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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 09:30

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Suite de l'article :

>Prononciation problématique de quelques mots en français

 ***

Antienne - le t se prononce [t] et pas [s], différent de ancienne.

Définition de Littré (entre autres acceptions) :

Figuré et familièrement : Chanter toujours la même antienne, répéter toujours la même chose.

 

Béotien(ne), capétien(ne), lilliputien(ne), Dioclétien.

Béotien – Les habitants de Béotie, au temps des Grecs, avaient la réputation d'être lourds, peu cultivés, rustres.

Capétien – la dynastie capétienne des rois de France a été fondée par Hugues Capet.

 

-TIEN se prononce sien

dans les noms propres terminés en tien : Gratien, Dioclétien,

dans les noms qui désignent des habitants

et les adjectifs dérivés : Vénitien, Dalmatien, Lilliputien, Uzétien, Haïtien, Tahitien, Laotien,

 

Mais

Kantien, kantienne - [kɑ̃tjɛ̃̃] ou [-sjɛ̃], fém. [-jεn]

Le T de kantien peut se prononcer [t] ou [s]

adjectif dérivé du nom du philosophe Emmanuel Kant

 

Les mots qui se terminent par -TION

se prononcent généralement sion 

 

Mais certains se prononcent tion comme :

Cation [katjɔ̃] - ion positif

Bastion [bastjɔ̃] - fortification où se retranchent les combattants.

 

Les mots qui se terminent par TIE

se prononcent généralement si

 

Chiropractie [si] ou chiropraxie - Pratique manuelle qui veut soulager les troubles locomoteurs.

 

Hématie [si] - globule rouge

 

Facétie [si] - plaisanterie, farce.

 

Argutie [si] – raisonnement subtil qui a le plus souvent un sens péjoratif. L'argumentation excessive veut masquer le vide ou la fausseté de la pensée. 

 

&  [si] dans canitie, presbytie, minutie, acrobatie...

 

Patio (pluriel patios) – Mot venant de l'espagnol, cour intérieure.

On trouve les deux prononciations en tio et en sio dans le Trésor > PATIO

Larousse Langue française [-tjo] ou [-sjo]

Mais dans le Petit Robert [-tjo], [pasjo] est erroné.

 

Pers (le s ne se prononce pas) - d'une couleur où domine le bleu – bleu qui tire sur le vert, le violet - jacinthe, bleu foncé -

Des yeux pers

 

Chaldéen, chélidoine, lichen, varech, ischion 

Dans ces mots, CH se prononce [k] > ISCHION,  

Voir sur le site du Cercle d'or :

CH prononcé K- Le Cercle d'Or

 

Handicap – le H est aspiré, il y a disjonction, pas d'élision, pas de liaison.

le handicap et pas l'handicap

des handicapés et pas des-z-handicapés

il est handicapé et pas il est-t-handicapé

 

à lire aussi

>Prononciation problématique de quelques mots

gageure, almanach, handball, imbroglio, mas, tomber dans le lacs, blinis, Auxerre, Bruxelles, Cassis, Roanne. geôle, carrousel, lamaserie, quadragénaire, quadrilatère, coreligionnaire, Leicester, le Forez, Saint-Priest, lez, de Broglie, Peter, Sean, Sinead ...

> Quelques mots qu'on ne prononce pas toujours comme il faut.

Le S se prononce parfois à la fin des noms au singulier :

> Les noms au singulier finissant par -S (ds, ts, cs, ps, rs, ns, ls, etc.)

>Écrire et ne pas écrire - Les fautes d'orthographe les plus usuelles

>La liaison - L'élision - L'enchaînement - La disjonction

(mots qui commencent par h aspiré, h muet, y, w, u, o)

>Féminin ou masculin ? Le genre des noms dont on n'est pas sûr + Quiz 4

>Les mauvaises manières de parler le français - Barbarismes et solécismes

>Les barbarismes et les solécismes vous irritent-ils ou vous amusent-ils ?

 

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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 18:02

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La rhétorique

 

La rhétorique est l'art de l'éloquence, l'art de bien parler pour persuader.

 

Diderot - Encyclopédie 

Rhétorique - Art de parler sur quelque sujet que ce soit avec éloquence et avec force. D’autres la définissent l’art de bien parler, ars bene dicendi ; mais comme le remarque le Père Lami dans la préface de sa rhétorique, il suffit de la définir l’art de parler ; car le mot rhétorique n’a point d’autre idée dans la langue grecque d’où il est emprunté, sinon que c’est l’art de dire ou de parler. Il n’est pas nécessaire d’ajouter que c’est l’art de bien parler pour persuader.

 

Denis Diderot, 1713-1784, écrivain, philosophe et encyclopédiste français.

 

Voir les figures de rhétorique sur Figures de rhétorique- Études littéraires

L'honnêteté de la parole

ou l'éloquence pour séduire

 

L'art de bien parler pour persuader n'est pas forcément l'art de bien parler pour convaincre. Car convaincre suppose que l'on amène quelqu'un à la vérité par le raisonnement, alors qu'il n'est pas nécessaire d'avoir des preuves pour persuader.

 

D'Alembert, ami de Diderot, co-auteur de l'Encyclopédie

On ne peut réellement convaincre, sans être convaincu soi-même ; car la conviction réelle est la suite de l'évidence.

D'Alembert Mél. littér. Oeuvres, t. III, p. 241, dans POUGENS]

 

La conviction tient plus à l'esprit, la persuasion tient plus au coeur.

Littré 1877

 

Si, comme on en lit la définition dans le Littré (Reverso sur la toile), le parler vrai est le souci de trouver le mot juste, de toujours éviter le mensonge ou l'à-peu-près, on sait bien que l'art de bien parler peut amener le locuteur ou l'orateur à employer son art à des fins peu honnêtes en usant de séduction, préoccupé qu'il est de servir son intérêt et ses passions. 

 

Il s'agit de séduire pour mieux mentir afin de réduire à néant l'entendement de l'autre.

 

Séduire (entre autres acceptions)

Faire tomber dans l'erreur ; détourner du chemin de la vérité.

Littré

Égarer, abuser, faire tomber dans l'erreur par ses insinuations, par ses écrits, par ses discours, par ses exemples, etc

L'Académie 8ème édition

 

Simone Manon, professeur de philosophie

L'autre n'est pas vécu comme un partenaire dans une recherche commune de la vérité mais comme un adversaire qu'il faut vaincre.

>> Quelle pratique de la parole implique l'esprit philosophique - PhiloLog

 

Il ne date pas d'hier, cet art de vouloir tromper par des discours. Déjà les Sophistes d'Athènes y excellaient et l'on rencontrait, dans la première démocratie du monde, des hommes qui assoyaient leur pouvoir sans le moindre souci de l'éthique. Socrate détricotait habilement leurs arguments fallacieux. Il n'est que de lire les témoignages de ses contemporains —  en particulier Platon — pour s'en convaincre.

 

Juvénal 

Quid Romae faciam ? Mentiri nesciam...

Que ferais-je à Rome ? J'ignore l'art de mentir.

Les Satires, III, 40 - Juvénal vécut à la fin du 1er siècle et au début du 2e. Il fut professeur d'éloquence et poète satirique.   

 

Saint Augustin

Quand nous voyons l'un et l'autre que ce que tu dis est vrai, quand nous voyons l'un et l'autre que ce que je dis est vrai, où le voyons-nous, je te le demande ? Assurément ce n'est pas en toi que je le vois, ce n'est pas en moi que tu le vois. Nous le voyons l'un et l'autre dans l'immuable vérité qui est au-dessus de nos intelligences.

Les Confessions, XXII, XXV - Saint Augustin, évêque d'Hippone, 354-430

 

François Châtelet

[...] l'opinion [...] est certaine de soi. Et, lorsqu'elle se heurte à la certitude égale de l'autre, elle s'étonne, elle s'indigne et entre dans la discussion avec le sentiment que la contestation qu'on lui oppose est dérisoire, qu'elle en triomphera aisément. En fait, tout au long du débat, elle s'enferme sur elle-même et reste sourde à l'argumentation adverse. Le dialogue n'est qu'apparent. Deux monologues parallèles se développent.

François Châtelet, philosophe politique historien de la philosophie, 1925-1985


La langue de bois

 

La langue de bois est une figure de rhétorique qui vise à déguiser la réalité avec les mots.

 

La langue de bois en politique a en sus d'une utilité sophistique, une utilité diplomatique : les mots servent alors à neutraliser ou à adoucir les choses qu'ils qualifient. De ce point de vue elle est l'œuvre de la prudence et de la ruse qui sont les qualités cardinales du souverain (on parle de ces qualités si importantes aux yeux de Machiavel).

Wikipédia

Contenu soumis à la licence CC-BY-SA 3.0. Source : Article Langue de bois de Wikipédia en français (auteurs)

 

>> Lire sur Le Point l'article du 29 juillet 2012 :

Les tics sémantiques de François Hollande 

Pauvre Marylise Lebranchu interdite du parler vrai !

 

Victor Hugo 1802-1885

Tout penseur qui voudra devenir orateur, tout homme d'esprit et de coeur qui voudra se faire éloquent et être éloquent, remuer les masses, dominer les assemblées, avec sa parole, n'aura qu'à passer de la région des idées dans le domaine des lieux communs.

Carnets intimes

 

Voir aussi :  C. Pineira & M.Tournier : De quel bois se chauffe-t-on ? Origines et contextes de l'expression langue de bois (Persée)

 

Appeler un chat un chat

 

C'est appeler les choses par leur nom. C'est dire les choses telles qu'elles sont sans s'embarrasser de circonlocutions, ni de périphrases.

 

PÉRIPHRASE, CIRCONLOCUTION. Aucune différence étymologique entre ces mots, puisque l'un et l'autre signifient parler autour. Mais l'usage y a mis des nuances : la périphrase s'emploie le plus ordinairement pour éviter le mot propre, parfois trivial. La circonlocution a aussi ce sens-là, mais moins souvent ; de plus elle exprime l'embarras qu'on éprouve à dire une chose ; on tourne autour avant d'y venir ; on peut faire des circonlocutions sans employer de périphrases.

Littré 1877

 

Boileau

Je suis rustique et fier, et j'ai l'âme grossière :

Je ne puis rien nommer, si ce n'est par son nom ;

J'appelle un chat un chat, et Rolet un fripon. 

 Rolet, procureur véreux.

Satire I - Nicolas Boileau, poète, écrivain, critique - 1636-1711

 

La Bruyère

L'homme est né menteur, la vérité est simple et ingénue, et il veut du spécieux et de l'ornement.

Jean de la Bruyère, 1645-1696 - Les Caractères

   

 Spinoza

La plupart des erreurs consistent en cela seul que nous ne donnons pas correctement leurs noms aux choses.

