaître, fut un modèle du genre.

Il dut faire beaucoup d'efforts pour arriver à un résultat qui force encore aujourd'hui, l'admiration du plus grand nombre.

2 Je lui avais donné du travail tous les jours. Il m'avait dit : " Dût-il-il me coûter des heures d'insomnies, j'y mettrai du mien, de la persévérance et du  courage. Je serai bientôt en mesure de te régler les leçons dues, ajouta-t-il. À chacun son ! " Je lui répondis que mes cours étaient gratuits quoi qu'il dût en penser.

3 "Ah, mamiehiou ! s'exclama-t-il. Tu dispenses du savoir grammatical et il ne tient qu'à moi d'en saisir, du mieux possible, toutes les règles. Sache cependant que je n'exige pas ton aide comme une chose due.

4 Il dut me parler de sa gratitude et me fit même la bise. Peut-être cette récompense m'était-elle due, tous comptes faits. Il m'offrit du vin, mais je préférai du café. Je considérai alors que ses dus étaient réglés. Je lui fus reconnaissante à mon tour du cas qu'il faisait de ma sollicitude.

5 Du balcon du sixième étage de mon immeuble, je l'apercevais chaque jour par delà sa fenêtre du quatrième d'en face. Prenait-il du bon temps avec ses exercices ?

6 Ah, j'imaginais toutes les heures qu'il avait passer à réfléchir pour faire tous les devoirs que j'avais dû lui donner du 1er janvier au 31 décembre ! Cela avait lui prendre la tête. Je ne doutais pas qu'il avait se torturer l'esprit pour arriver à tout comprendre.

7 Je dus le rassurer : « Un jour le mot DU n'aura plus de secrets pour toi. Geoffroy du Plessis. Ta ténacité paiera car elle sera due à ta soif d'apprendre. Je ne saurais que t'encourager. »

8 Mais, du reste, il savait déjà qu'en ce monde rien ne lui était ; et il dut continuer, sans relâche, à faire preuve d'un acharnement et d'une obstination dus à son tempérament de winner — aïe, un anglicisme ici, quelle horreur ! — de gagnant, veux-je dire.

9 Qu'il dût franchir mille obstacles avec succès fut un défi.

 

1 Du coeur et de l'ardeur d'apprendre

du coeur > du courage

du, contraction de de, préposition et de le, article défini

de indique le sujet dont on parle, dans un article, un titre d'ouvrage. (de, du, de la, des)

> au sujet de, à propos de

Cf. mamiehiou : Du Plaisir de la Lecture des Dictionnaires

Du bonheur de vivre (Fontenelle) – De l'Amour Stendhal - De l'Allemagne Madame de Staël

Un petit élève que vous n'avez pas  connaître, fut un modèle du genre.

dû, participe passé (passé composé de devoir)

Il dut faire beaucoup d'efforts

dut, passé simple, je dus, tu dus, il dut, nous dûmes, etc.

pour arriver à un résultat qui force encore aujourd'hui, l'admiration du plus grand nombre.

du, contraction de de le, de (préposition) et le (article défini)

du plus grand nombre complément d'admiration.

2 Je lui avais donné du travail tous les jours.

du, partitif, contraction de de le.

Il m'avait dit : " Dût-il me coûter des heures d'insomnies, j'y mettrai du mien,

dût-il, subjonctif imparfait dans une proposition conditionnelle (ici en début de phrase)

équivalent : même si ce travail devait me coûter des heures d'insomnies

Voir : je dusse, dussé-je, dussè-je

et

Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je...

c'est-à dire de la persévérance et du courage.

du partitif, contraction de de le

Je serai bientôt en mesure de te régler les leçons dues, ajouta-t-il.

dues, adjectif variable (féminin, pluriel), épithète de leçons

(> seul le masculin singulier dû prend l'accent circonflexe)

À chacun son ! "

son dû, substantif (participe passé substantivé de devoir).

Un dû, des dus.

Je lui répondis que mes cours étaient gratuits quoi qu'il dût en penser.

dût, subjonctif imparfait.

On a le subjonctif dans une proposition subordonnée introduite par quoi que, à ne pas confondre avec quoique.

Voir : Ne pas confondre : quoique et quoi que – quelque, quelque... que, et quel que

3 "Ah, mamiehiou ! s'exclama-t-il. Tu dispenses du savoir grammatical

du partitif, contraction de de le.

et il ne tient qu'à moi d'en saisir, du mieux possible, toutes les règles.

du mieux possible, locution adverbiale (du, de le)

Sache cependant que je n'exige pas ton aide comme une chose due.

due, adjectif, épithète de chose.

4 Il dut me parler de sa gratitude et me fit même la bise.

dut, passé simple.