Éthique, deuxième partie, scolie de la proposition 47 - Baruch Spinoza, philosophe 1632-1677

 

Jean-Paul Sartre

La fonction d’un écrivain est d’appeler un chat un chat. Si les mots sont malades, c’est à nous de les guérir. Au lieu de cela, beaucoup vivent de cette maladie.

Jean-Paul Sartre, 1905-1980 - Qu’est-ce que la littérature ?

 

On se souvient des Précieuses, moquées par Molière dans sa pièce Les Précieuses Ridicules. Elles se faisaient fort d'employer des périphrases au lieu de parler clairement, à tel point que leur langage en devenait un vrai baragouin.

 

Le miroir devient "le conseiller des grâces", les joues, "les trônes de la pudeur", une perruque, "la jeunesse des vieillards", les dents, "l'ameublement de la bouche", le nez," les écluses du cerveau", les seins, "les coussinets d'amour", le chapeau, "l'affronteur des temps", être en couches, c'est "sentir les contrecoups de l'amour permis". On se livre à des comparaisons galantes et les adverbes sont légion, furieusement, terriblement, épouvantablement.

 

Voir dans ce blog : Une petite histoire de la langue française racontée par mamiehiou - Chapitre 13 – LE XVIIe SIÈCLE (2) - Préciosité – Classicisme – Boileau, Furetière, et les autres...

 

Grands orateurs

 

Je ne puis me résoudre à finir cet article sans vous donner le plaisir de lire ou de relire quelque chose de nos grands orateurs. Leur style ne trompe pas, ils savaient à merveille user de l'éloquence. Et notre coeur s'émeut.

 

Jacques-Bénigne Bossuet - Oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre 1670

Madame se meurt ! Madame est morte !

Ô vanité ! ô néant ! ô mortels ignorants de leurs destinées ! L'eût-elle cru, il y a dix mois* ? Et vous, messieurs, eussiez-vous pensé, pendant qu'elle versait tant de larmes en ce lieu, qu'elle dût si tôt vous y rassembler pour la pleurer elle-même ? Princesse, le digne objet de l'admiration de deux grands royaumes, n'était-ce pas assez que l'Angleterre pleurât votre absence, sans être encore réduite à pleurer votre mort ? Et la France, qui vous revit, avec tant de joie, environnée d'un nouvel éclat, n'avait-elle plus d'autres pompes et d'autres triomphes pour vous, au retour de ce voyage fameux, d'où vous aviez remporté tant de gloire et de si belles espérances ?
        Vanité des vanités, et tout est vanité ! C'est la seule parole qui me reste ; c'est la seule réflexion que me permet, dans un accident si étrange, une si juste et si sensible douleur.

[...]

        Non, après ce que nous venons de voir, la santé n'est qu'un nom, la vie n'est qu'un songe, la gloire n'est qu'une apparence, les grâces et les plaisirs ne sont qu'un dangereux amusement : tout est vain en nous, excepté le sincère aveu que nous faisons devant Dieu de nos vanités, et le jugement arrêté qui nous fait mépriser tout ce que nous sommes. [...]
        Considérez, Messieurs, ces grandes puissances que nous regardons de si bas. Pendant que nous tremblons sous leur main, Dieu les frappe pour nous avertir. Leur élévation en est la cause ; et il les épargne si peu, qu'il ne
craint pas de les sacrifier à l'instruction du reste des hommes. Chrétiens, ne murmurez pas si Madame a été choisie pour nous donner une telle instruction. Il n'y a rien ici de rude pour elle, puisque, comme vous le verrez dans la suite, Dieu la sauve par le même coup qui nous instruit.
         Nous devrions être assez convaincus de notre néant : mais s'il faut des coups de surprise à nos coeurs enchantés de l'amour du monde, celui-ci est assez grand et assez terrible. Ô nuit désastreuse ! ô nuit effroyable, où retentit tout à coup, comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle : Madame se meurt ! Madame est morte ! Qui de nous ne se sentit frappé à ce coup, comme si quelque tragique accident avait désolé sa famille ? Au premier bruit d'un mal si étrange, on accourut à Saint-Cloud de toutes parts ; on trouve tout consterné, excepté le coeur de cette princesse. Partout on entend des cris ; partout on voit la douleur et le désespoir, et l'image de la mort. Le Roi, la Reine, Monsieur, toute la cour, tout le peuple, tout est abattu, tout est désespéré ; et il me semble que je vois l'accomplissement de cette parole du prophète : le roi pleurera, le prince sera désolé, et les mains tomberont au peuple de douleur et d'étonnement.

 

Jacques-Bénigne Bossuet, 1627-1704, homme d'église, prédicateur et écrivain français. Il écrivit, entre autres, des Sermons et des oraisons funèbres.

 

Henriette d'Angleterre, fille du roi Charles Ier d'Angleterre et d'Écosse et de la reine Henriette de France. Elle était la petite-fille d'Henri IV, la cousine de Louis XIV. Le 31 mars 1661, à l'âge de dix-sept ans, elle épousa son cousin Philippe Ier, duc d'Orléans (Monsieur), frère de Louis XIV. Devenu veuf, ce dernier se remaria avec la Princesse Palatine, Élisabeth Charlotte de Bavière, dont nous avons pu suivre la vie avec grand plaisir, dans l'émission "Secret d'histoire" – Une commère à la Cour de Louis XIV - Voir Pluzz en replay.

 

*Bossuet avait prononcé alors l'oraison funèbre de la reine d'Angleterre, la mère d'Henriette, duchesse d'Orléans.

 

Lire aussi sur ce blog l'extrait du Sermon sur les richesses de Louis Bourdaloue, qui fut en son temps aussi célèbre que Bossuet : 

LOUIS BOURDALOUE - Le roi des prédicateurs et le prédicateur des rois - « On veut être riche... »

 

 

Pour ce qui est des Révolutionnaires qui ont refait le monde, je m'attacherai à faire retentir quelques accents passionnés de Danton.

 

Danton 1792 Discours à L'Assemblée Nationale

De l'audace !...

Tout s’émeut, tout s’ébranle, tout brûle de combattre. Vous savez que Verdun n’est point encore au pouvoir de vos ennemis. Vous savez que la garnison a promis d’immoler le premier qui proposerait de se rendre. Une partie du peuple va se porter aux frontières, une autre va creuser des retranchements, et la troisième, avec des piques, défendra l’intérieur de nos villes. Paris va seconder ces grands efforts. Les commissaires de la Commune vont proclamer, d’une manière solennelle, l’invitation aux citoyens de s’armer et de marcher pour la défense de la patrie. C’est en ce moment, messieurs, que vous pouvez déclarer que la capitale a bien mérité de la France entière. C’est en ce moment que l’Assemblée nationale va devenir un véritable comité de guerre.

 

Nous demandons que vous concouriez avec nous à diriger ce mouvement sublime du peuple, en nommant des commissaires qui nous seconderont dans ces grandes mesures. Nous demandons que quiconque refusera de servir de sa personne, ou de remettre ses armes, soit puni de mort. Nous demandons qu’il soit fait une instruction aux citoyens pour diriger leurs mouvements. Nous demandons qu’il soit envoyé des courriers dans tous les départements pour les avertir des décrets que vous aurez rendus.

Le tocsin qu’on va sonner n’est point un signal d’alarme, c’est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, messieurs, il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace, et la France est sauvée.

 

 

Retrouvez sur la toile les GRANDS MOMENTS D'ÉLOQUENCE PARLEMENTAIRE

Assemblée nationale - Les grands moments d'éloquence

 

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 13:00

 

Aujourd'hui, les linguistes s'accordent pour considérer le conditionnel présent et passé comme des temps de l'indicatif.

 

On distingue :

>le futur du passé, qu'on appelait conditionnel-temps.

>et le futur hypothétique qui implique une condition, une supposition, une hypothèse. On l'appelait conditionnel-mode. On trouve aussi d'autres appellations comme conditionnel modal.

 

Le futur du passé

 

Considérons la phrase :

Tu me dis que tu partiras demain.

dis, indicatif présent – partiras, futur

Si l'on met cette phrase au passé, on obtient :

Tu me disais que tu partirais le lendemain

disais, indicatif imparfait – partirais, conditionnel présent, futur du passé. 

 

Tu me dis que tu partiras demain dès que tu auras reçu son coup de fil.

auras reçu, futur antérieur.

Tu me disais que tu partirais le lendemain dès que tu aurais reçu son coup de fil.

aurais reçu, conditionnel passé, futur antérieur du passé.

 

Le temps du verbe de la proposition principale entraîne celui de la subordonnée. C'est ce que l'on appelle la concordance des temps.

 

>> *La concordance des temps dans les propositions subordonnées

 

 

Le futur hypothétique

 

Si vous venez, je m'en réjouirai.

réjouirai, futur.

futur simple ou futur catégorique en opposition au futur hypothétique, distinction proposée par le linguiste Gustave Guillaume.

si vous venez, proposition subordonnée conditionnelle – venez, indicatif présent.

La chose est possible.

 

Si vous veniez, je m'en réjouirais.

réjouirais conditionnel présent, futur hypothétique.

si vous veniez, proposition subordonnée conditionnelle – veniez, indicatif imparfait.

La chose n'existe pas, elle ne s'accomplit pas dans le présent : c'est l'irréel du présent. Mais il n'est pas exclu qu'elle arrive.

 

Si vous étiez venu, je m'en serais réjoui.

je m'en serais réjoui, verbe au conditionnel passé futur hypothétique du passé.

si vous étiez venu, proposition subordonnée conditionnelle – étiez venu, indicatif plus-que parfait.

La chose n'a pas eu lieu, c'est l'irréel du passé.

 

Même sens, style littéraire :

Si vous fussiez venu, je m'en fusse réjoui.

fusse réjoui, conditionnel passé (appelé 2ème forme)

si vous fussiez venu, subjonctif plus-que parfait à valeur de conditionnel passé.

 

Le subjonctif plus-que parfait et le conditionnel passé (2ème forme) ont la même forme. Ils appartiennent à la langue littéraire.

 

Conjugaison du subjonctif plus-que parfait : l'auxiliaire avoir ou l'auxiliaire être au subjonctif imparfait suivi du participe passé.

 

J'eusse aimé

tu eusses aimé

il eût aimé

nous eussions aimé

vous eussiez aimé

ils eussent aimé

Je fusse parti

tu fusses parti

il fût parti

nous fussions partis

vous fussiez partis

ils fussent partis

 

Sur le futur hypothétique et le futur antérieur hypothétique

 

"La véritable époque du futur hypothétique, autrement dit du conditionnel, c'est non pas le futur , mais le présent, avec ceci de particulier que le présent en question reste un présent ouvert intériorisant l'extension entière du futur."

Esquisse d'une grammaire descriptive de la langue française - de Georges Garnier, Thomas Lavoie, Guy Cornillac - 1945-1946

............................................

 

"Augmente-t-on cette part d'hypothèse, on voit alors paraître le futur antérieur hypothétique, plus exactement le futur hypothétique de l'aspect transcendant, généralement dénommé conditionnel passé.

Le rôle de cette forme est assez complexe et ses emplois peuvent être ramenés à deux cas généraux. Un premier cas, où la pensée outrepasse une hypothèse à laquelle elle n'accorde plus d'avenir - une hypothèse construite par l'esprit en face d'un avenir fermé pour elle - est régulièrement indiquée par le conditionnel passé. Exemple : Si j'en avais eu la possibilité, j'aurais beaucoup voyagé. L'hypothèse des voyages est, dans cet exemple (emprunté à la grammaire Larousse du 20e siècle), une hypothèse dont l'avenir négatif, l'absence d'avenir, fait la substance du propos.

Au cas où le propos introduirait en lui, sous le signe positif, l'avenir de l'hypothèse conçue, on aurait le futur hypothétique simple. Par exemple : Si j'en avais la possibilité, je voyagerais beaucoup. La possibilité me fait défaut présentement, mais la phrase n'exclut pas expressément qu'elle puisse survenir."

Leçon du 25 mai 1944, série A, Leçons de linguistique de Gustave Guillaume, 1943-1944, série A, Esquisse d'une grammaire descriptive de la langue française II, publiées sous la direction de R. Valin, W. Hirtle et A. Joly, Québec, Presses de l'Université Laval, et Lille, Presses Universitaires de Lille, 1990, pp. 303-315


 

EXERCICE

 

Complétez avec un verbe au conditionnel.

Précisez si c'est un futur du passé, un futur antérieur du passé, un futur hypothétique ou un futur antérieur hypothétique.

 

1-Je (te faire plaisir) si tu me l'avais demandé.

 

2-On m'a dit que tu (venir au conditionnel présent) après que tu (finir) ton travail.

 

3-On m'a dit que tu (venir) si tu avais pu.

 

4-Rien (ne pouvoir) me décider, même si tu m'y avais forcé.

 

5-Je ne te pardonnerais pas quand bien même tu me (supplier) à genoux

 

6-Je ne savais pas si tu me (donner) la permission de minuit.

 

7-Dans le cas où vous me (donner au subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé)) quelque mission urgente, vous me le (faire savoir)

 

8-Attendu que vous (devoir) porter secours à cette vieille dame et que, de surcroît, vous lui avez asséné un coup sur la tête pour l'immobiliser, vous êtes redevable d'une amende, assortie d'un sursis.

 

9-Je lui (donner) toute ma fortune s'il avait fait cas de moi.

 

10-Au fur et à mesure qu'on se spécialiserait, on (résoudre) le plus grand nombre de questions scientifiques.

 

11-Je lui ai affirmé qu'on ne punirait jamais les coupables après qu'on leur (dire) qu'ils n'étaient que responsables.

 

12-Quoi ? J'aurais faibli à mesure que le temps (passer) !

 

13-Rien ne (être) plus comme avant si tu refusais de m'écrire.

 

14-Tout (se passer) avec lui ainsi que je l'avais imaginé.  Stupéfiant, non ?

 

15-Au cas où tu (vouloir) me faire plaisir, invite-moi au restaurant et plus si affinités.

 

16-Elle n'a rien fait pour redresser la situation à tel point que je lui (venir) pas en aide si elle me le demandait.

 

17-Elle ignorait que sa vie (être) aussi dure.

 

18-Aurais-tu fait cela aussi bien qu'elle à supposer que je te le (demander) ?

 

19-Je ne pouvais supposer qu'elle me (trahir)

 

 

Correction

 

1-Je (te faire plaisir) si tu me l'avais demandé.

Je t'aurais fait – conditionnel passé, futur antérieur hypothétique

2-On m'a dit que tu (venir au conditionnel présent) après que tu (finir) ton travail

tu viendrais – conditionnel présent, futur du passé

tu aurais fini - futur antérieur du passé

3-On m'a dit que tu (venir) si tu avais pu.

tu serais venu - conditionnel passé, futur antérieur hypothétique

4-Rien (ne pouvoir) me décider, même si tu m'y avais forcé.

Rien n'aurait pu - conditionnel passé, futur antérieur hypothétique

5-Je ne te pardonnerais pas quand bien même tu me (supplier) à genoux

tu me supplierais - conditionnel présent, futur hypothétique

voir l'article : Quand - même quand - quand même - quand bien même - quand bien - quand même que + indicatif, subjonctif ou conditionnel, quel mode choisir ?

6-Je ne savais pas si tu me (donner) la permission de minuit.

si tu me donnerais - conditionnel passé, futur du passé dans une subordonnée interrogative indirecte introduit par l'adverbe interrogatif si.

7-Dans le cas où vous me (donner au subjonctif plus-que-parfait à valeur de conditionnel passé)) quelque mission urgente, vous me le (faire savoir)

vous m'eussiez donné

vous me l'auriez fait savoir

ou/vous me l'eussiez fait savoir

conditionnel passé,

futur du passé hypothétique

8-Attendu que vous (devoir) porter secours à cette vieille dame et que, de surcroît, vous lui avez asséné un coup sur la tête pour l'immobiliser, vous êtes redevable d'une amende, assortie d'un sursis.

vous auriez dû

conditionnel passé,

futur antérieur hypothétique

 

9-Je lui (donner) toute ma fortune s'il avait fait de moi.

Je lui aurais donné

conditionnel passé, futur antérieur hypothétique

10-Au fur et à mesure qu'on se spécialiserait, on (résoudre) le plus grand nombre de questions scientifiques.

on résoudrait

conditionnel présent,

futur hypothétique

11-Je lui ai affirmé qu'on ne punirait jamais les coupables après qu'on leur (dire) qu'ils n'étaient que responsables.

après qu'on leur aurait dit

conditionnel passé, futur du passé

>>Vb de la principale au présent :

Je lui affirme qu'on ne punira jamais les coupables après qu'on leur aura dit qu'ils n'étaient que responsables.

12-Quoi ? J'aurais faibli à mesure que le temps (passer) !

le temps aurait passé

conditionnel présent,

futur hypothétique

13-Rien ne (être) plus comme avant si tu refusais de m'écrire.

rien ne serait

conditionnel présent,

futur hypothétique

14-Tout (se passer) avec lui ainsi que je l'avais imaginé.  

Stupéfiant, non ?

tout se serait passé

conditionnel passé,

futur antérieur hypothétique

15-Au cas où tu (vouloir) me faire plaisir, invite-moi au restaurant et plus si affinités.

tu voudrais

conditionnel présent,

futur hypothétique

16-Elle n'a rien fait pour redresser la situation à tel point que je lui (venir) pas en aide si elle me le demandait.

je ne lui viendrais

conditionnel présent,

futur hypothétique

17-Elle ignorait que sa vie (être) aussi dure.

sa vie serait

conditionnel présent,

futur du passé

18-Aurais-tu fait cela aussi bien qu'elle à supposer que je te le (demander) ?

je te l'aurais demandé

conditionnel passé,

futur antérieur hypothétique

19-Je ne pouvais supposer qu'elle me (trahir)

elle me trahirait

conditionnel présent,

futur du passé.

 

Pour en savoir +

 

 

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 17:50

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Il en est des archaïsmes comme de nos lointains aïeux. Leurs traces, aujourd'hui si ténues, sont presque indécelables, elles perdurent cependant.

S'ils ont déserté notre mémoire, ils restent dans les livres d'autrefois et ne demandent qu'à revivre. Comme les gènes de nos ancêtres, ils conservent tenacement tout ce qui fait que nous sommes ce que nous sommes. Ils sont les racines de la chair chaude de nos mots.

 


Prends ces mots dans tes mains et sens leurs pieds agiles
Et sens leur cœur qui bat comme celui du chien
Caresse donc leur poil pour qu’ils restent tranquilles
Mets-les sur tes genoux pour qu’ils ne disent rien

Raymond Queneau, 1903-1976 - La chair chaude de nos mots

 

 

Si d'aventure vous vous êtes un jour égaré dans l'histoire de mes Délires, vous y avez rencontré bon nombre d'archaïsmes. Non que je veuille affecter quelque ostentation ou quelque insincérité, ce que l'on reproche parfois à ceux qui s'attachent aux mots surannés, mais je vous l'avoue, c'est pour le plaisir sans fin de retrouver, çà et là bien cachés, ces vieux mots savoureux, aux parfums et à la musique délectables. Autant les partager avec vous.

 

On ne les rencontre plus guère dans les dictionnaires sagement alignés sur les étagères de nos maisons. Ils ont disparu comme par enchantement, pour donner de l'espace à des mots nouveaux — que, pour la plupart, on n'a jamais entendus ! Même les mots nouveaux souvent sont éphémères !

 

 

Psychoter, belgitude, comater, subclaquant, anosognosie, gloup(s), à l'arrache, biopic, dystopie, œuvre orpheline, oscariser — pour ne citer qu'eux — ont droit de cité dans Le Petit Robert 2013. Auront-ils longue vie ?

 

En revanche, on a depuis peu tiré un trait sur hordéine, ada, algol, fortran, tuc (tuciste, tucard), raréfiable, know-how, octante, appropriation, cawcher, archicomble, archifaux, téflonisé, autogyre...

C'est ce qu'on peut lire sur le site : Mots nouveaux des dictionnaires - Le Club d'orthographe de Grenoble où l'on fait un travail remarquable.

 

Lire: Le Cimetière des mots

Les mots supprimés dans le Petit Robert en 2013 sont : bitte, CES, cora, débater, écolo, lie de vin ou lie-de-vie, mandat-carte, mandat-lettre, tonca, badgé. (Voir les mots supprimés depuis 1998)

 

 

La partie grisée s'inspire du site du club d'orthographe de Grenoble cité ci-dessus

 

J'aimais bien octante, archicomble et archifaux, dommage ! Par contre cawcher, know-how, quelle horreur ! Eh oui, les tucs ont disparu.

.................................................

On s'attache aujourd'hui à vouloir retrouver et conserver des langues qui sont près de mourir, langues dont on a (presque) oublié les sonorités extraordinaires. On dit qu'avec elles disparaîtront des pans entiers d'humanité. Et l'on fait raconter à des vieillards cacochymes des légendes immémoriales en des mots qui ne résonneront plus désormais que sur des disques sophistiqués, mais voués, eux aussi, un jour, à une mort programmée...

 

Mais les nôtres ? Nos vieux mots, nos archaïsmes, où sont-ils ?