Peut-être cette récompense m'était-elle due, tous comptes faits.

Indicatif imparfait : elle m'était due (voix passive) on me la devait (voix active)

due, participe passé de la voix passive, accord avec le sujet (auxiliaire être)

Il m'offrit du vin, mais je préférai du café.

du, partitif (de le)

Je considérai alors que son était réglé.

son dû, substantif au singulier

Je lui fus reconnaissante à mon tour du cas qu'il faisait de ma sollicitude.

du, contraction de la préposition de et de l'article défini le.

du cas, complément de l'adjectif reconnaissante.

5 Du balcon du sixième étage de mon immeuble, je l'apercevais chaque jour par delà sa fenêtre du quatrième d'en face. 

du balcon, depuis le balcon, complément de lieu.

du, contraction de la préposition de et de l'article défini le.

du sixième étage, complément du nom balcon

du, contraction de la préposition de et de l'article défini le

du quatrième, complément du nom fenêtre

du, article contracté : préposition de + le

Prenait-il du bon temps avec ses exercices ?

du, partitif.

6 Ah, j'imaginais toutes les heures qu'il avait passer à réfléchir

dû participe passé du verbe à l'indicatif plus-que-parfait

pour faire tous les devoirs que j'avais lui donner

dû participe passé du verbe à l'indicatif plus-que-parfait

du1er janvier au 31 décembre !

du, contraction de la préposition de et de l'article défini le.

préposition introduisant un complément circonstanciel de lieu.

Cela avait lui prendre la tête.

dû, participe passé du verbe à l'indicatif plus-que-parfait

Je ne doutais pas qu'il avait se torturer l'esprit pour arriver à tout comprendre.

dû, participe passé, le verbe est à l'indicatif plus-que-parfait

On emploie le subjonctif dans une complétive avec douter comme verbe dans la principale ; mais quand le verbe douter est à la forme négative, il n'y a plus de doute, on emploie l'indicatif.

7 Je dus le rassurer :

dus, passé simple

« Un jour le mot DU n'aura plus de secrets pour toi.

Du, apposé à mot.

Geoffroy du Plessis.

du, particule marquant un titre de noblesse. (de, de la, des)

Ta ténacité paiera car elle sera due à ta soif d'apprendre. Je ne saurais que t'encourager. »

due, adjectif attribut de elle (ténacité).

8 Mais, du reste,

du reste, locution adverbiale (de le), en outre, d'ailleurs.

il savait déjà qu'en ce monde rien ne lui était ;
         dû, participe passé du verbe à l'indicatif plus-que-parfait

et il dut continuer, sans relâche,

dut, passé simple

à faire preuve d'un acharnement et d'une obstination dus à son tempérament de winner— aïe, un anglicisme ici, quelle horreur ! — de gagnant, veux-je dire.

          dus, masculin pluriel de dû (dû, dus, due, dues)

          un acharnement et une obstination dus...

9 Qu'il dût franchir mille obstacles avec succès fut un défi.

dût, subjonctif imparfait.

Emploi du subjonctif dans une proposition introduite par que en tête de phrase. Ici la proposition est sujet (de fut)

 

Pour en savoir +

Ne pas confondre : du, dû, dus, dut, due, dues et dût

>> je dusse, dussé-je, dussè-je

>> Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je...

&

>> Récapitulation des petites histoires à trous

>> Récapitulation de tous les exercices à trous

 >> Récapitulation des articles : "Ne pas confondre... "

  >> Valeurs et emplois du subjonctif

 

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 14:00

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Écoutez-les. Ils se croient humoristes, ceux-là mêmes qui ne font que heurter le coeur et l'esprit.

 

Ceux-là même ou ceux-là mêmes ?

Celles-là même ou celles-là mêmes ?

Pas si facile !

 

Dans les phrases suivantes, on a MÊME adjectif indéfini ou MÊME adverbe.

Distinguez-les et faites l'accord s'il est nécessaire.

1-J'aimerais vivre encore vingt ans pour relire mes livres, ceux-là même(s) que j'ai le plus aimés.

2-Celles-là même(s) qui dînaient à ma table me prenaient pour une farfelue.

3-J'en ai connu des profs sympas. Ceux-là même(s) qui supportaient mes incartades.

4-J'ai regardé pour la énième fois les photos de toi que j'avais prises il y a bien longtemps, celles-là même(s) qui me rappellent combien nous avons été heureux.

5-Je rencontrai ce soir-là une troupe de joyeux clowns, ceux-là même(s) qui m'avaient tant amusée la veille.

6-Lors de notre dernière réunion, j'ai revu mes anciens camarades, ceux-là même(s) dont j'avais oublié le nom.