Non, ils ne se cachent pas. Ils sont à portée de votre main, à portée de vos doigts qui sautillent allégrement d'une lettre à l'autre. Si vous avez une once de curiosité, puisez ses mots avec délices et sans modération en parcourant de vieux dictionnaires comme le Dictionnaire Littré - Dictionnaire de la langue française

Amusez-vous à faire une requête vide, "une requête vide propose un mot au hasard." Et vous découvrirez quantité de mots dont vous ne soupçonnez pas l'existence.

 

J'ai parlé dans mon dernier "Délire" d'un animal monaut. On ne trouve le mot que dans le Littré, ou dans d'anciennes éditions de l'Académie — parfois dans certains dictionnaires sur la toile qui en reproduisent les définitions, souvent incomplètement d'ailleurs.

Pas de monaut dans la dernière édition de l'Académie, la 9ème (CNRTL) alors que le mot figurait dans la 4ème, la 5ème et la 6ème.

Pas de monaut non plus dans le Trésor,TFLi, (CNRTL).

Je vous donne ci-dessous le chemin de ma recherche sur le mot monaut.

 

SITE : Dictionnaires d'autrefois
Dictionnaires des 17ème, 18ème, 19ème et 20ème siècles

 

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 Il y a  4 entrées dans le Dictionnaire de L'Académie française, 4th Edition (1762) (Go), Jean-François Féraud: Dictionaire* critique de la langue française (Marseille, Mossy 1787-1788) (Go), Dictionnaire de L'Académie française, 5th Edition (1798) (Go), Dictionnaire de L'Académie française, 6th Edition (1832-5) (Go)

* dictionaire > dictionnaire 

.................................................

Une étude tout à fait intéressante sur l'archaïsme nous est donnée par M. Paul Zumthor. Pour qui veut en savoir plus, sa lecture est incontournable.

 

Zumthor Paul. Introduction aux problèmes de l'archaïsme [archive] Cahiers de l'Association internationale des études françaises, 1967, N°19. pp. 11-26, doi : 10.3406/caief.1967.2328

Extrait :

C'est pourquoi l'on constate que l'usage de l'archaïsme est le fait des styles les plus élaborés. L'usage d'archaïsmes en littérature apparaît comme un fait de haute culture et cela dans un double sens. D'une part, il est presque nécessairement lié à des connaissances livresques : combien de mots vieillis n'ont pu reprendre, plus ou moins provisoirement usage dans la langue littéraire que grâce à leur ressemblance, vraie ou spécieuse, avec le latin ? D'autre part et plus profondément, l'archaïsme littéraire semble lié à une certaine perception du temps, à une dissociation assez nette du passé et du présent.

.................................................

Littré – On peut lire à l'entrée Archaïsme :

Façon de parler ancienne inusitée aujourd'hui. Pieça, pour dire depuis longtemps ; d'ores-en-avant, pour dorénavant, sont des archaïsmes. Scarron, dans son Roman comique, dit de deux amants, qu'aucun des deux curés ne voulut les épouser, c'est-à-dire les rendre époux, les marier : épouser, dans ce sens, est un archaïsme.

.................................................

Citations lues dans Le Trésor

Dans le cas des véritables archaïsmes, ce qui prime est la fonction poétique, connotative. L'auteur de romans historiques est complètement libre d'écrire bailler pour donner s'il en a envie, mais il peut aussi s'en passer...J.-M. Klinkenberg, L'Archaïsme et ses fonctions styl.(Fr. mod.,t. 38, no1, 1970, p.10). 

 

Mais c'est dans tous les romans des Goncourt que nous trouvons quelque chose de cet archaïsme, de cette vieillerie et de cette poussière. Impression qui détournera de plus en plus le lecteur ordinaire, mais qui pourra retenir le lecteur curieux. Thibaudet, Réflexions sur la litt.,1936, p. 114.

.................................................

L'Académie 1835 - Archaïsme

Emploi de mots, de tours de phrase ou de procédés antiques et hors d'usage. Cet auteur affecte trop l'archaïsme.

.................................................

*Mon dernier Délire où l'on rencontre le mot monaut 

151 Délires où Prétatou trahit son nom  

 

Je rajouterai que l'emploi des archaïsmes convient tout à fait à mon histoire des Délires qui se situe, si l'on peut dire, hors du temps — passé, présent et futur s'imbriquant étroitement.

mamiehiou

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 09:07

 

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Je dus encourager véhémentement Prétatou pour qu'il continuât avec moi notre périple.

« Qu'as-tu à regimber ainsi ? N'es-tu pas sauf ? le houspillai-je.

Quelle tête de fer à vouloir toujours te mettre dans des situations hors de mesure ! geignit-il. Ne pouvais-tu pas te satisfaire de ce que tu avais, et te résigner à une vie tranquille ? Toute autre que toi aurait renoncé à débusquer les diableries de ce monde, et à résoudre ses énigmes.

Peut-être. Mais je ne puis être une autre que moi-même. Puissé-je conserver intacte mon eccéité, en dépit des vicissitudes de ma vie ! Je suis ce que je suis.

Tu es ce que tu es, et moi je ne suis pas qui je suis*, car c'est toi que je suis*...

... la queue entre les jambes ! Seraient-ce là les murmures d'un révoltement ? Garde donc tes calembours pour un jour meilleur et concentre-toi sur le chemin raboteux ; ton esprit distrait te fera rouler dans les précipices.

Voire !

Qu'as-tu à traînasser ainsi ? Houp ! »

En dépit qu'il en eût, le cabot fit un bond.

« Ouvrons l'oeil Oli, et s'il me prend de voir un autre monstre, peut-être aurai-je le temps d'afuier, sans crier gare. La chance que nous avons eue avec messire ours ne se renouvellera pas, j'en suis sûr. »

 

Un opossum pressé nous dépassa à cet instant précis.

« Point ne m'en chaut, qu'il soit monaut, fit remarquer Prétatou avec aigreur. »

........................................................

*Tu es ce que tu es, et moi je ne suis pas qui je suis, car c'est toi que je suis

Un calembour est un jeu de mots où l'on emploie des homonymes (mots qui s'écrivent de la même façon) ou des homophones (mots qui se prononcent de la même façon et s'écrivent différemment) ou des paronymes (mots qui se ressemblent et que l'on peut confondre) ou encore des mots qui ont plusieurs sens.

Ici le Jeu de mots porte sur je suis, verbe suivre, homonyme de je suis, verbe être. 

Si je remplace les pronoms personnels (je par tu), j'obtiens : Toi, tu n'es pas qui tu suis, car c'est moi que tu suis.

Voir l'article : Paronymie et paronamase + QUIZ 27
et aussi : Que signifient les mots synonyme, antonyme, homonyme, homophone, paronyme, hyperonyme, hyponyme, holonyme, méronyme ?

Connaissez-vous :

Je suis ce que je suis. Mais je ne suis par ce que je suis. Car si j'étais ce que je suis, je ne serais pas ce que je suis.

> suis, être ou suivre.

 

NOTES

Je dus encourager véhémentement Prétatou pour qu'il continuât avec moi notre périple.

véhémentement, avec force, avec colère.

continuât, subjonctif imparfait

-subjonctif dans la subordonnée de but introduite par la locution conjonctive pour que.

-imparfait : concordance des temps, le verbe de la principale étant au passé.

Voir les 3 articles sur **la concordance des temps

La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés

 

Qu'as-tu à regimber ainsi ?

regimber, résister, refuser d'obéir.

Le cheval regimbe, il refuse d'obéir et d'avancer, il rue.

 

quelle tête de fer à vouloir toujours te mettre dans des situations hors de mesure

Avoir une tête de bois, une tête de fer : être entêté.

Être hors de mesure, ne pas pouvoir faire quelque chose, en être hors de portée.

Terme d'escrime, être trop éloigné pour parer ou pour porter un coup d'épée.

Terme de musique ou de danse, ne pas aller en mesure.

 

Toute autre que toi aurait renoncé

TOUT AUTRE ou TOUTE AUTRE ?

tout autre, toute autre = n'importe quel (quelle) autre

Toute autre voiture aurait fait l'affaire. (n'importe quelle voiture)

Ne pas confondre avec l'adverbe TOUT AUTRE invariable signifiant tout à fait autre, entièrement différent, souvent précédé d'un article indéfini.

Ah ! Lorsque tu étais plus jeune, tu étais une tout autre personne. > tu étais une personne tout à fait autre, tout à fait différente.

C'est une tout autre histoire.

> Ne pas confondre : TOUT adjectif indéfini, pronom indéfini, adverbe (variable dans certains cas) et substantif

 

Puissé-je conserver intacte mon eccéité !

Phrase optative (qui exprime un souhait)

Subjonctif présent du verbe pouvoir avec inversion du sujet et en début de phrase.

= que je puisse

puissé-je orthographe traditionnelle.

puissè-je orthographe rectifiée de 1990  

>Ne pas confondre : je peux, je puis, je pus, je puisse, je pusse - puis-je, puissé-je ou puissè-je...

Eccéité, philosophie : ce qui fait qu'une chose (ou une personne) est elle-même et pas une autre - son essence, l'ensemble de ses particularités.

 

Serait-ce là les murmures d'un révoltement ?

Révoltement, action de se révolter. Littré.

 

concentre-toi sur le chemin raboteux

Un chemin raboteux, rocailleux, difficile.

 

Voire ! ici emploi vieilli : vraiment, certes.

employé par antiphrase, il peut exprimer un doute ou nier quelque chose – Littéraire ou ironique.

Voir aussi > Second ou deuxième ? Voire ou voire même ? Que doit-on dire ?

 

qu'as-tu à traînasser ainsi ?

Traînasser, traîner

Le suffixe -asser ajoute au verbe un sens péjoratif.

Bavasser, écrivasser, brumasser, écrivasser, brouillasser, caillasser, finasser, jacasser, grognasser, mouillasser...

 

Houp !

Cf. Littré : interjection.
Sert pour appeler ou houper quelqu'un, ou pour exciter un cheval.

 

En dépit qu'il en eût, le cabot fit un bond.

Malgré qu'il en eût, le cabot fit un bond.

Le cabot fit un bond malgré lui.

Voir les articles : Malgré que & En dépit que

 

Afuier, mot fantôme voulant signifier fuir, abandonner, s'en aller.

Un mot fantôme est un mot qui hante un ou plusieurs dictionnaires, mais qui, en fait, n'existe pas. Il serait dû à une mélecture, une mauvaise transcription (ou copie) du mot.

Godefroy, dans son dictionnaire (XIIe siècle), aurait écrit afuier au lieu de afiner.

> Hapax, mots-valises, mots fantômes et autres mots étranges

 

Base des mots fantômes : http://www.atilf.fr/MotsFantomes, ATILF - CNRS & Université de Lorraine

Voir : http://www.atilf.fr/MotsFantomes

 

Messire ours

Cf. Littré : messire - au Moyen Âge, titre qui était réservé aux seigneurs de la plus haute noblesse.