 

La solution vient après les explications.
.....................

 

Placé immédiatement après un nom, ou un pronom, MÊME peut être adjectif (ici, il accompagne le pronom démonstratif, ceux-là ou celles-là...) ou adverbe.

Mais attention :

 

Même adjectif indéfini, variable.

ceux-là mêmes (ou ceux mêmes, les ... eux-mêmes.)

celles-là mêmes (ou celles mêmes, les ... elles-mêmes.)

Même ne peut pas se placer avant le pronom.

 

Même adverbe, invariable.

Il marque un renforcement, il souligne le pronom : ceux-là même ou celles-là même, même ceux-là, même celles-là.

Même peut se placer avant ou après le pronom.

 

Cf. Littré

Entrée même :

§11-Même s'emploie sans article, immédiatement après les noms pour marquer plus expressément la personne ou la chose dont on parle. Ceci même. Cela même. Celui-ci même. Celui-là même.

§14-Même, adverbe - De plus, aussi, encore.

>> Dictionnaire Littré en ligne

 

Même peut être considéré dans certaines phrases comme adjectif ou comme adverbe suivant le point de vue où l'on se place.

a- Les cancres mêmes ont pris du plaisir à l'écouter.

Adjectif : les cancres eux-mêmes ont pris du plaisir à l'écouter.

b- Les cancres même ont pris du plaisir à l'écouter.

Adverbe : Même les cancres ont pris du plaisir à l'écouter.

Les cancres aussi ont pris du plaisir à l'écouter.

De plus, les cancres...

.....................

 

Même : adverbe dans le sens de précisément, avec des adverbes de temps ou de lieu.

C'est ici même, c'est là même. = précisément

aujourd'hui même, hier même (plus rare)

C'est ici même que nous nous sommes connus.

C'est aujourd'hui même que je vais le revoir.

 

On écrit sans trait d'union cela même, ici même, là même, par là même.

.....................

 

Correction de l'exercice

1-J'aimerais vivre encore vingt ans pour relire mes livres, ceux-là mêmes que j'ai le plus aimés. (adjectif indéfini)

> précisément ceux que j'ai le plus aimés, ceux-là et pas d'autres.

On pourrait difficilement comprendre : même ceux que j'ai le plus aimés.

 

2-Celles-là mêmes (ou celles-là même) qui dînaient à ma table me prenaient pour une farfelue. (adjectif indéfini ou adverbe selon le sens)

> a-Même celles qui dînaient à ma table me prenaient pour une farfelue. (adverbe)

Celles aussi qui dînaient à ma table...

à supposer que d'autres le faisaient déjà. On aurait pu croire que celles qui dînaient à ma table ne m'auraient pas prise pour une farfelue, peut-être parce qu'elles me connaissaient d'une autre manière.

> b-Celles-là mêmes qui dînaient à ma table me prenaient pour une farfelue. (adjectif indéfini)

Celles qui dînaient elles-mêmes à ma table...

 

3-J'en ai connu des profs sympas, ceux-là mêmes qui supportaient mes incartades. (adjectif indéfini)

> On ne peut pas dire : même ceux qui supportaient mes incartades.

C'est justement ceux-là qui les supportaient.

 

4-J'ai regardé pour la énième fois les photos de toi que j'avais prises il y a bien longtemps, celles-là mêmes (ou même) qui me rappellent combien nous avons été heureux. (adjectif indéfini ou adverbe, mais cela peut se discuter.)

Les deux sens sont possibles

> a-les photos, précisément celles qui me rappellent combien nous avons été heureux.

> b-je les ai toutes regardées, même celles qui me rappellent...

 

5-Je rencontrai ce soir-là une troupe de joyeux clowns, ceux-là mêmes qui m'avaient tant amusée la veille. (adjectif indéfini)

> ceux-là et pas d'autres.

 

6-Lors de notre dernière réunion, j'ai revu mes anciens camarades, ceux-là même (ou mêmes) dont j'avais oublié le nom.

Les deux sens sont possibles

> a- adverbe : même ceux dont j'avais oublié le nom.

> b-adjectif indéfini : justement ceux-là.

 

J'ajouterai que même est accentué à l'oral lorsqu'il est adverbe. Qu'en pensez-vous ?

 

Le pronom indéfini MÊME, le même, la même, les mêmes.

« Vous avez une belle robe, ma chère. Dommage, j'ai la même. »

 

Le même pronom indéfini neutre

C'est du pareil au même.

 

La même pour la même chose.

Emploi régional, gaga (parler de Saint-Étienne), lyonnais...

« J'ai pris un petit vin du Forez. Et vous, qu'est-ce que vous prenez ?

La même ! »

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Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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