 

Un opossum pressé nous dépassa à cet instant précis. 

On remarque six fois le son [s] dans cette phrase.

L'allitération veut donner une impression de sifflement provoquée par la vitesse de l'opossum.

 

Point ne m'en chaut qu'il soit monaut

monaut, cf. Littré, qui n'a qu'une oreille.

Un chat monaut, un chien monaut...

Peu me chaut, peu m'importe.

verbe chaloir, défectif.

> Les verbes défectifs -  Pour peu qu'il vous en chaille !

 

<< 150 Délires ursins

>> 152 Délires sylvestres - Lève-toi et marche !

 

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 06:57

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Je lis quelques articles de presse où l'on parle du Président Obama et de la Première Dame américaine, que l'on nomme respectivement Potus et Flotus.

D'où viennent ces deux mots ?

Voici la réponse d'un ami américain interrogé par courriel :

 

Good morning. I hope this note finds you. POTUS is an acronym for President Of The United States. FLOTUS is an acronym for First Lady Of The United States. There is also the term SCOTUS which is an acronym for Supreme Court Of The United States.

I hope this helps clarify these three acronyms.

Chris

 

Vous l'aurez compris.

POTUS est l'acronyme de President Of The United States.

FLOTUS est l'acronyme de First Lady Of The United States.

SCOTUS est l'acronyme de Supreme Court Of The United States.

Thank you, Chris !

 

Notes

-Un acronyme est un sigle qu'on lit comme un mot ordinaire.

-Kesako, locution familière, signifie "Qu'est-ce que c'est ?"

On écrit le plus souvent quésaco.

Kesako vient de quésako ou quésaco (en langue occitane "Qu'es aquò ?)

 

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 08:52

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Forte de ma détermination, je me mis en route. Rien n'aurait su me faire revenir en arrière. Prétatou voulut m'accompagner, ce à quoi je consentis, sous la condition qu'il se tiendrait coi si d'aventure nous rencontrions des animaux qui ne voudraient pas sympathiser.

« Promets ! lui dis-je. »

Il promit.

J'étais bien aise qu'il vînt avec moi car je savais qu'il me serait d'un grand secours dans les situations périlleuses qu'il me faudrait surmonter, et son instinct et l'intelligence avérée que je lui connaissais me sauveraient peut-être la vie.

Et nous voilà sur le chemin qu'un an déjà j'avais parcouru en sens inverse, et qui allait s'enfoncer dans la forêt que tous redoutaient.

« Quelle bravoure ! » s'exclama Prétatou. « Ne crains-tu pas les mauvaises rencontres ? Quel besoin as-tu, ma chère maîtresse, de vouloir toujours partir à la quête de la vérité ? Ton Graal semble s'éloigner toujours de toi, au fur et à mesure que tu avances. Et rien ne peut te retenir. »

Comme je gravissais allègrement la colline et que je ménageais jalousement mon souffle, je ne répondis pas, mais je m'émerveillais de la lucidité étonnante de mon compagnon à quatre pattes et je lui sus gré d'admirer mon courage et ma persévérance ; non qu'il me semblât que je fisse beaucoup d'efforts pour suivre la pente naturelle de mes inclinations, mais sa perspicacité aiguë renforçait chaque jour l'estime que je lui portais.

 

Soudain, au détour du chemin, alors que nous laissions vagabonder nos pensées jusqu'à relâcher notre vigilance, nous nous trouvâmes nez à nez avec un ours — non pas un ours tel que tu l'imagines, cher lecteur, mais une bête gigantesque surgi du fond des âges.

« Un ours des cavernes, murmurai-je, paralysée.

Non pas ! gronda l'animal qui avait saisi ma pensée. Mais prends en compte que je suis de descendance royale. »

Et son grognement fit trembler les hêtres et les frênes comme fétus de paille. Les hêtres et les frênes, passe encore, même les chênes séculaires en furent tout ébranlés, c'est dire !

Prétatou, réfugié dans mes jambes flageolantes, ne se sentit pas de peur. Aucun son ne sortit de sa gueule comme je le lui avais recommandé dès lors qu'on avait rencontré un être avec lequel on supposait qu'il serait difficile de s'entr'accorder.

Il valait mieux négocier avec le monstre qui me dépassait bien de six pieds.

L'ours, dont l'oeil lançait des éclairs, ne semblait pas cependant prêt à vouloir nous croquer, et comme il avait engagé la conversation, je me mis en devoir de lui répondre aimablement. Voulais-je en savoir plus sur ses aïeux, je n'aurais su le dire, mais il me sembla bien que le sujet ferait diversion.

*« Messire Ours, dis-moi : descends-tu de la chaste Callisto qui fut changée en ourse par la fureur d'Artémis, soeur d'Apollon, après que le grand Zeus se fut uni à elle sous la forme de la déesse ? On la voit encore nuitamment, dans sa forme stellaire, la Grande Ourse, accompagnée de la petite Ourse, son enfant Arcas qui fut un temps roi d'Arcadie. Serais-tu le digne descendant d'Iphigénie, qu'Artémis changea en ourse pour la sauver du sacrifice qu'avait ordonné le roi Agamemnon, son père ? Ou bien compterais-tu au nombre de tes ancêtres le prince troyen élevé par une ourse, Pâris, qui enleva la belle Hélène ? Ou ne serais-tu pas plutôt un cousin éloigné du Roi Arthur dont l'origine ursine se perd dans la nuit des temps ? Dis-moi, peut-être es-tu alors de la famille celte de la grande déesse Artio dont on retrouva la statuette près de Berne ? »

L'animal souverain m'écoutait en écarquillant ses petits yeux, comme subjugué que je pusse, non seulement cacher la terreur qui aurait dû me pétrifier en pareille circonstance, mais aussi lui tenir un discours qui le remplît d'une délectable félicité.

« Ainsi, pensait-il, mon statut de roi des animaux, qui dura plus de mille ans, est-il reconnu ici de toute évidence, bien que les hommes aient voulu me détrôner. »

Il grogna derechef, et ce de dépit, en pensant au lion, cet usurpateur qui ne sévissait même pas dans les forêts alentour.

« Ah ! Je te serrerais bien dans mes bras petite humaine, mais je crains fort que tu n'y périsses, car il est notoire que mon étreinte est mortelle. Aussi me contenterai-je de t'offrir ma protection si tant est qu'un jour tu aies besoin de moi. »

Bien que j'eusse dû frémir à la pensée d'un tel embrassement, il me sembla un court instant que nous étions bien proches, l'un semblable à l'autre, tel que nous l'avions été en des temps préadamiques où l'homme et l'ours ne faisait qu'un.

Je louai sa clémence digne de son rang et pris congé. La route était longue et je ne pouvais plus m'attarder à d'oiseuses flatteries.

.........................................................................

*Cette partie a puisé quelques idées dans le livre passionnant de Michel Pastoureau (2007) L'Ours - L'histoire d'un ours déchu

 

NOTES

Titre : Délires ursins

ursin, ursine, adjectif dérivé d'ours, qui se rapporte à l'ours.

Artémis, Arthur, Artios, Berne, sont des mots dont l'origine est ours.

Ainsi que Ursule, Ursin, Martin...

 

sous la condition qu'il se tiendrait coi

Coi, coite, tranquille, silencieux. 

Voir l'article Sous (la) condition que + indicatif ou subjonctif ?

 

J'étais bien aise qu'il vînt avec moi

vînt, subjonctif imparfait.

 

ton graal semble s'éloigner toujours de toi

Le Graal, sens figuré et moderne : la quête du Graal a pour dessein de rechercher de nouvelles connaissances, mais l'objectif est presque impossible à atteindre.

Le Saint Graal, la coupe dans laquelle Joseph d'Arimathie aurait recueilli le sang du Christ. Objet mythique de la légende arthurienne. Les Chevaliers de La Table Ronde partent à la quête du Saint Graal.

 

Prétatou, réfugié dans mes jambes flageolantes, ne se sentit pas de peur.

Ne pas se sentir de, ne plus se sentir de (suivi d'un substantif : peur, joie, plaisir...)

Perdre le contrôle de soi sous l'effet d'une forte émotion.

Cf. La Fontaine :

À ces mots le corbeau ne se sent pas de joie... (Le Corbeau et le Renard)

 

Aucun son ne sortit de sa gueule comme je le lui avais recommandé dès lors qu'on rencontrerait un être avec lequel il serait difficile de s'entr'accorder.

Voir Dès lors que

S'entr'accorder ou s'entraccorder

Ni le Trésor ni l'Académie ne donnent ce verbe.

Cf. Littré, s'entr'accorder, s'accorder, se mettre de bonne intelligence ensemble.

> L'agglutination – entr'acte ou entracte, grand'mère ou grand-mère, appui-tête ou appuie-tête, garde-meuble ou garde-meubles, des soutiens-gorge ou des soutien-gorge, un et des faire-part...

 

même les chênes séculaires en furent tout ébranlés, c'est dire !

C'est dire, c'est moi qui vous le dis ! C'est tout dire, je ne vous dis que ça, ce n'est pas pour dire, mais...

 

le monstre qui me dépassait bien de 6 pieds

Un pied mesure environ de 30 à un peu plus de 32 cm selon qu'il est pied romain, pied de roi, ou pied anglo-saxon.

Comme Oli mesure, disons, autour d'un mètre soixante-dix, l'ours qui nous intéresse fait près de 3,50 mètres, taille des ours des cavernes qui vécurent avant -15000, appelés ainsi parce qu'on a trouvé leurs os dans les cavernes. Pour ce qui est des ours bruns, ils mesurent environ 2,20 mètres, ce qui reste une taille impressionnante.

 

en pensant au lion, cet usurpateur qui ne sévissait même pas dans les forêts alentour. 

Sévir, acception dans le texte : pratiquer une action détestable, que l'on ne peut supporter.

Cet hiver, le froid a sévi d'une façon exceptionnelle.

 

mais lui tenir un discours qui le remplît d'une délectable félicité.

remplît, subjonctif imparfait

subjonctif dans une subordonnée relative qui contient une conséquence. 

Voir le §45b dans Valeurs et emplois du subjonctif

 

il grogna derechef, et ce, de dépit

derechef, de nouveau.

locutions adverbiales de sens différent : À NOUVEAU et DE NOUVEAU

 

si tant est qu'un jour tu aies besoin de moi.

Subjonctif ou indicatif après la locution conjonctive Si tant est que

 

en des temps préadamiques où l'homme et l'ours ne faisait qu'un

Préadamique, avant Adam.

Des textes très anciens font état que l'homme et l'ours avaient la même origine.

Le préadamisme est une doctrine qui veut que d'autres hommes aient été créés avant Adam.

 

je ne pouvais plus m'attarder à d'oiseuses flatteries

Oiseux, vain et inutile.

 

<< 149 Délires qui froissent l'amour-propre - « Ainsi en pleurant une séparation, c'est soi qu'on pleure »*

>> 151 Délires où Prétatou trahit son nom

 

À propos d'ours, rendons hommage à La Fontaine et lisons ou relisons sa fable pour notre plus grand plaisir...


L'OURS ET LES DEUX COMPAGNONS

Deux Compagnons pressés d'argent
À leur voisin Fourreur vendirent
La peau d'un Ours encor vivant ;
Mais qu'ils tueraient bientôt, du moins à ce qu'ils dirent.
C'était le Roi des Ours, au conte de ces gens.
Le Marchand à sa peau devait faire fortune :
Elle garantirait des froids les plus cuisants ;
On en pourrait fourrer plutôt deux robes qu'une.
Dindenaut prisait moins ses Moutons qu'eux leur Ours :
Leur, à leur compte, et non à celui de la Bête.
S'offrant de la livrer au plus tard dans deux jours,
Ils conviennent de prix, et se mettent en quête ;
Trouvent l'Ours qui s'avance, et vient vers eux au trot.
Voilà mes Gens frappés comme d'un coup de foudre.
Le marché ne tint pas ;  il fallut le résoudre :
D'intérêts contre l'Ours, on n'en dit pas un mot.
L'un des deux Compagnons grimpe au faîte d'un arbre.
L'autre, plus froid que n'est un marbre,
Se couche sur le nez, fait le mort, tient son vent ,
Ayant quelque part ouï dire
Que l'Ours s'acharne peu souvent
Sur un corps qui ne vit, ne meut, ni ne respire.
Seigneur Ours, comme un sot, donna dans ce panneau.
Il voit ce corps gisant, le croit privé de vie,
Et de peur de supercherie
Le tourne, le retourne, approche son museau,
Flaire aux passages de l'haleine.
C'est, dit-il, un cadavre : ôtons-nous, car il sent.
A ces mots, l'Ours s'en va dans la forêt prochaine.
L'un de nos deux Marchands de son arbre descend ;
Court à son Compagnon, lui dit que c'est merveille
Qu'il n'ait eu seulement que la peur pour tout mal.
Et bien, ajouta-t-il, la peau de l'Animal ?
Mais que t'a-t-il dit à l'oreille ?
Car il s'approchait de bien près,
Te retournant avec sa serre.
Il m'a dit qu'il ne faut jamais
Vendre la peau de l'Ours qu'on ne l'ait mis par terre.

 

Notes sur la fable

On rencontre Dindenaut dans le Quart Livre de Rabelais. Il vante ses moutons qu'il veut vendre à Panurge. Mais on sait ce qu'il adviendra de ces pauvres bêtes - plus bête qu'eux, tu meurs !

L'autre... tient son vent = il s'arrête de respirer.

 

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 09:04

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QUIZ 48

  Leur nom commence par Ma 

 

1-Le Grand Timonier

 

2-Homme politique sud-africain  qui a lutté contre l'apartheid. Il devenu président de la République d'Afrique du Sud de 1994 à 1999.

 

3-Historien, journaliste, philosophe, économiste, sociologue, socialiste et communiste. (1818-1883)

Son oeuvre majeure, Le Capital

 

4-Écrivain français réaliste (1850-1893), auteur de six romans et surtout célèbre pour ses nouvelles aussi appelées contes. Son oeuvre est empreinte de pessimisme.

Ami de Flaubert, de Zola, de Tourgueniev.

 

5-Artiste-peintre (1869-1954) dessinateur et sculpteur français. chef de file du fauvisme.

À voir : la chapelle du Rosaire de Vence

 

6-Ingénieur écossais (1756-1836), inventeur d'un système de revêtement des routes qui porte son nom.

 

7- Écrivain, homme d'action, homme politique et intellectuel (1901-1976). Il est emprisonné en 1923-1924 pour trafic d'antiquités khmères. Il obtient le Prix Goncourt en 1933 pour une oeuvre où il s'inspire de la Chine.

 

8-Princesse française puis reine, de la branche dite de Valois-Angoulême de la dynastie capétienne (1553-1615). A épousé le futur Henri IV.

 

9-Roi d'Écosse de 1040 à 1057.

S'inspirèrent de son personnage, entre autres, William Shakespeare, Robert Lepage, Jean Richepin, Eugène Ionesco.

Prononcer son nom (le titre de la pièce éponyme) dans un théâtre porte malheur. On préfère appeler la pièce « The Scottish Play » ou « Bard's play », « La pièce écossaise »

 

10-Troisième Président de la République française, fonction qu'il a occupée du 24 mai 1873 au 30 janvier 1879.

 

11-Navigateur et explorateur portugais de l'époque des Grandes découvertes, à l'origine de la première circumnavigation de l'histoire.

 

12-Fit scandale avec Le Déjeuner sur l'Herbe.

 

13-Philosophe italien de la Renaissance, théoricien de la politique, de l'histoire et de la guerre.

Son nom donne aujourd'hui l'image d'un homme cynique qui n'a aucun sens moral. C'est une erreur faite dans l'interprétation de sa pensée.

 

14-Peintre surréaliste belge qui ne craignit pas de scandaliser dans " sa période vache" (Les Pieds dans le plat).

 

15-Poète français adepte de l'esthétique de l'Art pour l'Art

Il écrit L'Après-Midi d'un faune (publié en 1876) qui sera mis en musique par Debussy en 1892-94.

 

16-Dramaturge, poète et traducteur né le 26 février 1564 deux mois avant Shakespeare. Il est considéré comme le père fondateur du drame élisabéthain.

 

17- Écrivain allemand. Il est l'un des plus grands romanciers du XXe siècle. Prix Nobel de littérature en 1929.

Son roman le plus célèbre se passe dans un sanatorium.

 

18-Poète espagnol. Participe au mouvement littéraire espagnol de la fin du XIXe siècle connu sous le nom de Génération de 98 (Generación del 98). Un des plus grands poètes espagnols du siècle dernier avec Federico Garcia Lorca.

 

19-Ces frères-là en ont faire rire plus d'un !

 

20-Économiste britannique du XIXe siècle. Sa théorie prévoit que la progression démographique est plus rapide que l'augmentation des ressources, d'où une paupérisation de la population. 

 

 

Réponses

Voici les personnes célèbres

dont le nom commence par MA

 

1-Le Grand Timonier

1-Mao Zedong, Mao Tsé-toung, Mao Tsé-Tung, ou Mao Tsö-Tong, en pinyin : Máo Zédōng, homme politique et chef militaire chinois, fondateur et dirigeant de la République populaire de Chine.

Membre du Parti communiste chinois (Shanghai, 1921), Mao Zedong est reconnu comme le dirigeant lors de la Longue Marche (1934-1935)

Un timonier est un marin qui a un rôle différent dans la Marine nationale, la marine marchante et la marine de guerre.

« La bouse de la vache est plus utile que les dogmes : on peut en faire de l'engrais. »

 

2-Homme politique sud-africain  qui a lutté contre l'apartheid. Il devenu président de la République d'Afrique du Sud de 1994 à 1999.

2-Nelson Rolihlahla Mandela

« Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, des préjugés et de l'étroitesse d'esprit. »

 

3-Historien, journaliste, philosophe, économiste, sociologue, socialiste et communiste. (1818-1883)

Son oeuvre majeure, Le Capital

3-Karl Heinrich Marx, théoricien allemand.

« Un homme qui ne dispose d'aucun loisir, dont la vie tout entière, en dehors des simples interruptions purement physiques pour le sommeil, les repas, etc., est accaparée par son travail pour le capitaliste, est moins qu'une bête de somme. C'est une simple machine à produire la richesse pour autrui, écrasée physiquement et abrutie intellectuellement. Et pourtant, toute l'histoire moderne montre que le capital, si on n'y met pas obstacle, travaille sans égard ni pitié à abaisser toute la classe ouvrière à ce niveau d'extrême dégradation »   

 

4-Écrivain français réaliste (1850-1893), auteur de six romans et surtout célèbre pour ses nouvelles aussi appelées contes. Son oeuvre est empreinte de pessimisme.

Ami de Flaubert, de Zola, de Tourgueniev.

4-Guy de Maupassant

« Notre grand tourment dans l'existence vient de ce que nous sommes éternellement seuls, et tous nos efforts, tous nos actes ne tendent qu'à fuir cette solitude. »

Lire sur ce blog :

Guy de Maupassant - Boule de Suif (extrait)

 

5-Artiste-peintre (1869-1954) dessinateur et sculpteur français. chef de file du fauvisme.

À voir : la chapelle du Rosaire de Vence

5-Henri Matisse

« On ne peut s'empêcher de vieillir, mais on peut s'empêcher de devenir vieux. »

 

6-Ingénieur écossais (1756-1836), inventeur d'un système de revêtement des routes qui porte son nom.

6-John Loudon McAdam, inventeur du macadam.

 

7- Écrivain, homme d'action, homme politique et intellectuel (1901-1976). Il est emprisonné en 1923-1924 pour trafic d'antiquités khmères. Il obtient le Prix Goncourt en 1933 pour une oeuvre où il s'inspire de la Chine

7-André Malraux, Prix Goncourt 1933 pour La Condition humaine.

« Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie. »

 

8-Princesse française puis reine, de la branche dite de Valois-Angoulême de la dynastie capétienne (1553-1615). A épousé le futur Henri IV

8-Marguerite de France ou Marguerite de Valois, appelée aussi La Reine Margot d'après le surnom que lui a donné Alexandre Dumas dans son roman. Fille du roi Henri II et sœur des rois François II, Charles IX et Henri III. Démariée d'Henri IV en 1566.

« On peut sécher ses larmes, mais son coeur, jamais. »

 

9-Roi d'Écosse de 1040 à 1057.

S'inspirèrent de son personnage, entre autres, William Shakespeare, Robert Lepage, Jean Richepin, Eugène Ionesco.

Prononcer son nom (le titre de la pièce éponyme) dans un théâtre porte malheur. On préfère appeler la pièce « The Scottish Play » ou « Bard's play », « La pièce écossaise »

9-Macbeth, roi d'Écosse de 1040 à 1057.

Macbeth est une tragédie de William Shakespeare écrite en 1606.

Ionesco a écrit Macbett en 1972.

 

« Demain, et demain, et demain ! C’est ainsi que, à petits pas, nous nous glissons de jour en jour jusqu’à la dernière syllabe du temps inscrit sur le livre de notre destinée... »

Macbeth:
To-morrow, and to-morrow, and to-morrow,
Creeps in this petty pace from day to day,
To the last syllable of recorded time ;
And all our yesterdays have lighted fools
The way to dusty death. Out, out, brief candle !
Life's but a walking shadow, a poor player,
That struts and frets his hour upon the stage,
And then is heard no more. It is a tale
Told by an idiot, full of sound and fury,
Signifying nothing.

Macbeth Act 5, scene 5, 19–28

William Shakespeare

 

10-Troisième Président de la République française, fonction qu'il a occupée du 24 mai 1873 au 30 janvier 1879.

10-Patrice de Mac Mahon, comte de Mac Mahon, duc de Magenta (1808-1893) maréchal de France, et le 3e président de la République française, fonction qu'il a occupée du 24 mai 1873 au 30 janvier 1879.

« La fièvre typhoïde est une maladie terrible : ou on en meurt, ou on en reste idiot. j’en sais quelque chose : je l’ai eue. »

 

11-Navigateur et explorateur portugais de l'époque des Grandes découvertes, à l'origine de la première circumnavigation de l'histoire.

11-Fernand de Magellan, Fernão de Magalhães en portugais, Fernando de Magallanes en espagnol (vers 1480- 1521)

Trois ans de voyage. Il navigue vers l'ouest pour rejoindre les Moluques et découvre le détroit qui porte son nom.

La circumnavigation désigne la navigation en bateau autour d'un lieu, couramment une île, un continent, ou la Terre entière.

« L’église dit que la terre est plate, mais j’ai vu l’ombre sur la lune et j’ai plus foi en l’ombre qu’en l’église. »

 

12-Fit scandale avec Le Déjeuner sur l'Herbe.

12-Édouard Manet (1832-1883) peintre majeur de la fin du XIXe siècle.

Découvre de nouvelles techniques pour traiter la couleur et la lumière. Soucieux de transcrire le réel, il n'est pas un père de l'impressionnisme mais il s'en rapproche par certains thèmes.

« Qui donc a dit que le dessin est l'écriture de la forme ? La vérité est que l'art doit être l'écriture de la vie. »

 

13-Philosophe italien de la Renaissance, théoricien de la politique, de l'histoire et de la guerre.

Son nom donne aujourd'hui l'image d'un homme cynique qui n'a aucun sens moral. C'est une erreur faite dans l'interprétation de sa pensée.

13-Nicolas Machiavel  (1469-1527), en italien Niccolò Machiavelli (Niccolò di Bernardo dei Machiavegli),

Ses écrits montrent un homme politique de qualité soucieux du bien public. Il ne se faisait pas d'illusion sur les vertus des hommes.

Le mot « machiavélisme » fait référence à une interprétation cynique de l’œuvre de Machiavel et l'adjectif « machiavélien » qualifie les concepts qui y sont développés.

« En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal. »

 

14-Peintre surréaliste belge qui ne craignit pas de scandaliser dans " sa période vache" (Les Pieds dans le plat).

14-René François Ghislain Magritte (1898-1967) est un peintre surréaliste belge.

En 1924, il est introduit dans le milieu dada. Il s'inspire de l'Impressionisme pendant sa période du surréalisme. Période vache surréaliste en 1948.

« Être surréaliste c'est bannir de l'esprit le "déjà vu" et rechercher le pas encore vu »

   

15-Poète français adepte de l'esthétique de l'Art pour l'Art

Il écrit L'Après-Midi d'un faune (publié en 1876) qui sera mis en musique par Debussy en 1892-94.

15-Étienne Mallarmé, dit Stéphane Mallarmé (1842-1898), est un poète d'avant-garde.

Le style mallarméen épuré parfois à l'extrême lui vaut le reproche d'hermétisme.

« Un poème est un mystère dont le lecteur doit chercher la clef. »

 

16-Dramaturge, poète et traducteur né le 26 février 1564 deux mois avant Shakespeare. Il est considéré comme le père fondateur du drame élisabéthain.

16-Christopher Marlowe

« Who ever loved that loved not at first sight ? »

Qui a aimé n’a-t-il pas aimé dès le premier regard ?

Avec lui, Faust, qu'il immortalise dans La Tragique Histoire du docteur Faust (The Tragical History of Doctor Faustus -1589) deviendra un mythe.

 

Il fut chanté par Jean Ferrat :

Marlow, il te faut la taverne

Non pour Faust, mais pour y mourir

Entre les tueurs qui te cernent

De leurs poignards et de leurs rires

À la lueur d'une lanterne...

Les Poètes, Aragon

 

17- Écrivain allemand. Il est l'un des plus grands romanciers du XXe siècle. Prix Nobel de littérature en 1929. Son roman le plus célèbre se passe dans un sanatorium.

17-Thomas Mann (1875-1955)

Der Zauberberg (La Montagne magique) parut en 1924

« Être jeune, c'est être spontané, rester proche des sources de la vie, pouvoir se dresser et secouer les chaînes d'une civilisation périmée, oser ce que d'autres n'ont pas eu le courage d'entreprendre ; en somme, se replonger dans l'élémentaire.  »

 

Retrouvez Mort à Venise (Der Tod in Venedig) adapté par Luchino Visconti au cinéma, dans mon article : Nostalgie, les films que j'ai tant aimés

 

Son frère aîné, Heinrich Mann, écrit entre autres : Professor Unrat oder Das Ende eines Tyrannen, 1905, roman qui fut adapté pour le cinéma en 1930 par Josef von Sternberg sous le titre L'Ange bleu avec Emil Jannings et Marlène Dietrich.

 

18-Poète espagnol. Participe au mouvement littéraire espagnol de la fin du XIXe siècle connu sous le nom de Génération de 98 (Generación del 98).Un des plus grands poètes espagnols du siècle dernier avec Federico Garcia Lorca.

18-Antonio Machado (Antonio Cipriano José María Machado Ruiz) 1875-1939

 «Se hace camino al andar.

Al andar se hace camino... »

              Le chemin se fait en marchant


Chant XXIX Proverbios y cantarès,
Campos de Castilla, 1917.

Caminante, son tus huellas
el camino, y nada mas ;
caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace camino,
y al volver la vista atras
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.
Caminante, no hay camino,
sino estelas en la mar.


Le poète est chanté par Jean Ferrat :

 

Machado dort à Collioure

Trois pas suffirent hors d'Espagne

Que le ciel pour lui se fît lourd

Il s'assit dans cette campagne

Et ferma les yeux pour toujours.

Aragon, Les Poètes

 

19-Ces frères-là en ont faire rire plus d'un !

19-Les Marx Brothers

Chico (Leonard, 1891-1961), Harpo (Adolph, 1893-1964), Groucho (Julius, 1895-1977) et Zeppo (Herbert, 1901-1979)
« La politique, c'est l'art de chercher les problèmes, de les trouver, de les sous-évaluer et ensuite d'appliquer de manière inadéquate les mauvais remèdes. »

« Je n'oublie jamais un visage, mais pour vous je ferai une exception. »

« Je vous céderais bien ma place, mais elle est occupée. »
« 
Il est préférable de rester muet et d'être pris pour un fou, que de l'ouvrir et de ne laisser aucun doute à ce sujet. »

« De quoi qu'il s'agisse, je suis contre. »

« Les gens ne mangeraient pas de caviar s'il était bon marché. »

 

20-Économiste britannique du XIXe siècle. Sa théorie prévoit que la progression démographique est plus rapide que l'augmentation des ressources, d'où une paupérisation de la population.

20-Thomas Robert Malthus (1766-1834)

Ses travaux mettent en évidence que la population augmente de façon exponentielle ou géométrique* tandis que les ressources ne croissent que de façon arithmétique**

*Ex. 1, 2, 4, 8, 16, 32, ...

**1, 2, 3, 4, 5, 6, ...

Pour mettre un frein à cette progression, des politiques de restriction sont mises en œuvre. On les qualifie de « malthusiennes ».

« La difficulté n'est pas de faire des enfants, mais de les nourrir. » 

.............................................................. 

QUIZ apparentés à celui-ci :

 

QUIZ 15 Trouvez les hommes et les femmes célèbres dont le nom commence par PA

 

QUIZ 20 Trouvez des personnages réels ou imaginaires dont le nom commencent par PI

 

QUIZ 16 Rends à César ce qui est à César et trouve les auteurs des oeuvres suivantes.

 

QUIZ 18 Quatorze personnages en quête d'auteurs

 

QUIZ 19 1re partie Les pseudonymes des écrivains et des écrivaines

QUIZ 19 2e partie  

QUIZ 19 3e partie

 

QUIZ 35 Incipits Première partie 

QUIZ 36  Incipits - Deuxième partie
 

QUIZ 47 Couples célèbres - mythiques, bibliques, mythologiques et littéraires

 

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 05:22

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Achetons français !

On entend de toutes parts des plaintes et des gémissements. La crise est là. Mais qui d'autre que les Français pourraient y remédier en France ? Ils doivent compter avant tout sur eux-mêmes, chaque pays s'échinant à améliorer son propre sort.

On achète moins de voitures françaises. Et l'on se plaint que le nombre de leurs ventes diminue. Mais pourquoi donc voit-on autant de voitures étrangères sur nos routes ?*

« Ah ! Mais elles sont plus performantes, me direz-vous, ou moins chères, ou mieux équipées, ou moins polluantes. »

Et le patriotisme alors ? puisque le patriotisme est un mot qui redevient à la mode.

On va m'accuser de vouloir prêcher pour le protectionnisme, ce qui serait mal me connaître.

Certains pays ne s'en privent pas cependant, et cela sans états d'âme. Mon propos ici n'est pas de les nommer, mais ils sont légion.

 

Sachons lire les étiquettes.

À chaque fois que vous achetez un produit portant l'une des mentions qui suivent, vous diminuez la dette de la France. Y pensez-vous ?

Qualité française

Fabriqué en France

Fait en France

Made in France

Produits de France

Origine France

 

On achète souvent n'importe quoi sans se soucier d'où vient la marchandise.

On puise dans les rayons des supermarchés des produits dont on n'a que faire de l'origine, même ceux de première nécessité. Non que je veuille inciter mes compatriotes à renoncer à des spécialités exotiques introuvables dans notre pays, mais quand même, les haricots, les pâtes, les jus de fruits, et le vin, et la bière (chinoise !) — et j'en passe — pourquoi les faire venir du bout du monde ?

 

« Mais, me rétorquez-vous, on n'a pas le temps de lire les étiquettes !

— Mais, vous répondrai-je, vous avouez donc que vous achetez n'importe quoi et que vous ne vous souciez pas de manger des produits qui contiennent des graisses (huiles) hydrogénées, de l'huile de palme, du fructose, du glucose, pour ne citer que ces ingrédients nocifs pour la santé. Si vous les boycottiez une fois pour toutes, ils ne seraient plus sur les marchés. »

 

Économiser les énergies à effet de serre. Que nenni !

Au lieu de se féliciter d'acheter moins de voitures, puisqu'on prend de plus en plus souvent les transports en commun dans les villes, et même le vélo, on gémit de plus belle.

De plus on continue de vendre des voitures qui roulent au diesel alors qu'on sait les ravages pulmonaires que ce carburant occasionne. À quand leur interdiction ?

 

Vous voulez des jouets sûrs pour vos enfants ?

Difficile de trouver des jouets fabriqués en France.

Quand on cherche bien, on peut trouver quelques jouets en bois très jolis et d'excellente qualité fabriqués dans le Jura. (Faut-il s'y fier ? Pas toujours !)

En revanche, des jouets chinois, on en trouve partout sans avoir à les chercher.

Ont-ils été testé convenablement ? Contiennent-ils des produits interdits ? Sont-ils solides ou dangereux ? Autant de questions qu'on peut se poser.

Les magasins de jouets devraient annoncer, quand c'est le cas, dans leurs vitrines :

Ici, on vend des jouets faits en France.

On aurait à chercher moins longtemps.

 

Chaussures françaises, où êtes-vous ?

Lorsque j'entre dans un magasin de chaussures, je demande : « J'aimerais des chaussures fabriquées en France. »

On me regarde comme si j'étais une extraterrestre et on m'explique avec force arguments que les chaussures françaises sont trop chères et qu'on ne les tient pas en magasin.

« Pas même une ou deux paires à me montrer ?

— Non.  »

................................................................

Comprenez-moi bien. Je ne me permettrais en aucune façon de critiquer les Français qui achètent chinois ou autre, mais ce que je déplore, c'est qu'on n'a parfois pas le choix d'acheter des produits français, même si l'on consent à y mettre le prix.

................................................................

Fable à consommer sans modération :

> Une fable de Mamiehiou à la manière de La Fontaine : Le Gouda qui voulait se faire plus fort que le Camembert

 

>> Ajout du 13 juillet :Chiffre donné hier sur France 2 : 48% des voitures en France sont étrangères. 

 

>> Ajout du 24 juillet 2012 : Ma foi, je sentais bien, en écrivant cet article il y a deux semaines, qu'on allait faire appel au bon sens des Français.

Sans que l'on appelle carrément au protectionnisme, ce qui serait politiquement incorrect et qui nous vaudrait des représailles économiques, on parle dans les médias d'un label à trouver. LE MADE IN FRANCE ne signifie pas que l'objet que vous achetez est fait entièrement en France, cela concerne seulement son assemblage. Alors on réfléchit. Aucune voiture française n'est faite entièrement en France, c'est impossible. Peut-être faudrait-il, comme les Américains, donner le pourcentage de ce qui est fait en France dans chaque produit.

La transparence, mesdames et messieurs mes compatriotes, la transparence !


>> Ajout du 19 octobre 2012 : Enfin, on se bouge dans les hautes sphères, quitte à revêtir une marinière Armor Lux. Et pourquoi pas ! M. Montebourg voudrait-il enfin se rendre sympathique ? Le made in France est à la une et c'est un premier pas. À quand les rayons made in France dans les supermarchés ? Qu'on puisse choisir facilement les produits et penser à la France, c'est-à-dire à nous-mêmes !

Et puis, la qualité française, mesdames et messieurs, la qualité française...

Voir : VIDEOS. Montebourg fait le buzz en marinière

 

>> Ajout du 21 juin 2013 : Depuis le début du mois, on ne cesse d'entendre qu'il est urgent de protéger le "Fabriqué en France" (expression qui remplace avantageusement le "made in France"  ). L'attention se porte sur le choix qu'il faudrait faire pour les panneaux solaires leur prix d'achat est moitié moindre si on les achète fabriqués en Chine plutôt qu'en France. Les fabricants français ne peuvent plus se battre contre cette concurrence "déloyale".

Problème économique, problème politique. 

 

>> Ajout du 11 juillet 2013

>> Les arnaques du "made in France" (LExpansion.com)

 

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 07:17

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J'eusse voulu m'esquiver sans avoir de comptes à rendre à personne : je craignais quelque reproche de la part de Lio. Je dus cependant l'avertir que je devais m'absenter. Non qu'il me fallût obtenir d'elle une quelconque permission — nous étions libres d'aller et de venir comme bon nous semblait — mais il était d'usage que nous prissions soin de nous conformer aux règles de politesse qui étaient la base de notre enseignement. Je sentis dans ses propos qu'elle était fort contrariée que je voulusse prendre congé d'elle. Elle craignait, supposais-je, de ne pouvoir résoudre à elle seule les problèmes qui se poseraient dans sa classe. Je mesurai alors combien elle comptait sur moi lorsqu'elle me répondit avec acrimonie qu'on ne se dérobait pas aussi facilement à ses devoirs professionnels sans en subir les conséquences fâcheuses. J'en fus quelque peu froissée. Tout juste si je ne crus pas à une menace.

 

L'amitié, qui nous unissait naguère, me semblait abîmée, et je pris conscience de combien nous étions différentes l"une de l'autre. Je dois dire que j'aimais cette dissemblance chez [Lio] et que j'avais, pour cela, plaisir à discuter avec elle parce que, ainsi, je pouvais toujours, au passage, vérifier qui, en fait je suis et ce que je pense.**

 

« J'ai affaire, Lio. Rien ne pourrait me retenir. Je te fais la promesse de revenir au plus tôt. »

 

Elle aurait voulu que je lui disse le motif de mon départ, mais comme je ne pipais mot sur ce point, elle n'osa pas m'interroger. Elle essuya une larme furtive et resta sur sa faim°.

.....................................................

*Titre : Ainsi, en pleurant une séparation, c'est soi qu'on pleure.

« si des actes l'on remontait, par le fil ténu des raisonnements enveloppés, jusqu'au principe des sentiments inaperçus, on demeurerait surpris, comme l'ont été la plupart des moralistes, de l'amour-propre déguisé qui se joue sous une surface de bonté et d'abnégation. Ainsi, en pleurant une séparation, c'est soi qu'on pleure. Mais l'amour-propre est plus clairvoyant encore que les moralistes; il devine que l'affection vraie qu'on sent pour un autre est plus rassasiante qu'un égoïsme trop pressé de jouir de lui-même. »

M. Blondel, L'Action,1893 p. 255.

Citation empruntée au Dictionnaire Le Trésor, entrée AMOUR-PROPRE

 

**Je dois dire que j'aimais cette dissemblance chez Kostka et que j'avais, pour cela, plaisir à discuter avec lui parce ce que ainsi je pouvais toujours, au passage, vérifier qui, en fait je suis et ce que je pense.

Milan Kundera, La Plaisanterie, Folio, page 21

 

NOTES

J'eusse voulu m'esquiver

►  j'eusse voulu, Le subjonctif imparfait à valeur de conditionnel passé 2e forme appartient à la langue littéraire.

j'aurais voulu m'esquiver, 1re forme

>Eussé-je, eussè-je, j'eusse, fussé-je, fussè-je, je fusse, dussé-je, dussè-je, eût-il, fût-il, dût-il, fût-ce, fussent-ils, parlé-je...

s'esquiver, se sauver sans être vu.


Je craignais quelque reproche

quelque : adjectif indéfini, au singulier, dans la langue littéraire :

devant des noms désignant des êtres ou des choses nombrables pour indiquer une indétermination (un certain, un quelconque)

Je craignais quelque reproche.

devant des noms désignant des choses non nombrables, pour indiquer une petite quantité imprécise

Elle ne put cacher quelque impatience.

quelque peu, un peu, un tout petit peu, tant soit peu.

J'en fus quelque peu froissée.

Voir aussi le déterminant quelque à valeur concessive dans l'article : 

Quelque... que

 

Non qu'il me fallût obtenir d'elle une quelconque permission... mais...

> Non que, non pas que, non moins que, non plus que, non point que

 

il était d'usage que nous prissions soin de nous conformer aux règles...

nous prissions : prendre au subjonctif imparfait

concordance des temps : le verbe de la principale est au passé.

> Valeurs et emplois du subjonctif

> La conjugaison des verbes au subjonctif - Comment déjouer ses difficultés 

> Entraînement à l'emploi des verbes au subjonctif

> *La concordance des temps

 

elle me répondit avec acrimonie qu'on ne se dérobait pas aussi facilement

Acrimonie, cf Littré : 1 Qualité de ce qui exerce une action piquante et corrosive. L'acrimonie des humeurs. 2 Sens figuré, Il y a de l'acrimonie dans ses paroles.

 

J'ai affaire, Lio - J'ai à faire, Lio

> Avoir affaire ou avoir à faire ? Les affaires, une affaire de coeur, j'en fais mon affaire, je lui ai fait son affaire, une ténébreuse affaire, faire le bizness...

 

Je te fais la promesse de revenir au plus tôt.

> Ne pas confondre : plutôt, plus tôt

 

Elle aurait voulu que je lui disse le motif de mon départ.

> elle veut que je lui dise (subjonctif présent)

elle voulait que je lui disse (subjonctif imparfait)

Concordance des temps

 

elle essuya une larme furtive et resta sur sa faim

rester sur sa faim° : espérer quelque chose et être déçu de ne pas l'obtenir. 

 

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>> 150 Délires ursins

 

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  • : LE BLOG DE MAMIEHIOU - La langue française telle qu'on l'aime  De la grammaire, des exercices divers, des dictées commentées, des histoires, des textes d'auteurs, des infos pratiques...
  • : Pour tous ceux qui aiment la langue française. Son histoire, sa grammaire et son orthographe. Des dictées commentées, des exercices ébouriffants, un florilège de textes d'auteurs, etc.
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  • J'aime trop les mots pour les garder par-devers moi - au fond de mon coeur et de mon esprit. Ils débordent de mes pensées en contes drolatiques, avec des quiz et des digressions sur la langue.
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Mon blog

Amoureuse des mots, je cherche comment faire partager ma passion. Il y a tant à découvrir dans les bibliothèques du monde, tant de mots à connaître intimement pour affiner notre pensée, tant de mots qu'on n'entend plus sur nos lèvres, enfermés qu'ils sont dans des livres poussiéreux. Il ne tient qu'à nous de les faire revivre et de les faire chanter. Notre langue, si belle, si riche, demande qu'on la respecte, qu'on la préserve, qu'on s'en amuse et qu'on la chérisse. Mamiehiou ............................................................................................................................................................................................ ...................................;....................................................................... « La langue française est une femme. Et cette femme est si belle, si fière, si modeste, si hardie, touchante, voluptueuse, chaste, noble, familière, folle, sage, qu'on l'aime de toute son âme, et qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle. » Anatole France ....................................................... ............... ................................................................................................................. « C'est une langue bien difficile que le français. À peine écrit-on depuis quarante-cinq ans qu'on commence à s'en apercevoir. » Colette

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